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TANGERINE DREAM - Canyon Dreams (1991)
Par STREETCLEANER le 24 Décembre 2012          Consultée 1592 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Canyon Dreams a été réalisé en 1987 pour les besoins d’un film documentaire, mais ne sera véritablement distribué qu’en 1991. Il obtiendra un Grammy Award en catégorie musique de film new age. En 1981 le combo allemand avait réalisé Exit. Cet album marquait un tournant dans la discographie et l’orientation de TD. Mis de côté le cas particulier de la BO de Sorcerer, le groupe de musique électronique avait alors choisi des compositions au format plus court, mais surtout très easy-listening, et peu aventureuses. Exit allait s’avérer être également l’aîné d’une longue lignée d’albums dans un style très proche, même si quelques parenthèses bienheureuses s’ouvriront de temps à autre. Canyon Dreams est clairement un héritier de cette orientation pleinement assumée, d'autant plus qu'il s'agissait ici de produire une musique très atmosphérique, d'accompagnement d'images, inspirée par les peuples natifs d'amérique.

Après six années le temps a passé, TD en est donc revenu au même point, et se fait le chantre d’une musique électronique très « smooth » dans l’esprit. On aime ou pas mais il est évident que cette nouvelle direction (diese neue Richtung…) aller séparer le public de TD quasiment à jamais. Evidemment, à côté de cette étiquette « smooth » quelque peu péjorative, mais néanmoins incontestable sauf à être de mauvaise foi, en viendront d’autres assez peu glorieuses : kitsch, facile, insipide, new age, « pop »…

Kitsch, Canyon Dreams l’est. Par exemple, le séquenceur de « Canyon Voices » sent le jouet en plastique, et on ne peut que constater qu’un enfant disposant alors d’un Bontempi aurait atteint le même stade technologique que Tangerine Dream ! Risible et désolant ! Le riff synthétique enjoué de « Shadow Flyer » ne tire quant à lui aucun enseignement d’une composition maladroite comme « Choronzon » sur l’album Exit. Errare humanum est, perseverare diabolicum est… En sus, les Allemands n’hésitent pas à recourir à une flûte de pan « Shadow Flyer », une des marques de fabrique du new age (le new age s’inspire aussi de la musique du monde…). A cette époque-là Jean-Michel Jarre composait Rendez-vous, une musique autrement plus intéressante malgré tout.

« Water’s Gift », quant à elle, semble déjà entendue, et pour cause, elle puise certains de ses sons et de ses climats dans la BO réussie de Sorcerer. On pourrait estimer qu’il s’agit-là d’une coïncidence, mais le hasard semble parfois être un peu trop hasardeux. En tout cas, ce rappel de Sorcerer constitue encore un point commun avec l’album Exit. Pour le coup, ces images édulcorées qui reviennent de l’enfer vert sont plutôt sympathiques, à défaut d’être originales. TD ne brille pas non plus par l’utilisation faite de ses séquenceurs, sans surprises (le groovy « Canyon Carver » est cependant plus catchy, « A Matter of Time »), ou les nappes synthétiques toutes convenues, mais compte tenu de la philosophie de la galette cela n’a rien d’étonnant.

Canyon Dreams est un album très easy-listening frappé du sceau des années 80, et il porte les stigmates des errements de cette décennie. Il a notamment mal vieilli dans ses sonorités. A la fin des 80’s Tangerine Dream est alors devenu un groupe pépère, engoncé jusqu’au cou dans la réalisation d’albums bien inoffensifs. Apparaîtront au même moment des artistes ou groupes novateurs (à l’instar d’Aphex Twin ou Autechre), qui reprendront le flambeau de l’expérimentation et de la recherche sur le son, toutes ces caractéristiques qui faisaient de TD un grand groupe dans les 70’s. Les Allemands, eux, continueront leurs innombrables petits albums de routine, avec parfois quand même un certain intérêt, produits avec la régularité toute scientifique de l’industrie manufacturière chinoise, sans dévier généralement d'une orientation « pop », new age ou très easy-listening, très peu progressive. On aime ou pas. Quoi qu’il en soit Canyon Dreams est l’exemple même de la BO qui a dû mal à trouver un vrai intérêt en dehors de son support visuel, même si elle s’écoute agréablement force est de constater que tout ça c’est quand même bien lisse.

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- Edgar Froese
- Chris Franke
- Paul Haslinger


1. Shadow Flyer
2. Canyon Carver
3. Water's Gift
4. Canyon Voices
5. Sudden Revelation
6. A Matter Of Time
7. Purple Nightfall
8. Colorado Dawn



             



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