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TANGERINE DREAM - The Seven Letters From Tibet (2000)
Par ARP2600 le 2 Septembre 2011          Consultée 2151 fois

Après un Mars Polaris très dynamique paru en 1999, voici sa contrepartie manifeste, le calme et atmosphérique The Seven Letters from Tibet. Un album qui laisse parler la petite fibre new age d'Edgar Froese, le résultat étant étonnamment joli, bien plus que sur un Turn of the tides ou un Quinoa, ce qui confirme un certain regain de forme du groupe à ce tournant de la fin du deuxième millénaire.

L’œuvre est constituée de sept morceaux, autour d'un concept prétexte qu'on peut supposer tiré de la philosophie tibétaine. En plus d'être des «lettres», ces morceaux représentent chacun une des couleurs de l'arc-en-ciel, allant du rouge au violet, chacune accompagnée d'un concept ou d'un objet. On peut ressentir une dimension mystique plus évidente que sur d'autres albums du groupe à vocation new age, et apparemment une volonté plus importante que d'habitude de faire en sorte que la musique colle bien au thème de l'album, ce qui n'est pas un mal, les titres ayant trop souvent été accessoires, surtout pendant les années 90.

La musique présente ici est donc un genre d'ambient, plus ou moins mélodique selon les morceaux. On est loin de la tournure rock de certains disques des années 90, il semble n'y avoir presque que des claviers ici, joués par l'équipe minimale constituée d'Edgar et Jerome Froese, déjà seuls sur les BO des années précédentes ainsi que sur Mars Polaris. On est également loin de la musique rythmique parfois limite techno de ce dernier ou de What a blast, il y a très peu de sons percussifs ici, surtout des nappes, quelques motifs séquencés et des lignes mélodiques : un mélange somme toute proche du Tangerine Dream classique, surtout de la période Schmoelling.

Insistons cependant sur le fait que ce disque est le plus lent et doux qu'ils aient proposé jusqu'ici, ce qui peut s'avérer perturbant à la première approche. Stylistiquement, on se rapproche plutôt de la délicatesse de Vangelis sur des travaux comme 1492 ou Oceanic, seule l'harmonie trahissant toujours la patte d'Edgar Froese. Quoi qu'il en soit, le résultat est étonnamment bon, d'autant qu'il est décidément difficile de réussir une œuvre sans mouvements rapides. La qualité des sons de l'an 2000 aide bien entendu à la réussite du projet : tout comme sur Mars Polaris, les synthés sont très beaux et seule l'utilisation occasionnelle de ce sample de voix « aaa ééé iii ouuu » me gêne ici.

Il y a quand même un problème qui me force à limiter la note. Il s'agit du cinquième mouvement, de loin le plus long : « The Blue Pearl ». Celui-ci est une version augmentée et actualisée de « Lhasa », dernier morceau de Quinoa, l'album louche de 97. Notons qu'il avait déjà un titre tibétain, ce qui est cohérent avec la thématique de Seven Letters. Malheureusement, le morceau n'est pas bon même si l'intention l'était peut-être. Peu mélodique, plombé par un manque de diversité rythmique et par des enchaînements harmoniques peu passionnants, il dure quatorze minutes et en met au moins dix à se terminer... même si les sons sont plus jolis que sur Quinoa, on risque de s'ennuyer sec pendant un bon quart de l'album.

Rien à redire au sujet des autres morceaux. L'introduction « The Red Blood Connection » et la conclusion « The Purple of all curtains » semblent un peu accessoires mais ont du sens dans la construction de l'album. Les quatre autres titres sont vraiment très jolis, avec des mélodies délicates, chacun ayant son intérêt distinct. « The Orange Breath » utilise des sons de cordes ainsi qu'un violon asiatique, « The Golden Heart » semble presque technologique, se rapprochant de certaines ambiances de Mars Polaris. Le plus beau mouvement, « The Green Land », repose sur une mélodie paisible mais joyeuse au piano, tandis que « The Indigo Clouds » est fort ambiant, peu mélodique et joue sur des sonorités étranges, vraiment proches de Vangelis (on pensera à certains passages d'Antarctica).

Il serait difficile de décrire une telle musique plus en détails. Quoi qu'il en soit Seven Letters from Tibet est une bonne surprise à ce niveau de la carrière de Tangerine Dream, qui confirme non seulement un regain de forme mais également que les Froese, et en particulier Edgar, pouvaient encore faire preuve d'une grande finesse dans leur propos musical. Quel dommage qu'ils se soient ensuite concentrés sur cette idée foireuse de trilogie Dante... Inferno allait prouver, encore bien plus qu'un « The Blue Pearl », qu'ils étaient également capables de commettre la musique la plus ennuyeuse possible. Au final, il allait falloir attendre 5 ans pour voir un autre album studio « normal », le magnifique Jeanne d'Arc.

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   ARP2600

 
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- Edgar Froese (claviers)
- Jerome Froese (claviers)


1. The First Letter: The Red Blood Connection
2. The Second Letter: The Orange Breath
3. The Third Letter: The Golden Heart
4. The Fourth Letter: The Green Land
5. The Fifth Letter: The Blue Pearl
6. The Sixth Letter: The Indigo Clouds
7. The Seventh Letter: The Purple Of All Curtain



             



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