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Klaus SCHULZE - Moondawn (1976)
Par ARP2600 le 8 Septembre 2012          Consultée 2500 fois

Si 1974 est celle où tout à commencé, 1976 est sans doute la toute grande année de la musique électronique analogique. On y trouve rien moins que Stratosfear de Tangerine Dream, Albedo 0.39 de Vangelis, Romance 76 de Peter Baumann, Macula Transfer d'Edgar Froese, Sowiesoso de Cluster, New Age of Earth d'Ashra et bien sûr Oxygène de Jean Michel Jarre. Mais à côté de tous ces disques majeurs figure un des sommets de la carrière de Klaus Schulze, le superbe Moondawn, dont les paysages sonores sont particulièrement époustouflants.

Déjà sur Timewind, Schulze avait réalisé une magnifique performance avec ses petits synthétiseurs modulaires, l'ARP 2600 et l'EMS Synthi A. Une seule chose lui a permis d'aller encore plus loin : l'acquisition et la maîtrise d'un grand moog. Cela faisait plusieurs années que celui-ci n'était plus fabriqué, il a eu de la chance de pouvoir mettre la main sur une de ses machines surpuissantes. Encore de nos jours, les équivalents du moog modulaire (je pense par exemple aux systèmes Synthetisers.com) sont ce qu'il y a de mieux pour faire de la synthèse analogique, si tant est qu'on a la compétence nécessaire pour s'y retrouver dans les connexions entre les innombrables modules (oscillateurs, filtres, mixers, séquenceurs, bode shifter et j'en passe).

Et donc, sur Moondawn, n'ayons pas peur des mots, nous avons bien affaire à quelques-uns des plus beaux sons des années 70, qui restent parfaitement crédibles de nos jours. On pourrait sans doute faire un sondage auprès de personnes ne connaissant pas cette musique, qui devineraient difficilement qu'elle puisse être aussi ancienne. A ma connaissance, seuls Jarre et Ashra ont proposé des sons aussi fascinants, mais pas sur des faces entières, et dans un style musical qui ne peut qu'être associé aux années 70. Bon, il faut bien parler de face, car, pour être franc, seule la première, «Floating» répond vraiment à cette description... le début de «Mindphaser» propose bien une atmosphère belle et délicate, mais sa deuxième moitié est dominée par un orgue et une batterie rudes et datés. C'est là, à mes yeux, le problème de Moondawn, qui empêche de le considérer comme un chef d’œuvre de bout en bout.

Il convient de donner quelques détails à propos de «Floating», sans doute le plus beau morceau publié dans les albums normaux de Klaus Schulze. Notons qu'il a sorti vers 2000 une énorme compilation d'inédits, que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter, et qui contient peut-être, qui sait, quelque chose qui dépasse «Floating»... Le morceau est particulièrement répétitif, encore plus que «Bayreuth Return», mais il présente une évolution lente. Après une longue introduction reposant sur de magnifiques chœurs au Mellotron, un séquençage d'une simplicité étonnante apparaît progressivement pour finir par former une véritable cathédrale sonore, renforcée par la batterie et quelques mélodies lentes.

Cette séquence alterne quatre notes, au départ «mi b, si b, fa, si b», parfois transposées mais en gardant les intervalles et les temps forts sur la première et la troisième notes. Chose importante, cependant, les séquences sont décalées, le côté droit étant en retard sur le gauche, donnant un sensation permanente de transfert d'un côté à l'autre ainsi qu'un caractère hypnotique dû à l'effet binaural du décalage. Notons encore que cela donne mal au casque où la stéréo est trop apparente, mieux vaut écouter la chose avec deux bonnes enceintes, et à un volume suffisamment élevé.

Quant à «Mindphaser», il souffre forcément de la comparaison. S'il a beaucoup vieilli, ce morceau reste quand même agréable, si on supporte l'orgue. Les douze premières minutes valent clairement la peine, elles proposent une superbe ambiance douce aux mélodies aiguës et tranquilles, rappelant en plus subtil certains passages de Tangerine Dream ou d'Edgar Froese. Et puis, subitement, sans crier gare, on est plongé dans cette nappe d'orgue monotone contrastant avec une batterie endiablée. Un peu plus tard, des mélodies de synthé reviennent et rendent l'ensemble nettement plus intéressant. On pourra être rebuté par l'abondance d'aigus et le côté rentre-dedans de ce passage, mais il reste convenablement passionnant.

Deuxième disque incontournable d'affilée créé par Klaus Schulze, Moondawn est de nouveau un quasi-chef d’œuvre dont les sons magiques ne devraient laisser personne indifférent. Si une musique aussi répétitive ne peut en aucun cas espérer captiver tout le monde, cet album montre ce qu'on était capable de faire de mieux avec de l'électronique simple, bien avant l'ère informatique, ce qui le rend recommandable à tous. Alors, offrez-vous ce voyage, flottez jusqu'à la lune et mettez votre esprit en phase avec cette aube, puis, si le cœur vous en dit, laissez-vous tenter par la contemplation d'un non moins magnifique mirage.

Note : 4,5/5

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   (2 chroniques)



- Klaus Schulze (instruments électroniques)
- Harald Grosskopf (batterie)


1. Floating
2. Mindphaser



             



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