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TANGERINE DREAM - Jeanne D'arc (2005)
Par ARP2600 le 5 Octobre 2011          Consultée 2583 fois

Oui, vous lisez bien, Tangerine Dream a réalisé un album au sujet de Jeanne d'Arc. Un personnage connu bien au-delà des frontières françaises et qui a déjà inspiré bien des œuvres, de littérature ou de cinéma, dont la plupart sont douteuses... mais nous ne sommes pas ici pour polémiquer au sujet de la véracité des hauts faits de Jeanne d'Arc, disons seulement qu'un sujet aussi romantique n'est pas pire qu'un autre pour de la musique électronique à tendance new age. Un choix en fait peu étonnant, donc, quand on voit que les autres disques de TD à cette époque traitent de « La Divine Comédie » de Dante. La différence avec cette trilogie de pseudo-opéras étant que Jeanne d'Arc est une belle réussite, du même niveau que Mars Polaris tout en étant d'un style bien différent.

La raison principale de cette réussite est qu'il s'agit d'un véritable album de groupe, ce qui va nous permettre d'évoquer la problématique de la discographie plus récente de Tangerine Dream. Si le groupe a toujours été dominé par Edgar Froese, ses acolytes ont eu un impact non négligeable sur la qualité de la musique. Il est difficile d'estimer le niveau du talent de son fils Jerome, qui a participé à toutes les infamies des années 90, mais aussi aux trois bons albums de la période 1999-2005, Jeanne d'Arc étant son dernier. D'autre part, nous assistons ici à l'entrée comme membre à part entière de Thorsten Quaeschning (1), qui avait déjà participé à la production de Purgatorio l'année précédente.

Les neuf morceaux qui constituent Jeanne d'Arc forment un bel ensemble mais la pochette indique que les trois hommes se sont partagé la composition. Vrai ou pas, mais c'est vraisemblable... j'avais cru dans un premier temps que Jeanne d'Arc montrait un renouveau du génie d'Edgar Froese or il n'en est rien : il n'est l'auteur que de deux morceaux en début d'album (environ 21 minutes), honnêtes mais pas très marquants. Ce sont plutôt les trois morceaux de Jerome qui donnent de la consistance à l'ensemble (environ 26 minutes 30), tandis que Quaeschning fait fort pour son début avec quatre morceaux à tendance plus romantique (pour un total de 32 minutes). Le tout dure presque 80 minutes, mais suffisamment belles et variées pour ne pas être lassantes.

Il est vraiment triste que ce soit en fait le dernier vrai album du « groupe » Tangerine Dream. Après le départ de Jerome, les deux autres ont d'abord achevé le projet Dante ; puis a commencé une longue série de projets quasiment solo, la plupart d'Edgar Froese, un petit nombre de Quaeschning (par exemple Purple Diluvial). Une pléthore de disques médiocres : d'une part une dizaine de longs albums (entre une heure et 80 minutes), d'autre part ce qu'ils ont appelé des « cupdisc » (une tasse de musique), en fait des mini-albums, la plupart en édition limitée, durant entre 25 et 50 minutes (parfois plus longs que les anciens classiques, donc). Sans oublier quelques publications tardives d’œuvres oubliées ou soi-disant telles (et sans compter ici la question des live). Autant l'annoncer, si certains de ces albums sont plus agréables que d'autres, aucun n'arrive à la cheville de Jeanne d'Arc, ce n'est que de la nourriture pour les fans, et j'envisage de ne faire que des chroniques courtes de ces « œuvres » qui se ressemblent toutes, et qui sont comparables aux contributions d'Edgar sur Jeanne d'Arc, « La vision » et « La force du courage ».

Les titres sont en français et pas très convaincants, c'est certain, ils suivent plus ou moins la vie de Jeanne d'Arc, de sa vision jusqu'à la libération d'Orléans (enfin je suppose). On alterne passages épiques et contemplatifs, le tout dans une ambiance mystique plutôt bien rendue. La première partie est assez lente et n'est certes pas la plus passionnante, mais tout est joli. C'est avec « La marche » que les choses s'envolent nettement. Le clou de l'album est cependant « Le combat du sang », également de Jerome Froese, qui rejoint de par sa structure complexe et ses rythmes accrocheurs « Pilots of the ether belt » et « Astrophobia » au rang des grands morceaux tardifs de Tangerine Dream. De son côté, Quaeschning exploite de façon intéressante le saxophone de Linda Spa, et il livre également une composition ambitieuse avec les quatorze minutes du « combat des épées », dommage qu'il y commette une erreur de débutant avec ces sons de cloche bien trop perçants ; enfin, il est l'auteur du final un peu kitsch mais émouvant, « La libération ».

Jeanne d'Arc est un beau projet collectif, certes pas épargné par quelques fautes de goût et ne montrant pas toujours un jeu très investi, mais exploitant avantageusement la qualité du matériel de l'époque pour créer de belles ambiances mystiques et romantiques. Il s'agit certainement de l'aboutissement de la démarche new age qu'ils ont adoptée sur certains albums depuis Melrose, en parallèle de leurs tentatives plus rythmiques. À ce titre, il ne plaira peut-être pas aux fans de la musique plus abstraite des grandes années du groupe, mais il devrait ravir ceux qui ont mordu à un Underwater Sunlight.

Note: 3,5/5

(1) Il est bien difficile de trouver des informations au sujet de ce Quaeschning... même son âge est un mystère (sans doute une quarantaine d'années). On peut juste dire qu'il est amateur de rock progressif, d'ambient et de post-rock, et qu'il s'occupe en parallèle d'un projet musical inspiré par le cinéma muet (Picture Palace Music).

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- Edgar Froese (claviers)
- Jerome Froese (claviers)
- Thorsten Quaeschning (claviers, batterie)
- Linda Spa (saxophone, flute)
- Iris Camaa (percussions)


1. La Vision
2. La Joie
3. La Force Du Courage
4. La Solitude Dans L’espoir
5. La Marche
6. La Sagesse Du Destin
7. Le Combat Du Sang
8. Le Combat Des Epées
9. La Libération



             



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