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TANGERINE DREAM - Phaedra (1974)
Par AIGLE BLANC le 9 Juillet 2019          Consultée 321 fois

L'importance historique de Phaedra dans la carrière de TANGERINE DREAM ne soulève aucune contestation : il est avéré aujourd'hui que le cinquième opus du groupe berlinois est celui qui initie sa période dorée, celle qui va de 1974 à 1983 et qui couvre les années Virgin. En effet, la signature chez Virgin élève le groupe de son statut séminal de trio avant-gardiste adepte d'une musique abstraite ascétique, et difficile d'accès, à celui de combo devenant le chef-de-file de la musique cosmique, deux ans avant l'apparition tonitruante du Oxygène d'un certain Jean-Michel, Jarre de son patronyme, appelé à devenir quant à lui le best seller populaire de la musique électro-spatiale, fortement mâtinée de rythmes pop.
Pourtant, l'accession au label anglais hyper-chanceux depuis le passage en son sein de Mike OLDFIELD (qui ne s'est toujours pas remis de ses cloches tubulaires à la gloire bien trop encombrante pour ses frêles épaules) ne change pas fondamentalement la donne du groupe d'Edgar Froese qui continue à délivrer une musique exigeante et presqu'aussi aride que lors de ses travaux antérieurs. Ce qui fait la différence, et la rend plus "commercialisante", c'est surtout l'apparition des boucles séquencées dont Christopher Franke est appelé à se faire une spécialité qui culminera dès Rubycon, le prestigieux successeur de Phaedra. Si le batteur tenait encore les percussions dans Atem, ce n'est plus le cas ici et ce sont les séquences qui servent d'ossature rythmique à deux des quatre pistes de l'album, les bien nommées "Phaedra" (face A du vinyl) et "Movements of a Visionary" (face B). Reconnaissons que PINK FLOYD avait déjà bien préparé le terrain avec la suite "Echoes" (face B de Meddle, 1971) pour que le public de 1974 soit réceptif à cette musique onirique encore imprégnée de psychédélisme, et exclusivement instrumentale, à cet appel au large dont la destination brumeuse épouse la texture du rêve ou du cauchemar, c'est selon. Mais bien que fort soignée pour l'époque, la production de Phaedra ne soutient pas la comparaison avec celle de Dark Side of the Moon. Edgar Froese n'est pas Alan Parsons.

Si l'album déploie déjà les atmosphères étranges et rêveuses de Rubycon, il ne saurait prétendre au statut de chef d'oeuvre à cause d'une deuxième partie (l'ancienne face B) plutôt laborieuse et souffrant d'un manque de ligne directrice, comme PINK FLOYD qui, dans Ummagumma, avait consacré une face entière de vinyl à une composition de chaque membre du groupe. Deux compositions sont signées ici d'Edgar Froese et de Peter Baumann. Le premier propose une piste ennuyeuse au possible censée démontrer sa maîtrise du mellotron. Peine perdue : l'instrument délicat à manipuler ne révèle ses beautés que lorsqu'il est mis au service de compositions inspirées, ce qui n'est pas le cas de "Mysterious Semblance at the Strand of Nightmares" au titre aussi pompeux que le vide ressenti par l'auditeur à son écoute. Les sonorités veloutées du mellotron instaurent d'emblée un climat envoûtant prometteur, mais la suite s'empêtre dans l'approximation d'une improvisation qui tourne à vide. Edgar Froese ne sait pas où il va et ne sait pas non plus comment s'y rendre. Quant à la composition de Peter Baumann, la douce et onirique "Sequent C", bien que très simple et peu développée, elle surprend agréablement par ce son de flûte qui deviendra la signature de TANGERINE DREAM jusqu'à l'album Stratosfear. "Sequent C", à qui profite la délicatesse de sa brièveté (2 min), contre 9 min honteusement étirées pour la précédente, constitue une conclusion parfaite avant de réintégrer le monde physique.
Il est dommage aussi que "Movements of a Visionary", composition collective du trio, quoique fort bien exécutée, laisse un vague sentiment d'ennui.
Par conséquent, Phaedra ne doit sa réputation artistique qu'à sa pièce éponyme, la suite étalée sur la première face du vinyl, où le groupe déjà fait preuve d'une cohésion impressionnante. Les séquences de Franke étourdissent l'auditeur dans un vertige spiralé, tandis que le mellotron louvoyant de Froese décline une ambiance extraordinaire, démonstration du génie de TANGERINE DREAM à créer des atmosphères fascinantes à la beauté diaphane et inaltérable. A noter la structure bicéphale de "Phaedra", similaire à celle de "Atem" : à une première partie puissante et emphatique, succède une deuxième beaucoup plus ambient et dénuée de rythmes où le groupe démontre sa science à déployer des sons envoûtants admirablement agencés. "Phaedra" se termine étrangement par des cris d'enfants sans doute captés dans la cour d'une école primaire où ils semblent s'amuser. Cet intermède curieux contribue pour ma part à la fascination qu'exerce sur moi cette piste devenue un classique de la musique électro-spatiale.

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- Edgar Froese (mellotron, basse, orgue, synthé vcs3)
- Peter Baumann (piano électrique, orgue, flûte, synthé vcs3)
- Christopher Franke (claviers, synthétiseur moog, synthé vcs3 sa)


1. Phaedra
2. Mysterious Semblance At The Strand Of Nightmares
3. Movements Of A Visionary
4. Sequent C’



             



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