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Klaus SCHULZE - Trancefer (1981)
Par WALTERSMOKE le 13 Mars 2013          Consultée 3302 fois

Pour quiconque se la joue mélomane intégriste et dédaigneux, le début des années 80 n'est que le prolongement de la déchéance amorcée dès la fin de la décennie précédente. Pour cette 'élite', les albums de rock progressif sortis à cette époque ne sont que le reflet de groupes vendus à la cause du billet vert, et dans les autres genres musicaux, ce ne serait guère mieux : entre le disco qui amuse la plèbe, le punk qui au contraire la surexcite ou encore ce nouveau type de métal appelé N.W.O.B.H.M. qui fait mal aux oreilles. Partant de cette optique tout à fait contestable et condamnable, même la musique électronique n'y échappe pas : JARRE se fait populaire en oubliant les leçons de SCHAEFFER, et VANGELIS crée un album qui sera aussi mauvais que célèbre. Quant à la scène allemande, il est légitime de se dire que ça va bien, que la qualité est toujours présente. Perdu ! Si à la rigueur, ASHRA s'en sort bien, le constat n'est pas le même pour TANGERINE DREAM qui se prend les pieds dans le tapis avec un Exit médiocre, ainsi que Klaus SCHULZE et son fameux (fumeux ?) Trancefer.

Trancefer est le deuxième album de K.S à suivre la voie du numérique. Après l'échec artistique de Dig It, cet album aurait pu être l'occasion de remettre les pendules à l'heure, ce qui n'est pas le cas. La liste des titres propose deux longues plages, une par face comme dans le bon vieux temps, au lieu de recourir à des morceaux plus courts et plus faciles d'accès. Le musicien allemand peut même se targuer de mieux maîtriser ses nouveaux instruments, d'avoir pu s'y adapter. Malheureusement, cela ne signifie pas que les compositions sont tout aussi bonnes, loin de là.

Le premier morceau, "A few Minutes After Trancefer", en est d'ailleurs un exemple remarquable : la palette de sons proposée est vraiment pauvre. Certes, il ne faut pas s'attendre à un festival sonore avec SCHULZE, mais la sensation d'un manque, d'un vide dérangeant, prédomine. Ce ne sont ni le violoncelle de Wolfgang TIEPOLD ni les percussions de Michael SHRIEVE qui arrivent à donner du relief et de la variété ici. Comme pour les titres dits 'de la grande époque', "A few Minutes After Trancefer" se divise en trois parties qui ne brillent pas particulièrement, sauf le deuxième tiers qui offre un peu plus d’intérêt grâce aux faux chœurs et aux percussions. Mais sinon, il n'y a rien d'intéressant, SCHULZE tourne en rond comme sur Dig It. Il ne fait preuve ni d'inventivité ni de génie et ça s'entend trop.
"Silent Running" ne change nullement la donne. Si son intro est bien faite et fort jolie, le reste tombe dans le même travers de la répétition stérile. Le rythme appliqué par les percus n'est ni pertinent ni bien fichu, et Tiepold semble carrément parti en roue libre, même si, au fond, ce n'est pas désagréable de l'entendre. Mais plus que la répétition, c'est la monotonie qui s'installe, qui pousse à appuyer sur le bouton 'lecture rapide' pour chercher quelque chose d'intéressant, mais rien, que ce soit après l'intro ou vers la fin. Et il n'y a de facto rien à dire non plus, c'est consternant.

Trancefer est donc un album vraiment mineur dans la discographie de Klaus SCHULZE, plus encore que Dig It ou à la rigueur Cyborg. De plus, il a mal vieilli, les années ayant tendance à le desservir plus qu'autre chose. Alors certes, il ne mérite pas d'être fui, mais peut être facilement oublié, sans remords ni culpabilité.

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   WALTERSMOKE

 
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- Klaus Schulze (claviers, synthétiseurs)
- Wolfgang Tiepold (violoncelle)
- Michael Shrieve (percussions)


1. A Few Minutes After Trancefer
2. Silent Running



             



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