Recherche avancée       Liste groupes



      
METAL AVANT-GARDE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Ornette Coleman , The Suite Unraveling , Autoryno
- Membre : Peeping Tom, Tomahawk, Christian Marclay , Reed, Anderson, Zorn, Painkiller, Hudson, Nevermen, Faith No More, Medeski Scofield Martin & Wood, Mr. Bungle, John Scofield , Secret Chiefs 3
- Style + Membre : Masada, Rashanim, Zebrina, Sonny Clark Memorial Quartet, Naked City
 

 Tzadik (733)
 Le Zornographe (466)

John ZORN - Simulacrum (2015)
Par TEEMO le 14 Février 2018          Consultée 434 fois

En 2015 JOHN ZORN monte un nouveau trio composé de l'impressionnant batteur Kenny Grohowski, que nous avions eu le plaisir d'entendre sur « Psychomagia », de Matt Hollenberg, nouveau membre de la confrérie zornienne et de John Medeski, apôtre du label Tzadik. Il inaugure ainsi une nouvelle expérience musicale, une fois de plus en trio, une formation qui lui a fort bien réussi par le passé. Pour preuve, le projet Moonchild (Mike Patton, Trevor Dunn, Joey Baron) est devenu un épisode emblématique de sa carrière. Si la musique de Simulacrum est aussi empreinte d'une violence certaine et d'une approche musicale assez avant-gardiste, l'angle d'attaque se veut néanmoins très différent !

L'avant-gardisme, ou l'art d'inventer, de créer, d'expérimenter en s'opposant à un certain académisme artistique. JOHN ZORN ne s'y est pas pris autrement pour rendre hommage à l'un des acteurs principaux de l'art contemporain qu'est Marcel Duchamp, en lui dédiant, en 1997, l'album « Duras : Duchamp ». Près de 20 ans plus tard, Zorn a parcouru du chemin tout en conservant cette constante recherche du nouveau, de l'inédit, comme en témoigne l'album qui nous intéresse. Pour imager la musique de Simulacrum on pourrait bien entendu évoquer des styles qu'il a explorés maintes fois au travers de ses nombreux projets : le metal dans son écrin le plus sombre, le free jazz transcendant les codes de l'improvisation ainsi que la musique expérimentale et ce que cela suppose de fantasque et de parfois tortueux. Or, il semble vain de vouloir trouver des éléments de comparaison légitimes pour illustrer la musique du groupe, autres que dans le catalogue musical de ZORN lui-même.

Du haut de ces 12 minutes, « The Illusionist » se dresse en pilier de l'album et comme une des œuvres les plus intenses du répertoire de Zorn. Une musique d'une grande puissance qui semble sortir tout droit des abysses et qui provoque chez l'auditeur un plaisir presque malsain, une envie de poursuivre l'écoute malgré l'aspect extrême de l'expérience. Des motifs de notes s'offrent aux auditeurs comme autant de raz-de-marées à la force implacable. Le grondement des guitares et le roulement des fûts sont pareils aux déités impalpables et impitoyables qui déchaînent les mers, alors que l'orgue plane telle une épaisse nuée de corbeaux couvrant l'horizon de sa noirceur impénétrable. Nous sommes comme impuissants face à cette masse mélodique qui nous engloutit et nous noie sous sa houle infernale, qu'un dédale de contretemps et de dissonances anime. Entre deux ouragans, viennent parfois s'inviter quelques instants de flottements au caractère sibyllin, mais dont la présence rassure et apaise notre âme alors tourmentée.
Comme sur « Psychomagia », Kenny Grohowski trône derrière ses fûts avec une prestance incroyable, comme une divinité aux manettes d'un océan déchaîné. Avec son jeu complexe et dense, c'est le batteur qui est chargé de tirer les rennes de ce carrosse dantesque, tandis que les riffs de Hollenberg galopent comme mille chevaux de feu à la course effrénée (« Paradigm Shift »). Sur « Marmarath » le leitmotiv de guitare vrombit comme les machinations des éternels feux ardents qui nourrissent les enfers, alors que l'orgue, comme possédé, se meut dans une danse démente.

Le trio Simulacrum se lie dans un ineffable ensemble véhiculant une musique très improvisée, souvent compacte, lourde voire cacophonique, qui n'est pas sans rappeler les diverses incursions des membres dans le monde du metal. Il est clair que le jeu de Matt Hollenberg découle beaucoup de Cleric, le groupe de metal avant-gardiste dont il est l'un des fondateurs. John Medeski, quant à lui, confie que son travail sur les derniers albums de Moonchild a été une base solide pour construire son jeu autour de ce genre ayant ses propres codes. Mais il faut bien noter que, comme sur « The Divine Comedy », le rythme de Simulacrum trouve aussi son équilibre dans sa manière de lâcher du lest, de se laisser aller à quelques nappes mélodiques aériennes et à des sonorités plus cristallines dont le caractère éthéré semble nous faire traverser les limbes.

Que ce soit avec « The Divine Comedy », référence explicite au poème de Dante, « Snakes and Ladders », célèbre jeu de société aux attraits métaphoriques ou « Paradigm Shift », synonyme de révolution scientifique, l’œuvre de JOHN ZORN se pare comme souvent d'une symbolique à la fois intellectuelle, spirituelle et religieuse. Simulacrum est le théâtre de ses interprétations, le miroir de son imagination fertile qui tend à repousser les frontières musicales par un trio des plus sauvages et fusionnels.

A lire aussi en HARD ROCK par TEEMO :


ANNIHILATOR
Feast (2013)
A table !!!




Steve VAI
Sex & Religion (1993)
Townsend et Vai pour un album monstrueux


Marquez et partagez





 
   TEEMO

 
  N/A



- John Medeski (orgue)
- Matt Hollenberg (guitare)
- Kenny Grohowski (batterie)


1. The Illusionist
2. Marmarath
3. Snakes And Ladders
4. Alterities
5. Paradigm Shift
6. The Divine Comedy



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod