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John ZORN - Moonchild / Songs Without Words (2006)
Par LE BARON le 8 Mars 2020          Consultée 269 fois

Et hop, une nouvelle série ! Si Moonchild – Songs Without Words se présente sous la forme d’un album simple, il va rapidement se révéler n’être qu’un point de départ. Car John ZORN va consacrer rien moins que sept disques à cette formation, la faisant évoluer au fil du temps tout en conservant le même trio de base. On parlera donc de Moonchild, l’album, et de MOONCHILD, le groupe, même si, en ces années 2000, le compositeur semble avoir décidé une fois pour toutes de publier sa discographie sous son propre nom.

John ZORN retourne avec ce disque à une petite formation, le trio, et à un genre déjà exploré : le hardcore. Prenez garde à vos esgourdes ! Nous sommes ici dans l’expérimentation lourde, tendance brutale. Visez le line-up, on y trouve trois cadors de l’écurie Zornienne et qui s’y connaissent en matière de furie sonore : Trevor DUNN à la basse, Joey BARON à la batterie, Mike PATTON au chant.

Le trio est donc puissant, très puissant même ! Et disons que de mémoire de chroniqueur, on n’est pas sûr d’en avoir déjà entendu d’aussi puissants, à part le PAINKILLER* des premiers EP peut-être ? Et encore ! Même PAINKILLER comportait un élément moins extrême que les autres, Bill LASWELL, dont le son rond et chaud adoucissait quelque peu la furie du groupe. Or, il n’y a ici aucun élément suave, c’est du brutal de bout en bout ! Tout juste pourra-t-on arguer du fait que Joey BARON, excellent batteur mais venant du jazz et non du rock, a un son moins percussif que votre headbanger ordinaire. Mais pour le reste... Eh bien, puisque PATTON fait partie du combo, disons que FANTÔMAS, à côté de MOONCHILD, c’est de la pop.

Mike PATTON, parlons-en : il est dantesque, passe du murmure au hurlement, puis éructe, feule, soupire, et s’avère souvent effrayant. Pourtant, aussi excessif qu’il soit, il semble n’être qu’au second rang du groupe, le premier étant indéniablement tenu par Joey BARON et surtout Trevor DUNN. Car si les deux musiciens forment une rythmique implacable, le discret bassiste de MR BUNGLE compte au moins pour une part de plus: il fait office de frontman, portant tout ce qui peut ressembler à une mélodie, même si cela reste de loin, sur sa seule basse. Bien sûr, il joue sa partie à grands renforts d’effets, et l’on donnerait d’ailleurs assez cher pour connaître le réglage de son ampli et les pédales utilisées. Il n’empêche : il se pose en leader de ce groupe, et il est monstrueux dans ce rôle.

L’ensemble est donc énorme, et alterne cellules plus ou moins écrites et temps d’improvisation. Selon ZORN, il s’agit en fait de mêler l’intensité hypnotique du rituel (la composition) et la spontanéité de la magie (l’improvisation). Pas sûr que le résultat soit aussi limpide que son explication, et s’il y a des moments particulièrement intenses par endroits (« Hellfire », « Possession », « Equinox », « Moonchild », « The Summoning »), lents et poisseux ou rapides et ultra-violents selon les cas, il y a également pas mal de morceaux moins aboutis, et dans lesquels on peine à entrer, comme si l’expérimentation en cours n’aboutissait pas totalement. Il est cependant difficile de juger, puisque c’est justement ce à quoi John ZORN nous convie : assister à la construction d’une œuvre, par définition inachevée, et dont le compositeur espère justement que c’est par sa mise en mouvement qu’un miracle musical se produira. Voilà qui est typique de John ZORN, pour qui le chemin à parcourir reste infiniment plus intéressant que la destination atteinte.

Nous sommes donc au début d’une série qui finira par s’avérer excellente, dès que ZORN aura enrichi le trio de base pour expérimenter dans d’autres directions. Noter ce disque est toutefois difficile. Le 2 est trop sévère, le 3 semble élevé, mais en même temps mérité rien que pour la démarche, le risque pris, et qui reste la marque d’un expérimentateur hors normes.


*Nous sommes en 2006, Simulacrum n’existe pas encore.

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   LE BARON

 
  N/A



- Mike Patton (voix)
- Trevor Dunn (basse)
- Joey Baron (batterie)


- moonchild / Songs Without Words
1. Hellfire
2. Ghosts Of Thelema
3. Abraxas
4. Possession
5. Caligula
6. 616
7. Equinox
8. Moonchild
9. Le Part Maudit
10. The Summoning
11. Sorceress



             



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