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- Style : Ornette Coleman , The Suite Unraveling , Autoryno
- Membre : Painkiller, Peeping Tom, Faith No More, Medeski Scofield Martin & Wood, Christian Marclay , Mr. Bungle, John Scofield , Secret Chiefs 3, Reed, Anderson, Zorn, Nevermen
- Style + Membre : Masada, Rashanim, Zebrina, Sonny Clark Memorial Quartet, Naked City
 

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John ZORN - The Last Judgement (2014)
Par TEEMO le 7 Avril 2015          Consultée 991 fois

Pour situer « The Last Judgement » il faut rappeler la nature du projet Moonchild dont il est l'ultime album. Créé en 2006 par John Zorn, Moonchild est une heptalogie qui consistait initialement en un trio basse/batterie/voix et dont le style lorgnait principalement vers le rock hardcore. Dès le 3ème album intitulé « Six Litanies For Heliogabalus », le trio s'est vu enrichi de musiciens tels que Zorn en personne à l'alto, l'extraordinaire Marc Ribot à la guitare, Ikue Mori, une référence de la musique électronique... Avec l'album « Templars : In Sacred Blood », sorti en 2012, c'est John Medeski du fameux trio Medeski, Martin & Wood qui fait sont entrée en tant qu'organiste. Un choix qui va vraiment métamorphoser l'esthétique du groupe et lui insuffler une dimension inédite.

En plus de son titre très évocateur, « The Last Judgement » se pare d'une symbolique forte, remarquable à la simple vue de la pochette et de la liste des titres. Contentons-nous de signaler que l'album est une suite directe de « Templars : In Sacred Blood » - tous deux sont inspirés de la légende des Templiers et de leur accusation d'hérésie au début du 14ème siècle. Point de cours d'histoire dans cette chronique, bien qu'il semble difficile de dissocier cette musique et sa thématique tant les deux sont intimement liés ici.
Relevons le défi !

Il faut bien considérer le terme « hardcore » pour se préparer à l'écoute d'un tel album. Car Mike Patton, ce véritable caméléon vocal, va vous en mettre plein les oreilles. Fidèle à lui même, le créateur de Mr. Bungle, de Tomahawk, de Fantômas, l'un des membres éminents de Faith No More, nous propose tout un panel d'effets vocaux qui démontre une fois de plus sa capacité à repousser les limites de ses cordes vocales. Oui, cela semble une affirmation banale pour les fans de Patton, mais Moonchild est un monde à part, avec une personnalité bien à lui. Au sein de Moonchild, il semble ne plus connaître de limite, il met en pratique la maîtrise de toutes les techniques qu'il a pu apprendre jusqu'alors : cris stridents, grognements monstrueux, chuchotements nasillards comme sur « Misericordia », improvisations délirantes, hurlement de torture sur ce morceau hors du temps qu'est « Le Tombeau de Jacques de Molay », etc. Certains titres les plus tortueux rappellent le fameux projet Naked City. Notons que les paroles sont assez présentes alors qu’initialement elles ne faisaient pas partie de la musique de Moonchild. Quoiqu'il en soit, c'est un véritable exutoire pour le chanteur... mais aussi pour l'auditeur, s'il rentre dans le jeu de cette musique complexe, et s'y abandonne.

La musique de Moonchild est assez expérimentale et compte une bonne partie d'improvisation. Le chef d'orchestre John Zorn connaît ses musiciens par cœur puisque ce sont des collaborateurs de longue date. Il en résulte une musique aboutie qui assemble quatre profils musicaux de manière unique et homogène.
Joey Baron derrière les fûts, nous délivre comme à son habitude un jeu sauvage, notamment sur « Trinity ». Son utilisation prononcée des toms suggère une dimension tribale parfois presque martiale, citons « Resurrection » . Trevor Dunn, fidèle compagnon de Patton, électrise toutes les compositions de Zorn avec sa basse munie d'un effet de distorsion et avec ses phrasés hypnotiques.
Enfin, parlons de Medeski, l'esprit même des derniers volumes du projet Moonchild. Son orgue installe une ambiance tellement particulière, profonde et touchante. Sur « Tria Prima » il impose ses sonorités vaporeuses pour construire un long crescendo dont le climax est atteint dans un déchirement vocal provoqué par Patton. Dans « Sleepy Hollow » il introduit le morceau de manière fraîche et enjouée, ce qui va habilement contraster avec la suite, qui elle, est bien plus délirante. Celui qui avait interprété le 11ème volume de la série Book of Angels, intitulé « Zaebos », apporte ici une couleur nouvelle, à la fois sombre, angoissante et malfaisante.

L'aspect parfois très extrême de cette musique peut repousser fortement l'auditeur non-averti. Les habitués de Patton/Zorn accrocheront à coup sûr, même si cela nécessitera sûrement quelques écoutes avant de comprendre de quoi il s'agit. Seule une musique violente et viscérale ou sombre et pesante peut illustrer la thématique choisie. Si certains passages sont particulièrement intenses, il faut bien considérer que près de la moitié de l'album se révèle tout à fait accessible. De plus, contrairement à certains albums de Zorn/Patton/Dunn, « The Last Judgement » suit une ligne de conduite musicale bien définie, et ce, malgré son côté expérimental et avant-gardiste.
En 2014, le projet Moonchild se clôt et devient un chapitre essentiel de la discographie de John Zorn.

Note réelle : 4,5/5

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- Mike Patton (voix)
- Joey Baron (batterie)
- Trevor Dunn (basse)
- John Medeski (orgue)


1. Tria Prima
2. Trinity
3. Ressurection
4. Le Tombeaux De Jacques De Molay
5. Sleepy Hollow
6. Friday The 13th
7. Misericordia
8. Incant
9. Slipway



             



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