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John ZORN - Alhambra Love Songs (2009)
Par TEEMO le 19 Avril 2014          Consultée 1612 fois

Quand on sait de quoi est capable John Zorn, l'écoute d'un de ses nombreux albums est toujours une expérience singulière et risquée. Tout d'abord, parce qu'on a toujours cette appréhension de tomber sur une œuvre complètement barrée de punk hardcore aux relents de free jazz tortueux et de se prendre littéralement une claque auditive accompagnée de saignements d'oreille. Puis, on se souvient de cet album de jazz franchement rafraîchissant, hommage à Sonny Clark qui nous avait tant marqué. On se réconforte d'autant plus en analysant le titre et la pochette. Généralement, l'intitulé « Love songs » est plutôt rassurant, mais sait-on jamais ? On remarque cette esthétique sobre et épurée : écriture noire sur fond entièrement blanc, police majestueusement calligraphiée pour les titres, accompagnée d'une plume de paon en relief et d'un cœur au dos. Simple mais charmant.

Sorti en 2009 sous le label Tzadik (créé par Zorn), « Alhambra love songs » est un hommage au cercle artistique de la baie de San Francisco comprenant jazzmen (Vince Guaraldi entre autres), écrivains, poètes et cinéastes (Clint Eastwood, David Lynch). Schéma classique chez le New-yorkais : l'album est composé par Zorn mais interprété par le trio Burger/Cohen/Perowsky formé pour l'occasion. On lit ici et là qu'il s'agit de l'album le plus sage de sa vaste discographie. Effectivement, la musique est tout à fait le reflet de l'esthétique graphique : pure, sans artifice et élégante.

Si l'on devait qualifier la musique d'« Alhambra love songs », on parlerait de soft jazz. On progresse dans des ambiances satinées avec des morceaux comme « Mountain View » ou « Half Moon Bay », écrit pour la poétesse Lyn Hejinian. On se laisse emporter par ce dernier morceau dont les mélodies sont chargées de mystère, à la fois éthérées et sombres. Une certaine ambiguïté met à rude épreuve notre curiosité et nous pousse à nous aventurer plus loin. Sur le chemin, nous entendons parfois une contrebasse dont le ton se veut suppliant, comme si elle souhaitait que l'on la libère d'une malédiction...

En réalité, chaque morceau peut être, si l’on prend le temps de s'y attarder, l'affaire d'une histoire. Ce recueil de « chansons d'amour » est simple en apparence car interprété de manière douce, et son écoute se fait vraiment sans accroc. Mais, en se penchant sur chaque composition ainsi que sur la construction de l'album, on se rend compte que celui-ci est basé sur un habile jeu d'atmosphères variées. Nous voguons sans cesse entre mélancolie, rêverie, comme suspendus momentanément par la musique.
L'alternance de mélodies guillerettes et de battements rageurs joués au piano sur « Larkspur » nous laisse imaginer une discussion musclée entre un homme corpulent et intimidant, et une femme à la voix grinçante et démesurément aiguë. Tandis que « Benicia » sonne comme une brise fraîche qui vient caresser tout en douceur notre visage et nous laisse pousser un soupir de fort contentement.
« Alhambra Blues » et son thème marqué par la musique juive nous rappelle le goût prononcé qu'a Zorn pour ces sonorités.
Rob Burger mène la danse, Greg Cohen lui emboîte le pas, Ben Perowsky y ajoute un peu de vie, et John Zorn chapeaute le tout depuis sa place de chef d'orchestre.

« Alhambra love songs » est certes un album riche et qui fait régulièrement appel à notre imagination, mais ce n'est pas pour autant un très bon album. On salue bien entendu le choix esthétique, mais il entraîne immanquablement un manque de rebondissement, si bien que l'écoute de certains morceaux comme « Pacifica » peut se révéler ennuyeuse. Une touche de folie et une personnalité plus affirmée dans certains morceaux permettraient de relever un peu le tout.

Note réelle : 3,75

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   TEEMO

 
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- Rob Burger (piano)
- Greg Cohen (basse)
- Ben Perowsky (batterie)


1. Mountain View
2. Novato
3. Pacifica
4. Benicia
5. Half Moon Bay
6. Moraga
7. Tamalpais
8. Larkspur
9. Alhambra Blues
10. Miramar
11. Tiburon



             



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