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MORRICONE / EXPéRIMENTAL  |  B.O FILM

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- Style : The Suite Unraveling , Autoryno, Ornette Coleman
- Membre : FantÔmas, Peeping Tom, Christian Marclay , Reed / Anderson / Zorn, Painkiller, Hudson, Tomahawk, Nevermen, Mr. Bungle, Faith No More, Medeski Scofield Martin & Wood, Secret Chiefs 3, John Scofield
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John ZORN - The Big Gundown (1985)
Par LE BARON le 23 Décembre 2019          Consultée 374 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Sorti en 1985, The Big Gundown est un album important dans la discographie de John ZORN. Presqu'entièrement composé de reprises de titres d’Ennio MORRICONE, il s’agit d’un disque plutôt accessible, constituant une sorte de pont entre la première partie de son œuvre, radicale, exclusivement expérimentale et parfois à la limite de l’audible, et la seconde, somme toute moins extrême*. Pensez tout de même que la mélodie y devient possible, ce qui n’est pas rien !

"The Big Gundown", le morceau qui ouvre le bal, est une petite merveille. ZORN délivre le thème à grands renforts de glockenspiel, de piano et de timbales, puis de cris humains, de saxophone et de coups de feu. Découvrant les joies de l’overdub, il empile les couches sonores et met le feu à la partition western pourtant déjà brillante de MORRICONE, passant d’une atmosphère à une autre en quelques mesures. La cavalcade s’emballe jusqu'à une batucada, qui s’éteindra peu à peu au profit d’une paisible "Lettre à Elise**"  déjà présente chez MORRICONE. Ce morceau est typique de tout le disque : on y retrouve les thèmes originaux avec grand plaisir, mais ZORN les pétrit à son aise. Rien d’étonnant à cela : payer son tribut à un compositeur n’a de sens qu’à condition d’incorporer dans l’œuvre reprise ses propres préoccupations musicales. Avec respect bien sûr, mais avec aussi quelques bâtons de dynamite, façon James Coburn fomentant une révolution.
La set-list est alléchante, et alterne « tubes » ("Peur sur la ville", "Poverty (Once Upon a Time in America)", "Giu La Testa (Duck You Sucker !)", « Once Upon a Time in the West ») et titres moins connus "Milano Odeo", "Erotico ( The Burglars)", "Metamorfosi (La Classe Operaia Va In Paradiso)", etc.). Tous confirment la grande liberté de leur interprète, qui triture la partition à l’envie, la renouvelant parfois largement. On est donc conquis, malgré la petite faiblesse de "Tre nel 5000", morceau écrit par John ZORN lui-même, et donc on se demande un peu ce qu’il vient faire ici.
 
En se frottant à la musique du Maestro, ZORN élargit d’un coup son champ d’expérience. Car s’il a déjà bien développé son goût pour les instruments insolites ou les chants à base d’onomatopées, il n’a guère montré jusqu'ici de dispositions au lyrisme. Or, c’est bien ce qu’il va faire ici, intégrant – enfin ? – du sentiment, ainsi que des éléments de musique populaire dans ses expérimentations, rendant ces dernières par là même plus accessibles.

Que penser de ce disque ? Qu’il est bon, voire très bon par moments. Le Maestro lui-même a reconnu en lui un véritable travail de composition, à des lieux de la simple reproduction de ses titres à laquelle il est accoutumé. Pourtant, à l’écouter aujourd'hui, il a tout de même vieilli, notamment au niveau du son, typé années 1980 par endroits. Quitte à se l’offrir, il est donc préférable de rechercher la réédition de 2000, qui offre de nouveaux morceaux. On y entend parfaitement le chemin parcouru par ZORN, ces titres supplémentaires étant ô combien plus moelleux que ceux de 1985. On y trouve une excellente interprétation du "Clan des sicilien", un Mike PATTON chantant "The Ballad Of Hank McCain" avec gourmandise, et un "Chi Mai" dont on n’imaginait pas forcément qu’il puisse être si délicat, tant la version de MORRICONE lui-même, en 1981, parait datée***. Voilà qui redonne de l’intérêt à l’ensemble, et hausse finalement ce disque au rang des tout bons.
 

*Cela se discute, évidemment. Mais je n’ai jamais rencontré un fan de la première partie de la discographie de ZORN. Sa radicalité n’y est à mon sens pas pour rien.
**Oui oui, celle de Ludwig Van.
***Sauf pour ceux qui aiment à batifoler dans les champs avant d’avaler un bon bol de croquettes. Cette blague est nulle et ne s’adresse qu’aux quadragénaires et plus.

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   LE BARON

 
  N/A



- Orvin Aquart (harmonica)
- Cyro Baptista (cuíca)
- Joey Baron (batterie)
- Tim Berne (saxophone alto)
- Laura Biscotto (voix italienne sexy)
- Vicki Bodner (hautbois, cor)
- Polly Bradfield (violon)
- Anthony Coleman (piano, clavecin, orgue, voix)
- Trevor Dunn (basse)
- Carol Emanuel (harpe)
- Reinaldo Fernandes (repinique)
- Anton Fier (batterie)
- Duduka Da Fonseca (caixa)
- Bill Frisell (guitare électrique)
- Fred Frith (guitare électrique, basse)
- Diamanda Galás (voix)
- Melvin Gibbs (basse)
- Jody Harris (guitare électrique)
- Shelley Hirsch (voix)
- Wayne Horvitz (piano, celesta, claviers)
- Guy Klucevsek (accordéon)
- Arto Lindsay (leader batucada, guitare électrique, voix)
- Christian Marclay (platines)
- Mark Miller (batterie, timbales)
- Big John Patton (orgue)
- Mike Patton (voix)
- Bobby Previte (batterie, percussions, voix)
- Robert Quine (guitare électrique)
- Vernon Reid (guitare électrique)
- Ned Rothenberg (shakuhachi, ocarina, guimbarde)
- Michihiro Sato (tsugaru shamisen)
- Luli Shioi (voix)
- Claudio Silva (pandeiro)
- Jorge Silva (surdo)
- Jim Staley (trombone, trombone basse)
- Toots Thielemans (sifflements, harmonica)
- David Weinstein (électronique)
- John Zorn (saxophone alto, scie musicale, voix, clavecin, pia)


- the Big Gundown
1. The Big Gundown
2. Peur Sur La Ville
3. Poverty (once Upon A Time In America)
4. Milano Odea
5. Erotico (the Burglars
6. Battle Of Algiers
7. Giu La Testa (duck You Sucker!)
8. Metamorfosi (la Classe Operaia Va In Paradiso)
9. Tre Nel 5000
10. Once Upon A Time In The West
11. The Sicilian Clan (bonus)
12. Macchie Solari (bonus)
13. The Ballad Of Hank Mccain (bonus)
14. Svegliatti & Uccidi (bonus)
15. Chi Maithe Ballad Of Hank Mccain (instrumental) (b



             



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