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- Membre : FantÔmas, Peeping Tom, Christian Marclay , Reed / Anderson / Zorn, Painkiller, Hudson, Tomahawk, Nevermen, Mr. Bungle, Faith No More, Medeski Scofield Martin & Wood, Secret Chiefs 3, John Scofield
- Style + Membre : Sonny Clark Memorial Quartet, Masada, Zebrina, Rashanim, Naked City
 

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 Le Zornographe (824)

John ZORN - Filmworks 5 : Tears Of Ecstasy (1996)
Par LE BARON le 15 Janvier 2021          Consultée 594 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Si John ZORN est inconstant dans ses choix de styles musicaux, on ne saurait lui reprocher de l’être dans sa démarche artistique. Le voilà donc de retour sur un terrain déjà largement exploré, celui de la composition à partir de contraintes.
Des contraintes, il y en a ici deux : une de nombre, l’autre de durée. Car Tears of Ecstasy est découpé par son réalisateur - Oki Hioyuki - en une soixantaine de séquences d’un peu plus d’une minute. La musique, présente de bout en bout, doit donc être alignée sur ce principe. Pour le reste, ZORN est totalement libre d’écrire ce qu’il veut. Ça tombe bien, c’est ce qu’il fait de mieux.

La trame narrative du film, plutôt ténue, est basée sur le périple d’une famille extra-terrestre débarquant sur terre. Banal ? En fait, pas vraiment. Expérimental, le film alterne scènes de fornication, de masturbation et de défécation, formant un délirant objet nippo-crypto-expérimentalo-porno-hétéro-gay, avec de vrais morceaux d’extra-terrestres sodomites dedans. On est donc très éloigné de "Star Wars", ou alors je n’ai pas tout compris. Qu’on ne s’y trompe cependant pas, il ne s’agit pas non plus d’un film pornographique. Dénué de gros plans – et c’est à ça qu’on reconnaît un porno, non ? –, il est traversé de questions plus ou moins ontologiques, mais surtout déroutantes : peut-on avoir l’âge de ses enfants ? En tant qu’extra-terrestre, est-il préférable de rester sur terre, ou de repartir vers l’Espace* ?

Le concept du film est fumeux, soit, mais qu’importe. La disparité des scènes et la faiblesse du fil conducteur qui les relie conviennent tout à fait à ZORN, pour qui le cinéma n’est de toutes façons qu’un prétexte à expérimentation. Le voilà donc explorant ses habituelles obsessions musicales** en les condensant à l’extrême. Et de montrer une fois de plus son très grand talent pour installer une ambiance en deux ou trois mesures, esquissant les choses et laissant le soin à l’auditeur de compléter les blancs.

Ce goût de l’esquisse, on le connaît, et c’est parfois un des reproches que l’on peut faire à cette musique, qui peut sembler comme en devenir, voire inachevée. C’est que ZORN s’intéresse avant tout aux formes, pas forcément au fond. Et que pour lui, les idées comptent souvent davantage que leur développement.
Il faut pourtant un vrai talent pour être aussi inventif – le disque propose tout de même 48 titres ! –, d’autant plus que le groupe est restreint : deux guitares et un percussionniste, renforcé par moments par ZORN lui-même au saxophone, au piano (préparé) ou à l’orgue. Or, non seulement ZORN se renouvèle sans cesse dans son inspiration, faisant fi de l’enseignement majeur du Maestro*** selon lequel un thème suffit pour un film, pourvu qu’on sache l’orchestrer, mais il parvient à laisser au sein de chacune de ces minutes de musique de l’espace pour que ses musiciens puissent improviser à leur aise. Et ils en profitent largement, tous trois fines gâchettes formées à l’école Zornienne depuis longtemps.

Ecrire de courtes séquences musicales relève désormais pour ZORN du simple exercice, fût-il de haute voltige. Et si Tears of Ecstasy n’est pas un chef-d’œuvre, il n’en est pas moins fascinant de par l’immense maîtrise qu’il laisse entendre : maîtrise de la composition, de l’arrangement, de la direction d’orchestre, même réduit.
Brillant, inventif, ce disque tout à fait représentatif du John ZORN compositeur de musiques de films vaut d’être écouté rien que pour cela.


*Le film est malheureusement difficile à voir aujourd’hui. La majeure partie de ces informations provient de https://variety.com/1997/film/reviews/tears-of-ecstasy-1200449044 et des notes du disque.
**Jazz, noise, rock, exotica ou autres, il y a d’à peu près tout là-dedans, y compris une espèce de chant diphonique, comme chez les Mongols.
***Ennio Morricone, voyons !

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   LE BARON

 
  N/A



- Robert Quine (guitare)
- Marc Ribot (guitare)
- John Zorn (saxophone alto)
- Jason Baker (voix sur 'spiral')


- tears Of Ecstasy
1. Factor
2. Intercept
3. Lemma
4. Root
5. Net
6. Lie Group
7. Reduction
8. Trisectrix Of Maclaurin
9. Interpolation
10. Gradients
11. Random Walk
12. Cusp
13. Region
14. Block
15. Prediction
16. Concordance
17. Modulus
18. Addition
19. Ergodicity
20. Prism
21. Mean Difference
22. Likelihood
23. Deviation
24. Curl
25. Probable
26. Limit
27. Youden Square
28. Tensor
29. Martingale
30. Tantochrone
31. Witch Of Agnesi
32. Rank
33. Quadrature
34. Discriminant
35. Rose Curve
36. Lituus
37. Involute
38. Catearies
39. Folium
40. Edge Train
41. Ruled Surface
42. Slope
43. Cluster
44. Spiral
45. Octal
46. Cissoid Of Diocles
47. Arc
48. Pole



             



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