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La pochette, vouée à disparaître?
Par GEGERS le 18 Mars 2010 Consulté 3910 fois

En 40 ans, la relation des amateurs de musique à l'image a évolué, tout comme leur perception de l'art visuel, indissociable il y a encore 10 ans de « l'objet musical ». Un disque, qu'il fut au format vinyle ou CD, c'était il y a encore quelques années bien entendu un contenu, mais aussi et surtout un contenant. Je dis « surtout », car ce contenant constituait le contact originel entre l'acheteur et l'objet acheté. Combien sommes-nous à nous être procurés un album par simple attrait visuel pour sa pochette, ses illustrations, ses tons, ses couleurs, ses photos? Et pourtant, comme certains albums nous ont amèrement fait regretter d'avoir gaspillé nos précieux deniers, certaines de ces pochettes étaient parfois graphiquement approximatives (restons polis), bien souvent peu inspirées, ou étaient le fruit de montages ridicules issus de l'esprit de l'artiste lui-même, ou de sa maison de disques. Qui peut honnêtement affirmer sans détourner le regard que les pochettes d'albums des ROLLING STONES, DIRE STRAITS ou encore DAVID BOWIE sont essoufflantes de beauté?

A la décharge de l'artiste, il faut bien dire que ce qui constitue le premier contact entre l'auditeur et la musique constitue pour lui le dernier contact avec sa musique avant de la laisser filer et tenter de l'écouler dans les bacs des disquaires. La pochette vient après la composition, parfois après l'enregistrement. Résumer en une image ou une photo le fruit de durs mois de labeur, et si possible donner envie au chaland de jeter une oreille sur son boulot, voici le dilemme de la pochette d'album, constamment tiraillée entre la vision de l'artiste et l'attente de l'acheteur. Certains s'en tirent par une habile pirouette, foutant une photo de leur tronche ou de celle du groupe en guise d'artwork (certains artistes, tel BOB DYLAN, ont fait de cet exercice un art à part entière), certains tentent de formuler un quelconque concept à deux balles, d'autres enfin collent une image de ciel bleu, de fond de jardin enneigé, comme pour détourner l'attention. Car si l'artwork est (était?) un élément indispensable, il est aussi bien souvent la dernière roue du carrosse. Et bon nombre d'entre nous se gaussent encore de ces pochettes délicieusement ridicules, vulgaires ou simplement moches qui ont envahi les bacs de nos disquaires favoris pendant plusieurs décennies. Certains en ont même fait un fond de commerce, en recensant ces petites perles et les partageant sur des sites internet spécialisés (www.worstalbumcovers.org semble être celui regroupant le plus grand nombre de références).

Et pourtant, en tant qu'amateurs de musique qui possédons sans doute chez nous quelques unes de ces pochettes devant lesquelles il nous arrive de rester dubitatif, voire de ressentir une légère empathie/pitié pour l'artiste, ne sommes-nous par pour autant attachés à ce que l'amour aveugle nous fait également considérer comme des petites merveilles? La raison en est simple. La pochette fait partie intégrante de l'album, et en est indissociable au même titre que la musique. Combien sommes-nous à avoir écouté un album du début à la fin en scrutant ce faisant les moindres détails de la pochette, cherchant des messages cachés et des détails incongrus? La pochette conditionne l'écoute de l'album, orientant l'auditeur, telle couleur, ambiance, iconographie, générant un a priori quant au contenu. Notre écoute d'In Rock de DEEP PURPLE serait-elle la même si l'on occultait ce côté à la fois psyché et massif évoqué par ces cinq visages taillés dans la roche? L'énergie ressentie à l'écoute du Blackout de SCORPIONS serait-elle autant débridée si elle n'était également véhiculée par ce visage totalement aliéné qui, fourchettes plantées dans les yeux, traverse une vitre sans que cela ne le dérange outre mesure? La vue de ces quatre bretons marchant gaiement, instruments à la main aux abords de ce qui pourrait être fort bien être la forêt de Brocéliande ne nous aide-t'elle pas à rentrer immédiatement dans l'ambiance bretonnante du Suite Gallaise de TRI YANN, les premières notes de « Lundi Mardi Danse » lancées? Incontestablement, oui.

Aujourd'hui, le visuel n'est plus indissociable d'un album. Certes, les disques continuant d'être publiés chez les disquaires sont toujours agrémentés d'une pochette, mais nous parlons ici de ces albums dématérialisés, distribués par Internet sous la forme de 10 ou 12 fichiers mp3 vendus en échange d'une dizaine d'euros. Plus de visuel pour ces albums-là. Une vague pochette au format 100 pixels x 100 pixels peut-être, mais rien de plus. Certains d'entre eux sont distribués avec un livret complet, mais quel plaisir peut-on ressentir à tourner les pages virtuelles d'un livret PDF, qui ne donne même pas l'envie de lire les paroles?

Cette nouvelle donne change inévitablement et irrémédiablement notre rapport à la musique. La pochette n'est plus le premier contact, l'auditeur rentre sans aucun préavis dans le vif du sujet. Plus de scrutation d'artwork, plus de mise en condition, la musique, et elle seule, devient l'unique élément constitutif de « l'objet musical », si l'on peut toujours parler d'objet. Pourtant, les moyens et les outils graphiques mis à la disposition des concepteurs permettent aujourd'hui d'atteindre le risque zéro de plantage. Certes, un mauvais concept donnera toujours une mauvaise pochette, mais les montages foireux, les assemblages à deux sous, font partie du passé. Et les artistes, même les plus minimalistes, continuent d'accorder une importance conséquente à l'aspect visuel de leur musique, que ce soit à travers leurs sites internet, leurs affiches de concert ou leurs photos promotionnelles, les déclinant de façon différente à chaque nouvel album. Le visuel est toujours là, mais évolue. Il est trop tôt pour le dire, mais ce détachement du contenant et du contenu participe sans doute également à ce désamour de l'objet CD. Car lorsque les défenseurs de ce support parlent du plaisir d'avoir chez soi « l'objet », ils parlent bien entendu d'avoir la possibilité de pouvoir regarder la pochette et consulter les paroles sans pour autant avoir à allumer leur ordinateur. Alors, le visuel, luxe superflu ou élément indispensable? Réponse dans une dizaine d'années.



Le 03/08/2012 par NICO38

Bonjour,

Au fait quelles sont vos pochettes préférés?
J'adore la plupart des pochettes de Nirvana (Nevermind!, Bleach, In Utero), de Pixies (Doolitle!, Surfer Rosa, Bossanova,...) et puis bien sûr une platrée de classiques (The Velvet Underground & Nico, Abbey Road, Let it Bleed, Sticky Fingers, Physical Graffiti, London Calling...). Moins connues, j'aime aussi les pochettes de Sonic Temple (The Cult), Carved in Sand (The Mission), Alice In Chains avec son chien à 3 pattes... et puis sûrement plein d'autres qui ne me traverse pas l'esprit pour l'instant et que vous allez peut-être citer à ma place (aaarghhh!!!).


Le 22/06/2010 par STREETCLEANER

Je pense qu'il faut distinguer la pochette proprement dite de l'image en elle-même. De plus en plus d'albums et EP sont de nos jours vendus sous forme digitale. Cela se fait beaucoup dans le monde de la musique électronique par exemple, où la seule possibilité d'acquérir l'album ou l'EP est le téléchargement payant. C'est une méthode aussi pratiquée par les petits groupes ou nouveaux groupes. Ce n'est pas simplement le coût du pressage qui est en cause, mais plus celui de la commercialisation et celui de la marge (moins d'intermédiaires). Parfois l'album est d'abord vendu sous forme digitale puis éventuellement sortira en CD ou vinyle. Or que constate-t-on ? Même lorsque la musique est vendue sous forme digitale la premier contact avec le groupe et l'album est l'image. On ne télécharge jamais de la musique sans qu'une image soit associée. Le visuel est le premier lien artistique avec la musique. Si on télécharge un album sur le site d'un label, une image, un dessin ou une photo, est toujours associé à cet album. L'image traduit parfois l'atmosphère du disque, parfois non et le lien est plus difficile à discerner. Même les pirates qui reproduisent des albums sous forme de bootlegs prennent soin de reproduire le livret. Le résultat est parfois très professionnel. Je ne crois donc pas que l'image associée à un album disparaîtra. Car l'image peut aussi amener l'acheteur potentiel à s'intéresser à un disque. Et c'est quand même souvent passionnant pour un groupe d'associer un travail artistique et visuel à son oeuvre. Si je prends par exemple la pochette du dernier Vex'd "Cloud Seed" l'image est parfaitement représentative de l'atmosphère de l'album : ambiances sombres, urbaines, post-apocalyptiques, décor de désolation ; on retrouve ces éléments dans leur musique. Celui qui ne connaît ni le groupe ni l'album pourra être intrigué et incité à y jeter une oreille. Même pour télécharger un album sous forme digitale le label ou l'artiste se pose donc la question : le lecteur sera-t-il véritablement incité à cliquer sur des seuls noms de groupes, d'albums, avec pour seule mention supplémentaire des dates de sortie ? Ce serait faire face à un listing impersonnel et à mon sens l'association image/disque n'est pas prête de disparaître. Le cas de la pochette est différent, celle-ci est liée à un support matériel qui disparaît peu à peu... Mais n'oublions pas que, souvent, la musique est aussi "visuelle" et une image associée à de la musique n'a rien de particulièrement incongru.


Le 10/06/2010 par 123321

En fait, ce qui est voué à disparaitre c'est pas la pochette en elle même mais le plaisir à s'acheter un CD.
Pourquoi ?
D'abord tout simplement parce que ce qui compte le plus c'est la musique qu'il contient et pas la pochette qui à part des éditions limitée, deluxe, digipack, coffret etc n'a rien de si exceptionnel et pas vraiment de grande originalité contrairement à ce qu'était parfois le vinyl.
Ensuite et là c'est plus que normale mais dommage, c'est le fait de télécharger gratuitement (et illégalement bien sur) les albums.
Au début des années 2000 les premiers pirate téléchargeaient un album une fois de temps en temps car la connexion était vraiment lente et impossible de surfer sur le net en téléchargeant.
Maintenant que tout va de plus en plus vite, on peut télécharger des albums en masse et c'est le cas de le dire aussi bien les bas débit mp3 que ceux au son de meilleur qualité et plus fidèle au son du CD (flac, ape, ...).
Alors à force de pouvoir avoir tout ces album par grands nombre, parfois plusieurs par jours, etc, le fait d'en acheter un nouveau en originale mais dont la qualité varie très peu par rapport au format flac et ape, ça créé de plus en plus un certain esprit un peu "blasé" ou on se dti toute façon un de plus ou de moins, d'accord la pochette on l'a en plus mais voila.

Je veux dire par là que tout se tiens et se rapporte surtout à l'argent, télécharger la pochette on saura jamais à moins d'inventer la téléportation.


Le 04/06/2010 par ATOMDOOM

Je ne sais pas si les pochettes vont (totalement) disparaître mais il est vrai qu'on peut se poser la question dans un monde où tout devient virtuel (j'exagère un peu...) : musique (mp3), livre/revue (IPod et autres), film (décors voire personnages numériques)... Et pourtant j'ai toujours pensé que la pochette vinyle ou le livret/digipack du CD faisaient partie intégrante de la musique car ils donnent le minimum d'infos utiles comme les musiciens, producteur, etc ; voire des photos et bien sûr l'illustration principale (qu'on la trouve belle ou moche).
J'espère que les labels continueront à nous proposer "l'objet" et pas seulement du téléchargement et il est vrai qu'actuellement ils font des efforts sur les artworks et proposent différents supports et éditions (peut-être en espérant que les collectionneurs-fans achèteront plusieurs fois le même disque...). Wait and see !


Le 31/05/2010 par ILèLEUR

Personnellement, j'avoue qu'il m'est déjà arrivé de télécharger pour un peu moins cher qu'un CD original (...) il fut une époque ... Là, dans 70% des cas, on a la pochette scannée avec le livret parfois, voire le CD. Pour dire que même ces pirates ne laissent pas tomber les pochettes. Donc la fameuse question si la pochette est plus mise en valeur : quand on pense à ces cas extrêmes : non !


Le 11/05/2010 par TERRY

Etant inconditionnel du vinyle, je regrette déjà fortement qu'on peine, parfois, à trouver des vinyles à l'heure actuelle (enfin, perso, je sais où me fournir), et le passage au CD avait déjà bien fait baisser l'attrait visuel. Quant au MP3, je ne préfère même pas en parler...on perd tout simplement l'objet même pour dématérialiser, désacraliser la musique.
Les pochettes vinyle (format vinyle) étaient souvent magnifiques, avec des détails indécelables en CD, avec des innovations (mis à part le vinyl-replica, aucune édition CD ne retranscrit la pochette de "Physical Graffiti" ou de III" de Led Zeppelin, la première avec des fenêtres, la seconde avec une roue d'images). Bref, je regrette tout ça !


Le 04/05/2010 par ARBRE SEDENTAIRE

On perdu le charme des pochettes "grande" avec le passage au CD, mais quand on regarde dans les meilleurs pochettes CD, celles où on la met plus en valeur avec les firmes comme Digipack ou Jewell Box. Quand on voit les pochettes d'albums en Digipack, ça a quand même une autre gueule comme dirait l'autre. Le carton dépliable rappellant en quelque sorte le vinyl, avec le support en plastique du disque transparent avec derrière une image, et sur une ou plusieurs faces en carton, un livret qui est glissé, etc ... tout un charme qu'on aura jamais avec le téléchargement (légal/illegal). De même pour les Jewxell Box, de plus en plus d'albums ou rééditions d'albums sortent en JB et c'est pas mal du tout ça rajoute aussi une valeur à la pochette.
Donc je vois pas comment on peut oublier la pochette comme GEGERS dit ça fait partie intégrante de l'album ça contribue à l'album, l'album n'est pas un sac à chansons, c'est un ensemble de chansons parfois indissociable, faisant partie d'une même session d'enregistrement d'une même situation, des même idées, et illustré par une pochette parfois originale, et reflétant l'esprit de l'album, du moins dans les grandes lignes et en fonction du style de musique. C'est clair, des pochette de musique punk souvent immondes, on ne sortira jamais un album de rock progressif avec des pochette comme ça, et vice versa.
Donc la pochette a non seulement le rôle d'être un plus dans l'appréciation d'un album mais a aussi un rôle significatif.

Encore une fois ces gens qui pourraient se passer de pochette c'est comme ces audiophiles qui s'en foutent de la musique du moment qu'ils ont les meilleurs CD qui sonnent le mieux, ce sont des gens qui n'ont pas d'âme.


Le 25/03/2010 par GLIMMER TWIN

Eh oui, la "pochette" est une des raisons du retour en force (certes discret mais réel) du vinyle. J'étais en vadrouille hier à la Fnac, la taille du bac des 33T et la qualité des disques présents dans ce bac m'ont impressionné.

Sinon, merci pour le lien vers http://www.worstalbumcovers.org/, c'est génial, je ne connaissais pas ! C'est à mourir de rire.


Le 24/03/2010 par KINGSTALKER

Le visuel est un élément indispensable, ce changement des mentalités est vraiment regrettable, c'est tellement agréable une belle pochette, avec un beau livret...
Très bon édito!



             



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