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Le guitariste Michael Schenker occupe depuis 1972 (et la parution du premier album de Scorpions, Lonesome Crow) une place de choix sur la scène hard rock européenne. Un caractère difficile, longtemps rongé par l'alcoolisme, le "Mad Axeman" est revenu en excellente forme depuis la deuxième moitié des années 2000. A l'occasion de la sortie d'un nouveau DVD, Live in Europe (dont vous pouvez retrouver la chronique en nos pages), le guitariste a bien voulu nous accorder un entretien.

La version audio de l'interview est disponible ici : http://www.dailymotion.com/swf/xvifhf_michael-schenker-interview_music

La chronique du DVD est disponible ici : http://fp.nightfall.fr/index.php?idchoix=5244

- Gegers : Pour commencer, revenons quelques peu en arrière : en 2010, tu as annoncé la naissance du projet Strangers In The Night composé, outre toi, du chanteur Michael Voss, du bassiste Pete Way (ex-UFO) et du batteur Herman Rarebell (ex-Scorpions, entre 1978 et 1996). Finalement, ce line-up a donné naissance à l'album Temple of Rock, paru sous le nom de Michael Schenker. Quels sont les événements qui ont motivé cette évolution ?

- Michael Schenker : Herman et moi sommes devenus voisins (ndGegers : à Brighton, Angleterre) en 2010, et Pete n'habitait pas loin. Nous nous sommes mis à jouer ensemble tous les trois, à faire des sessions de jams sans but précis. J'avais simplement envie de jouer de nouveau des titres de Strangers In The Night (ndGegers :album live mythique de UFO) que je n'avais pas joué depuis longtemps. Puis nous nous sommes mis à jouer du Scorpions, et nous sommes dit qu'il serait intéressant de faire une tournée, que nous aurions appelé « Strangers In The Night ». A la même période, je me rendais régulièrement en studio pour enregistrer des démos avec le chanteur / producteur Michael Voss (Mad Max). J'ai présenté certains de ces titres à Pete et Herman, et ils m'ont fait part de leur envie de jouer sur ce futur album ! J'ai demandé à Michael s'il voulait bien chanter sur l'album, puis Herman et Pete nous ont rejoint en studio, c'est ainsi que j'ai enregistré la majorité de l'album Temple of Rock avec ce line-up, et que nous avons abandonné le projet « Strangers In The Night ».

- L'album est paru sous le nom Michael Schenker et non MSG (Michael Schenker Group). Est-ce du au fait que Gary Barden (chanteur actuel du MSG) n'a pas pris part à l'enregistrement ?

- Actuellement, je suis dans une démarche de célébration de ma carrière, indépendamment de tout projet. Je suis à un point culminant, et je me retourne pour voir toutes les choses que j'ai accompli : il y a eu Scorpions, UFO et MSG, mais tout cela a fait ce que je suis : Michael Schenker. C'est pour cela que l'album est paru sous mon seul nom, et que j'ai fait appel à beaucoup d'invités. Je suis dans une démarche toute personnelle qui est la célébration du hard rock artisanal, et qui n'est pas liée à un projet en particulier.

- Néanmoins, prévois-tu d'enregistrer un nouvel album du MSG avec Gary Barden à l'avenir ?

- Tout est possible, mais rien n'est fixé pour l'instant.

- Après la sortie de l'album, tu es parti en tournée, avec des line-ups différents en fonction des pays visités. Début 2012 tu t'es rendu aux États-Unis en compagnie de Robin MacAuley (ndGegers : chanteur et auteur du MSG entre 1987 et 1993). Cette collaboration a-t-elle ravivé des souvenirs, et que penses-tu aujourd'hui de l'ère MacAuley / Schenker ?

- C'était vraiment génial de jouer de nouveau avec lui. Robin est l'un des rares chanteurs qui s'améliore avec le temps, c'était vraiment fun. Concernant la période MacAuley / Schenker Group, j'en garde un très bon souvenir. Nous avons sorti de bons albums, avons eu quelques hits et avons effectué de belles tournées, notamment en compagnie de Def Leppard. Ma motivation principale à l'époque était de savoir comment je pouvais me comporter en partageant l'ensemble des tâches pour moitié avec un autre mec. C'est une partie de mon histoire que je regarde aujourd'hui avec bienveillance. Au moment de partir en tournée aux Etats-Unis pour promouvoir Temple of Rock, Michael Voss n'était pas disponible, j'ai donc automatiquement pensé à Robin, d'autant plus que je l'avais invité à chanter sur un morceau de l'album.

- La tournée t'a ensuite ramené en Europe, où tu as joué en compagnie du chanteur Doogie White (ex-Rainbow, Yngwie Malmsteen), mais surtout de Herman Rarebell et Francis Buchholz (bassiste de Scorpions entre 1973 et 1992). Comment t'est venu l'idée de faire appel à Francis ?

- J'ai tout simplement appelé Francis et je lui ai demandé s'il avait des projets. Il n'avait rien de prévu, je lui ai donc proposé de nous rejoindre, de faire une sorte de « Lovedrive-Reunion » avec Herman et moi-même (ndGegers : Lovedrive est un album de Scorpions paru en 1979 sur lequel Michael joue quelques titres). Il était très enthousiaste à cette idée, et il nous a rejoints.

- J'ai eu la chance de te voir à Lyon, où tout le groupe a donné un show très énergique. Je suis sûr que tu es satisfait de la manière dont s'est déroulée cette tournée européenne...

- Tout à fait, cette tournée s'est déroulée de manière idéale.

- Nous avons eu l'occasion de voir quelques unes des Flying V de ta collection personnelle. Combien en possèdes-tu, et as-tu une guitare fétiche ?

- Ce sont toutes mes guitares fétiches ! En tournée, je joue la plupart du temps avec mes dernières acquisitions. Bien sûr, elles se ressemblent toutes plus ou moins, mais elles ont toutes un look et un son différent, qui les rend uniques. Lors de la tournée européenne, j'en avais apporté quatre : ma noire et blanche traditionnelle, une Flying V à damiers, une autre aux couleurs de l'album Strangers In The Night et celle que j'appelle ma « battle guitar ».

- En août dernier, tu as reçu un trophée « Rock guitar legend » pour l'ensemble de ta carrière. Durant ton discours, tu as indiqué être de retour pour de bon dans le giron du rock'n'roll et adorer la période actuelle de ta carrière. Dirais-tu qu'aujourd'hui ton principal objectif et de célébrer cette musique que tu aimes tant en compagnie de musiciens que tu apprécies ?

- Tout à fait ! Tu sais, ma carrière a débuté alors que j'étais encore très jeune, j'ai donc traversé beaucoup de phases et de périodes différentes. Dans le courant des années 90, j'ai fait beaucoup d'expérimentations et j'ai tenté de me développer, que ce soit au niveau musical ou personnel. Mais maintenant, ce que je suis de retour pour de bon avec un état d'esprit hédoniste. L'ère du rock « fait main » que j'ai défendu toute ma carrière arrive à son terme, et je ne veux pas manquer ça !

- Tu penses vraiment que le rock va mourir dans les années qui viennent ?

- Non bien sûr. Lorsque je parle de la fin, je parle de fin « physique ». Le rock tel que je le connais et je l'apprécie est celui qui a été créé par les anciens, Led Zeppelin, Deep Purple et Black Sabbath. Bien que légèrement plus jeune je suis de cette génération également, qui va bien finir par s'éteindre dans un avenir plus ou moins proche. Nous amorçons la pente descendante, et j'ai pris le parti de célébrer cette période, pendant de longues années je l'espère. Les rockers tombent comme des mouches, je pense souvent à Gary Moore notamment dont le décès m'a beaucoup marqué. J'ai donc décidé de faire la fête et de célébrer le rock, tant que ses artisans sont toujours en vie !

- La setlist de ton nouveau DVD Live In Europe on retrouve quelques titres récents de ton répertoire, des classiques de MSG et de UFO ainsi que des titres de Scorpions, parmi lesquels « Rock You Like a Hurricane » et « Blackout », sur lesquels tu n'as pourtant pas joué sur leur version studio. Dirais-tu que cette setlist présente l'essence de ta carrière ?

- J'ai intégré « Blackout » et « Rock You Like a Hurricane » dans la setlist parce que Herman est dans le groupe, et il fallait bien lui donner un os à ronger ! (rires) Après tout il a participé à l'écriture de ces morceaux, et ils s'intègrent plutôt bien dans mon répertoire.

- Herman et Francis représentent pour beaucoup de gens la section rythmique « mythique » des Scorpions. Sais-tu ce que Klaus et Rudolf pensent du fait que tu les ai intégré dans ton groupe ?

- Ils ne m'ont rien dit à ce sujet. Je pense qu'ils ne sont pas très heureux que je joue avec Francis, car ils ont eu des démêlés avec lui par le passé. Mais tout cela ne me concerne pas, et j'avais vraiment envie de jouer avec eux, de faire cette tournée « Lovedrive Reunion ». Au début de la tournée pour l'album Lovedrive en 1979, je jouais avec les Scorpions mais je me suis rapidement retiré pour des raisons personnelles. Pour moi, jouer de nouveau avec eux des titres tirés de cet album est une matière de rattraper le temps perdu et de terminer enfin cette tournée Lovedrive, plus de 30 ans plus tard

- Sur cette tournée tu as donné des concert sold-out dans de grandes salles au Japonais. Dirais-tu que le public japonais reste encore aujourd'hui le plus réceptif à ta musique ?

- Les Japonais aiment beaucoup ce que je fais, c'est vrai. Sont-ils pour autant les plus réceptifs, je ne sais pas. En ce qui me concerne, j'aime jouer dans n'importe quel endroit, pourvu que l'acoustique soit bonne. Il y a deux paramètres à prendre en compte pour un concert réussi : le public, bien entendu, mais aussi les capacités techniques de la salle. Si le son est bon, cela m'aide à jouer de manière inspirée et à me transcender. Si le son est mauvais, alors l'inspiration ne vient pas, et je ne peux pas offrir une bonne prestation. Mes meilleurs souvenirs de concerts restent ceux donnés dans des salles où l'acoustique était parfaite.

- Parmi tous les titres que tu as enregistrés, y en-t-il certains que tu te contraints à ne pas interpréter en live, par crainte que le public ne les apprécie pas ?

- Pas vraiment. Sur cette tournée, j'ai joué plusieurs setlists différentes en fonction des pays ou nous avons joué et des musiciens qui m'ont accompagné, donc au final j'interprète en live une bonne partie de mes compositions.

- Sur le nouveau DVD figure le logo du MSG. Cela signifie-t-il que ton line-up actuel (Herman, Francis, Wayne et Doogie) va enregistrer un nouvel album sous le nom MSG ?

- Non, un nouvel album va bien sortir, enregistré avec ces musiciens, mais ce sera sous le nom Michael Schenker

- Des dates sont déjà prévues pour l'année prochaine, en Angleterre, en Finlande et en France. Tu vas être de nouveau très occupé !

- Effectivement, j'ai été bien occupé cette année et l'année prochaine sera du même acabit.

- J'ai récemment lu une interview de Don Dokken, indiquant qu'il était en train d'enregistrer ses lignes de chant pour un album collaboratif, basé sur un réenregistrerment de certains morceaux tirés de ta série d'album « Thank You » (4 albums instrumentaux acoustiques paru entre 1993 et 2003). Qu'en est-il ?

- Effectivement, je compte bien sortir cet album avec Dokken dans le courant de l'année. J'ai déjà entendu quelques extraits, c'est vraiment prometteur !

- Ton frère Rudolf était invité sur l'album Temple of Rock, et est monté sur scène pour quelques titres lors de ta prestation au High Voltage. La rumeur d'un album des Schenker Brothers court depuis quelques années. Peut-on espérer voir ce projet aboutir un jour ?

- Oui, nous avons convenu tous les deux d'enregistrer un album ensemble, la seule contrainte étant que nous soyons disponibles en même temps, ce que nous n'avons pas pour l'instant réussi à faire ! (rires)

- Quel souvenir conserves-tu des années 2000 ? Tu as sorti pas mal de bons albums, comme Be Aware of Scorpions ou Arachnophobiac, et tu as connu quelques moments plus difficiles. Comment résumerais-tu cette décennie ?

- Pour moi, les années 2000 auront été véritablement satisfaisantes à partir de 2007 et la sortie de mon album In The Midst Of Beauty.

- Aujourd'hui, combien de temps passe tu quotidiennement à jouer de la guitare ?

- Ce serait difficile à quantifier. Bien sûr, lorsque je suis en phase de composition pour un nouvel album je joue beaucoup plus, mais je m'astreins à jouer chaque jouer et à tenter de découvrir de nouvelles possibilités avec mon instrument.

- Dirais-tu qu'il t'est plus facile aujourd'hui de composer, ou était-ce plus simple par le passé ?

- En ce moment-même je suis en train de composer de nouveaux titres. Je suis ma propre source d'inspiration, et c'est une source intarissable. Je puise l'inspiration en moi-même. Ma créativité provient de ce besoin que j'ai de m'exprimer et de m'accomplir par la création de nouveaux morceaux. Je m'accroche à toutes les idées qui me viennent en tête pour tenter de les mettre en forme, et ce procédé de création est infini.

- Je sais que tu n'écoutes pas de musique excepté la tienne, mais y-a-t-il un guitariste que tu considères encore aujourd'hui comme un héros et un modèle pour toi ? Il fut un temps, tu avais évoqué Rory Gallagher...

- Effectivement, je ne suis pas un consommateur de musique, et je ne connais pas tellement de guitaristes. Je reste néanmoins un grand admirateur de Jeff Beck et d'Eddie Van Halen, qui restent aujourd'hui de très grands guitaristes.

- Est-ce que tu suis encore aujourd'hui la carrière des groupes et artistes avec lesquels tu as joué, tel que UFO qui a récemment sorti un album ?

- Non, je ne m'y intéresse pas, tout simplement parce que je ne suis pas du tout un consommateur de musique. Je n'écoute jamais de musique, afin de ne pas parasiter mon propre besoin d'expression. Si je me mets à écouter d'autres artistes, alors je perds ma concentration et je me laisse influencer par des éléments qui perturbent ma créativité. Il en va de même pour mes propres albums. Dès que j'achève le mixage d'un nouvel album, je cesse immédiatement de l'écouter. Car c'est dans la création pure que naît mon bonheur.




             



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