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SORTILEGE - L'Interview !
Par NESTOR le 15 Septembre 2021 Consulté 1255 fois

Interview de Christian « Zouille » Augustin, Olivier Spitzer et Sébastien Bonnet (SORTILEGE)
Réalisée par Nestor le 14/09/2021 dans les locaux de Verycords, suite à la sortie de album « Phoenix » qui comporte 12 anciens morceaux réinterprétés et 2 inédits.
La chronique de l’album : http://fp.nightfall.fr/index_15245_sortilege-phoenix.html



Forces Parallèles (FP) : Je vais tout d’abord vous laisser vous présenter.

Olivier Spitzer (OS) : Olivier Spitzer, guitariste, réalisateur et compositeur de Sortilège.
Christian « Zouille » (Z) : Chanteur et unique rescapé de l’ancienne version.
Sébastien Bonnet (SB) : Sébastien « Shag » Bonnet, puisque c’est ainsi que l’on m’appelle depuis quelques années, bassiste de SORTILEGE depuis un an et avant dernier arrivé dans cette folle équipe.

FP : Avant d’aborder la récente reformation, est-ce que vous pouvez m’en dire un peu plus sur la reformation qui a eu lieu en 1992 pour un unique concert à La Locomotive ?

Z : Sincèrement je ne m’en souviens plus, je ne sais plus pourquoi on a fait ça. Je crois que c’est notre Manager qui nous a dit « tiens ce serait cool de faire un truc, pour voir comme ça ». Et nous avons été les premiers à être choqués de voir qu’il y avait autant de monde, c’était plein, sans aucune pub. C’était bien, c’était marrant, mais… je ne voyais pas trop pourquoi on faisait cela.

FP : Pourquoi, parce que tu n’avais pas assez de recul pour analyser l’impact que SORTILEGE avait eu durant sa courte existence ?

Z : Honnêtement je ne me souviens pas de cette période. Peut-être parce qu’il y avait une demande de la part d’un public. C’est bizarre mais je n’ai pas de souvenir de cela. Pour moi c’est très lointain.

FP : Parlons maintenant de la reformation récente. La manière dont j’ai vécu, c’est que tu (Zouille) t’es greffé à une reformation en cours, notamment pour un concert au Petit Bain en avril 2019, où tu interviens en tant qu’invité…

Z : oui, c’est ça.

FP : Et qu’au fil du temps tu évinces les autres membres comme un coucou qui fait son nid.

Z : Oui, c’est normal que tu aies cette vision, et je comprends que l’on puisse avoir cette vision lorsque l’on ne connait pas la genèse du truc. C’est vrai qu’au départ j’avais totalement laissé tomber le Metal, je faisais du Gospel et le Metal était loin derrière moi. Et puis, un membre du groupe m’a dit « tu sais on fait un tribute band de Sortilège, c’est sympa et pour le concert parisien ce serait bien que tu viennes pousser la chansonnette pour le public ». Je n’étais vraiment pas chaud du tout, parce que pour moi tout cela c’était terminé. Et puis le concert arrive, je monte sur scène et là… Waouh ! J’ai ressenti ce truc qui me liait avant avec le public, cet échange. C’était fort. Mais bon, on en reste là. Mais il se trouve qu’à ce concert il y avait Mehdi le patron de Verycords qui nous a dit : « Venez par-là les cocos, je suis fan de vous depuis des années, et au regard de la réaction du public, il faut absolument que vous fassiez quelque chose ». Je me suis dit, pourquoi pas, on va voir. Mais comme je connaissais déjà les oiseaux depuis 35 ans, je me dis, on va voir. Et on est parti dans l’aventure. Sont alors arrivés des choses qui ont fait que cela a explosé et que nous en sommes là aujourd’hui.

FP : L’article dans le dernier Rock hard (septembre 2021) est assez détaillé sur les raisons de cette reformation avortée et cela ne me semble pas utile d’y revenir. Mais est-ce qu’au moins à un moment les cinq membres d’origines se sont retrouvés ensemble ?

Z : Non, jamais. Il manquait toujours un élément. Et au moment où cela a failli se faire, le cinquième élément est arrivé et cela a tout bouleversé. Cela a mis le feu aux poudres et on est parti en sucette. Mais bon on sentait déjà bien que cela n’allait pas aboutir à grand-chose. Il y avait des membres du groupe qui voulaient prendre plus de place, d’autres qui n’étaient pas à leur place. Et ça ne marchait pas,

FP : C’est vrai que lors du concert au Petit bain, les anciens membres de SORTILEGE partageaient une même joie, mais avaient des niveaux de maitrise technique inégaux.

Z : Oui, c’est vrai. Et moi le premier, je n’avais pas le niveau vocal que j’ai aujourd’hui. J’étais dans le Gospel, et il était impossible pour moi de récupérer les notes que j’avais avant. Et à moins de réaliser un très gros travail on ne pouvait pas aller bien loin. Pour ma voix, j’ai été obligé de travailler pour parvenir à faire ce que je fais aujourd’hui.

FP : Et une fois que le constat que la reformation tant attendue n’est pas viable, comment on en arrive à la composition actuelle du groupe ?

Z : Après la scission, je suis parti avec Lapin, le bassiste. Il a alors fallu que l’on trouve des gens souhaitant continuer l’aventure. Il y a eu tout d’abord Farid Medjane (ex-TRUST) à la batterie, puis Bruno Ramos (ex-MANIGANCE) qui était déjà dans le groupe Tribute, à la guitare. Il y a eu encore quelques mouvements et il y a un an le bloc s’est soudé avec l’arrivée de Sébastien Bonnet et Clément Rouxel, et la présence de Nono (Ramos) et Olivier. Et c’est à partir de ce moment vraiment que l’on a eu la maison de disques, un financier, et que l’on a commencé à vivre une histoire particulière, un conte de fée.

FP : Sébastien et Olivier, comment avez-vous atterrit dans SORTILEGE ?

SB : Et bien moi, je suis l’avant dernier, Clément étant le dernier arrivé. En fait c’est Olivier qui m’a appelé l’année dernière pour me demander si cela me branchait de jouer dans SORTILEGE. Et comme j’étais fan du groupe il y a 30 ans, la réponse elle était vite répondu, comme on dit maintenant.
Z : Bravo ! Hahaha !
SB : Je ne parle pas comme ça moi, môssieur, j’ai une licence de Lettres. Ahahah. Et du coup j’ai dit oui, mais à l’origine ce n’était que pour du dépannage à l’occasion d’un concert à L’Elysée Montmartre qui n’a finalement pas eu lieu. Mais j’ai indiqué que j’étais disponible pour dépanner et puis petit à petit je suis resté. Et lorsque Farid est parti et qu’il a fallu trouver un nouveau batteur j’ai recommandé Clément, sachant qu’il était un peu plus jeune que toute la bande, mais bon, il a été auditionné et cela a marché. Je n’avais pas trop d’inquiétude sur la technique du gars, car comme tu dois le savoir, nous les bassistes nous aimons bien bosser avec les batteurs. Mais il fallait que cela le fasse au niveau humain, et apparemment ça l'a fait et voilà comment Clément est arrivé.

FP : En préparant notre échange je me suis aperçu que dans l’entourage d’Olivier il y avait 3 ex-membres de ZUUL FX : Aurel dans SATAN JOKERS, Clément et Sébastien dans SORTILEGE. Olivier, est-ce que tu ne serais pas une sorte de mère maquerelle du Hard Rock français ? Plus joliment dit, une plaque tournante du mercato musical ?

Z : Une marieuse plutôt, c’est plus joli.
OS : C’est un peu le cas. Je ne connaissais pas Clément. Mais j’ai fait beaucoup de choses dans le passé, et comme je suis sur le terrain depuis longtemps je connais beaucoup de monde.
Z : Olivier, c’est notre pierre angulaire. C’est quelqu’un qui est indispensable, sans lui nous aurions laissé tomber SORTILEGE. C’est lui la clef de voûte de l’édifice du groupe.
SB : Et puis il a le nez pour trouver les bonnes personnes…
Z : Et tu ne dis surtout pas ça parce que c’est lui qui t’a déniché…
SB : Blague à part, Olivier c’est le centre qui réunit plusieurs musiciens d’horizons différents et leur permet de se rejoindre pour former un tout. Olivier savait très bien que j’étais un fan du groupe, et à un moment donné il m’a contacté.

FP : Et donc le dernier album, « Phoenix », il nait d’une idée du patron de Verycords ?

Z : Oui, exactement.
OS : En fait, à l’époque où on se disait qu’on allait travailler ensemble, il est venu dans mon studio pour écouter les maquettes que l’on avait travaillé pour préparer les concerts. La complexité technique de SORTILEGE fait que tu ne peux pas simplement prendre les albums et répéter dessus.

FP : Pour quelle raison ?

OS : Le répertoire de SORTILEGE, je l’ai appréhendé en 2009 lorsque j’ai travaillé sur l’album « Zouille Hantson » (2012). A l’époque on a utilisé la même méthode. On a « maquetté » parce qu’il était difficile de discerner les structures à l’intérieur de la production de l’époque. Donc en tant que musiciens ordonnés ce qui est le cas avec l’équipe de Renaud Hantson, la première démarche était de tout réorganiser l’interprétation des morceaux de A jusqu’à Z. Et là, comme il y avait de nouvelles reprises, on a utilisé la même méthode. Ce sont ces maquettes qui ont été écoutées par Mehdi (Patron de Verycords) qui a trouvé béton nos réinterprétations d’anciens morceaux et nous a dit qu’il y avait là matière à faire un nouvel album. Ce qui permet de montrer au public comment on peut faire revivre des anciens morceaux avec une nouvelle équipe, avant de revenir avec de nouveaux titres. Il a appelé cela un « buffer », un tampon permettant de faire la relation entre il y a 35 ans et maintenant.

FP : Et quid de la présence des deux titres originaux ?

SP : C’est aussi son idée. Créer deux nouvelles chansons pour prouver que nous étions capables d’en faire.

FP : Qu’est-ce qui a dicté le choix de la manière d’interpréter ces anciens morceaux, qui a défini le point d’équilibre entre respect des originaux et innovation ? C’est plus un choix artistique ou c’est lié à ces contraintes techniques ?

OS : Les deux. La base c’était les maquettes qu’on avait. Ensuite on a procédé par étapes avec toujours à l’esprit les anciennes versions pour ne pas perdre le fil de ce que les gens attendaient. C’était très compliqué parce qu’il fallait faire un mélange de nouveautés sans oublier le passé. Ce, avec une grosse attente. Et que les productions de l’époque, tout le monde les décriait, mais en même temps tout le monde en était fan. D’ailleurs il y a eu quelques critiques sur le fait que le son était plus rond et avait perdu un peu de charme par rapport à l’époque. Ce que l’on peut comprendre.

FP : Cela a été en effet ma première impression lors de l’écoute du premier extrait de Phoenix sur Youtube, donc pas forcement dans de bonnes conditions techniques. Le sentiment d’un son très massif, notamment la batterie. Et ce n’est pas ce que j’attendais de SORTILEGE. Mais l’écoute de l’album dans de bonnes conditions a gommé cette réticence.

OS : Oui, cela a été beaucoup de travail. Par exemple, il a fallu faire des choix d’amplis pour coller à la tessiture de Christian. On aurait pu apporter un son un peu plus proche des originaux si on avait utilisé les mêmes amplis, mais ce n’est pas ce que nous voulions. Il fallait apporter un son nouveau. On aurait été critiqué si on avait fait une copie conforme.

FP : De toute façon l’équation elle n’était pas facile, tant au niveau musical qu’au niveau textes. Et sur ce dernier point j’ai été très impressionné. Car je me demandais s’il était facile de chanter les textes de SORTILEGE de l’époque à plus de 50 ans ?

Z : Oui, cela ne me dérange pas.

FP : Je parle bien des textes. Je pense à un titre comme « Chasse le Dragon » qui peut paraitre un peu désuet de nos jours.

Z : De toute façon je suis toujours dans cette optique-là, à vouloir raconter des histoires. Tu le verras dans le prochain album, c’est dans le même style. Je raconte toujours des histoires qui peuvent paraitre un peu premier degré au départ, mais derrière il y a toujours une recherche, une métaphore. C’est un peu comme les fables de La Fontaine qui ont leur intérêt quand on les prend au second ou troisième degré. Si tu écoutes « Chasse le dragon », il y a la notion de chasser le mal en soi et de revenir vers plus de naturel.

FP : Cela me semble plus évident sur les deux nouveaux morceaux que sur certains anciens textes.

Z : C’est normal, il y a également une question d’âge, de maturité. C’est vrai que quelque fois il y a des morceaux que je chante qui me font un peu chier. J’avoue que « Majesté »… pfff. Il y a des morceaux de ce type qui aujourd’hui… disons que cela m’emmerde de les chanter, mais il faut le faire car le public aime bien. Et puis, il y a aussi le paramètre du son. Il n’y a pas que les mots il y a également leur sonorité : Dans « Chasse le dragon », dans « Majesté », il y a des consonances qui sont bien imbriquées dans la mélodie et qui ont une belle musicalité. C’est vraiment un tout.

FP : L’album prévu pour 2022, il est déjà composé ?

Z : Oui, il est bouclé.

FP : Qui est l’auteur des textes ?

Z : C’est moi. J’écris toujours les mélodies et les textes. Je travaille avec Olivier ou Bruno, ou avec quelqu’un du groupe qui veut me proposer des accords, et dessus je trouve une mélodie, que je fais en yaourt. Cela fait surgir le thème, et une fois que j’ai le thème, j’écris le texte en français.

FP : Est-ce que c’est figé dans le marbre que Zouille soit le seul écrivain ? Ce qu’il y a derrière ma question c’est ce que le groupe a d’autre ressources dans le domaine ? Je pense notamment à Sébastien, qui a déjà déclaré qu’il projetait de travailler sur un projet où il ferait tout, notamment la composition et l’écriture.

Z : Pour l’instant c’est déjà très difficile de trouver une histoire, de la faire rimer, de trouver les bons mots. Et il faut que cela me corresponde. Je n’ai jamais chanté les textes de quelqu’un.
OS : Cela n’arrivera pas.
SB : Pour moi qui écoutais SORTILEGE quand j’étais ado, au-delà des histoires, ce groupe c’était la voix, c’était le texte. C’était un des rares groupes dont je pouvais chanter les textes par cœur. Aujourd’hui, faire partie de ce groupe c’est super cool, on s’entend super bien, et le résultat il est excellent. Mais pour moi, Christian est le chanteur du groupe. C’est le gars qui écrit les histoires que moi j’ai envie d’écouter. Elle est bien ta question, mais il ne me viendrait pas à l’idée de proposer un texte. Encore, un riff à la con, pourquoi pas, mais un texte, cela ne me viendrait pas à l’idée. Donner son avis, comme le fait Olivier (plus souvent que moi), sur l’interprétation, sur le fait que cela soit trop haut, trop bas, pas de souci. Mais écrire, Olivier a dit le mot : cela n’arrivera pas.
OS : C’est tellement une alchimie de finaliser un morceau que quand le texte arrive, on est déjà en fin d’un très long parcours. Donc quand le texte arrive c’est que le morceau est déjà finalisé à 99%. On ne peut pas commencer en se disant j’ai une idée de texte. Cela commence par de la musique qui lui sonne dans les oreilles ou pas. Et éventuellement cela continue par une maquette sur laquelle il y aura un yaourt, puis éventuellement un texte en français. Et éventuellement cela deviendra un morceau. Mais il y aura plein de rejets.
Z : Oui, il y a du déchet. Il y a plein de morceaux terminés de A à Z, avec du texte qui ont été écartés.
SB : Et qui sont bien en plus…

FP : Tu disais que tu as toujours écrit tous les textes de SORTILEGE, pourtant il y a une édition de 1998 de « Larmes de héros » ou c’est feu le journaliste Louis Bourgade qui est crédité pour les textes. A quoi cela est dû ?

Z : Et il revendique les textes ?

FP : Il ne les revendique pas, il est crédité sur l’album en tant qu’auteur des textes.

Z : Ah bon !? Je ne le connais pas, donc ça doit être une erreur. On aurait pu penser que l’on parlait des versions anglaises, mais c’est Vic Vergeat qui les a faite, donc cela ne peut pas être ça. Mais je peux t’assurer que tous les textes et toutes les mélodies sont de moi.

FP : Quelles sont les attentes de votre maison de disque, Verycords, sur une reformation comme celle de SORTILEGE ?

Z : Ben, c’est d’abord de vendre des disques, et puis de nous promouvoir. D’abord sur le plan national et ensuite au plan international. Et apparemment « Phoenix » reçoit un succès inespéré. A priori nous sommes classés troisième des vente métal, devant un poids lourd comme GOJIRA. Donc, ce qui était à l’origine un produit d’appel devient un disque que l’on va faire vivre, qui va avoir sa propre vie. Et de ce fait, on sortira le prochain album plus tard que prévu. Il était censé sortir en février 2022, avant notre tournée, et il devrait finalement sortir après la tournée.

FP : Sachant qu’il est déjà bouclé ?

OS : Non, il n’est pas vraiment bouclé. Il est terminé en écriture.
Z : Les maquettes et les titres sont prêts mais il reste un peu de travail.

FP : A quoi correspond le titre : Apocalypso ?

Z : Au départ je voulais l’appeler « Apocalypto », mais on m’a indiqué qu’il y avait un film de Mel Gibson du même nom, alors j’ai changé pour « Apocalypso », qui sonne très bien.
OS : Et il y a un morceau sur l’album qui porte ce nom.
SB : Pour revenir sur les atteintes de Verycords, il faut savoir que Mehdi, son patron, est un grand fan de SORTILEGE. Et même si leur objectif c’est de vendre des disques, à la base c’est un truc de cœur. Il voulait se faire plaisir.

FP : Combien de titres comportera ce futur album ?

OS : 9 titres, dont certains assez longs.
Z : Ce sont des titres avec de fortes personnalités. Pour moi c’est l’album de SORTILEGE le plus abouti, joué par de vrais musiciens avec des super inspirations, que ce soit au niveau des solos ou des compositions. On a travaillé comme des fous, fait maquettes sur maquettes. Et on a un super album dont je suis hyper amoureux. Chose que je ne suis pas forcément avec les précédents. Celui là je suis vraiment amoureux de lui, c’est quelque chose d’extraordinaire. On verra ce que cela va donner, mais si je le sens au fond de mes tripes, je pense que le public le sentira aussi.

FP : Qu’est-ce qui unit les membres du groupe ?

Z : C’est le projet qui nous réunit, c’est l’amitié qui est en train de naitre, parce que l’on ne se connait pas tous très bien. Moi je connais Olivier depuis très longtemps. Mais Sébastien, c’est un petit jeune que je ne connais que depuis un an, comme Clément. Bruno je le connais depuis quelques temps. Et je trouve avec ces gens ce que j’aurai aimé connaitre il y a 35 ans avec SORTILEGE et que je l’on n’a pas vécu. Ces dialogues, tu vois comment cela se passe : il n’y a pas d’histoire d’égo. On a un truc à dire, on le dit, dans le respect, chose qui n’existait pas à l’époque.
SB : Et on a vécu un nouvel an ensemble qui a scellé les liens du groupe, avec les nouveaux arrivants. Parce que par exemple Bruno, je le voyais très peu car il habite dans le Sud. Cette soirée nous a permis de nous connaitre, a permis à chacun de s’imbriquer dans un collectif, de trouver sa place sans empiéter sur l’espace des autres.
OS : C’est là que l’on sent l’importance d’avoir tous déjà fait l’expérience de la vie dans un groupe. Cela nous permet de prendre notre place, mais pas plus.
Z : Dans un groupe ce qui est primordial c’est l’humain. Si quelqu’un est un super technicien mais qu’humainement ça ne va pas, on ne peut pas travailler ensemble. L’inverse est possible, il faudra travailler, avoir la volonté de progresser, mais c’est possible.

FP : Sébastien, le fait de venir d’un horizon musical un peu plus dur que SORTILEGE, avec ZUUL FX, n’est-il pas un obstacle en termes d’intégration ?

SB : Effectivement on fait du Heavy Metal, mais on est avant tout des musiciens, nous avons des vies à côté et nous faisons autre chose que ce type de musique, heureusement. C’est le cas de tout le monde dans le groupe. Il n’y a pas de métalleux de base dans SORTILEGE qui resterait bloqué sur un style. Je crois que nous sommes tous très ouverts ce qui permet d’avoir un dialogue riche. Dans SORTILEGE on fait de la musique avant de faire du Metal.
Z : Moi, je fais du Gospel, par exemple.
SB : Je pense que si Christian est amoureux de ce disque, c’est en grande partie parce que c’est un disque ultra musical. Ne nous voilons pas la face, ce sera malheureusement un énième disque de Metal lors de sa sortie, mais je pense qu’il peut émerger du lot parce que c’est un disque où nous nous sommes dit : faisons de la musique avant de faire du Metal.

FP : Olivier, qu’est ce qui a fait que tu sois passé de simple musicien dans un groupe à Grand manitou de l’organisation, de la Production ?

OS : En fait, j’ai toujours fait ça, depuis le début. J’ai toujours été un technicien, un organisateur, à part dans le projet de SATAN JOKERS qui est la main mise de Renaud HANTSON. Même dans SHAKIN STREET, j’ai très vite été amené à faire de la co-production de la co-réalisation.
Z : D’où son importance, C’est vraiment la pierre angulaire du groupe. Non seulement il participe à la création, mais techniquement il nous apporte énormément. Heureusement qu’il est là, sinon cela aurait été une galère. Il a un studio, on peut enregistrer quand on veut, on fait ce qu’on veut. C’est très important aujourd’hui.

FP : Zouille, cela fait quoi de voir d’autres chanteurs prendre le micro de SORTILEGE ?

Z : J’ai toujours été honoré de voir cela, j’adore. Et quelque fois, j’avoue que je suis obligé d’admettre qu’ils chantent mieux que moi. C’est notamment le cas avec la reprise de « Messager » par MANIGANCE, je trouve que l’interprétation du chanteur était meilleure que la mienne et la réalisation également. Même chose avec les chanteurs(ses) qui ont participé au groupe tribute de SORTILEGE. Alexis Roy-Petit (HURLEMENT) par exemple est un super chanteur qui interprétait certaines chansons mieux que moi. Parce qu’il a cette voix, il a la jeunesse, il a cette capacité à monter que je n’ai plus.

FP : Et ça ne fait pas un petit pincement amer au cœur ?

Z : Ah non, je suis vachement fier, je suis honoré. Quand je vois Linda (Basstarde) chanter mes textes cela me faisait très plaisir, et je la laissais volontiers chanter.

FP : Est-ce qu’il y avait de l’amertume lorsque SORTILEGE s’est arrêté dans les années 80 ? Le sentiment que vous n’aviez pas récolté ce que vous méritiez ?

Z : De mon côté jamais, je ne regrette pas mes choix. Eux, ils étaient un peu plus… Ils pensaient qu’on irait un peu plus loin, ils auraient aimé aller un plus loin. Pas d’amertume non. Quand j’ai pris une décision, j’y vais.

FP : Est-ce qu’il y a un avenir pour SORTILEGE après « Apocalypso » ?

Z : Oui, j’espère. On parle déjà du Sweden Rock Festival, du Wacken, d’une tournée en Amérique latine, au Canada. Oui, bien sûr.
OS : Et puis au niveau des compositions il y a toujours de l’avenir.
Z : Oui, on ne doit pas être dans l’attente, on doit toujours avoir un album d’avance.

FP : Est-ce qu’il y a une différence entre les 2 inédits présents sur « Phoenix » des 9 titres qui seront présents sur « Apocalypso » ?

OS : Oui, les 2 inédits qui sont déjà parut s’insèrent parfaitement dans l’ancien répertoire, alors que ce ne sera pas forcément le cas sur le prochain album. Il y aura quelques surprises. Notamment du Down tuning, sur 2 ou 3 morceaux, c’est-à-dire des guitares accordées de manière différente. Je ne crois pas que le public s’en rendra vraiment compte mais cela donne un spectre vocal un peu plus large, parce que l’on descend plus bas. Et cela donne un son encore plus massif. En fait, c’est une histoire de couches : on a la voix de Christian qui a évolué, qui est un peu moins aigue et beaucoup plus de grave. Et donc on doit trouver un son de guitare qui doit correspondre à la fréquence nécessaire à ce que sa voix passe au travers. Une fois que les guitares rythmiques ont été trouvées, on fait la même chose avec les guitares solo. C’est peut être con, mais 10 amplis de guitare différents avec le même solo, cela va sonner différemment. Une fois ces couches en place, on va avoir le couple basse / batterie qui va se placer « naturellement ». Si on a un son de guitare massif, il faut que la batterie soit hyper précise. Et inversement on a une basse qui est un peu moins discernée que ce que l’on trouvait à l’époque parce que les guitares ont bouffé des fréquences de la basse. Le tout fonctionne très bien, mais il y a des gens qui ont critiqué parce que l’on ne discernait plus exactement certaines harmonies que faisait Lappin (le bassiste d’origine). C’est un choix. Les guitares et la grosse caisse ont bouffé des fréquences, et de ce fait, les notes aigues de la basse ont été réduites au profit du son global. Tout part de la voix. Ce sont des choix qui ont pour but d’enrober la voix.

FP : Sur la reprise de « Délire d’un fou », la voix se fait plus trainante, plus émouvante, plus Blues. Est-ce un choix artistique ou une contrainte liée à l’évolution de ta voix ?

Z : Disons que sur le morceau d’origine je montais très haut en permanence, et ça, ça me gave. Et surtout, je ne sais même pas si techniquement je pourrais encore le faire. Et donc il y a effectivement cet aspect un peu bluesy que ma voix a, parce que j’ai perdu en aigue. J’ai ouvert mon spectre de grave, cela t’a gêné ?

FP : Non, pas du tout. Je trouve au contraire que c’est une belle réussite.

Z : A l’époque, c’était la course à celui qui poussait le plus haut. On était jeunes, nous étions tout-fous. Mais maintenant cela ne sert plus à rien. On a plus rien a prouver. On fait ça pour se faire plaisir, et faire plaisir aux fans également. Ce qui est passé est passé.

FP : Merci pour votre temps, et un grand merci pour cet excellent dernier album. En espérant que le prochain soit tout aussi bon.



Le 10/10/2021 par NESTOR

Oui, j'ai lu également le "droit de réponse" de Didier Demajean qui ne clarifie pas la situation et rend les choses un peu plus obscures et tristes.
Mais le ton du bonhomme est plutôt "apaisé", et si on sent de l'amertume et le besoin de donner sa version des évènements, j'ai trouvé cela digne et responsable. Espérons que l'avenir nous procure deux versions de Sortilège...


Le 10/10/2021 par BAKER

Update après lecture de Rock Hard : c'est triste. C'est très très triste. Vraiment.


Le 17/09/2021 par BAKER

Entre cette itw et celle de Rock Hard, Z m'apparait sous un autre aspect. Je comprends maintenant pourquoi il s'est bien entendu avec Renaud (le vrai chanteur, pas CELUI-DONT-ON-NE-DOIT-PAS-PRONONCER-LE-NOM).

J'écouterai Phoenix mais autant je pense que les désormais ex-Sortilège ne sont pas tout blancs, autant ces deux itw m'ont fait tiquer plus que de raison.



             



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