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Klaus Schulze : Un génie faillible mais si attachant
Par AIGLE BLANC le 6 Mai 2022 Consulté 374 fois

Klaus SCHULZE vient de nous quitter à l'âge de 74 ans, des suites d'une longue maladie (la pancréatite) l'ayant nargué à plusieurs reprises ces vingt dernières années. Ce Génie de la musique électronique s'est éteint en toute discrétion, dans l'indifférence relative des journalistes français.

La place qu'occupe l'artiste allemand dans le coeur des Français demeure des plus paradoxales : alors qu'il a joui dans l'Hexagone d'un véritable succès critique comme public, durant la courte période s'étalant de 1975 à 1980, et bien qu'il ait conservé une très solide et fidèle base de fans l'ayant accompagné au cours de sa longue et riche carrière, sa notoriété a fini par se diluer dans l'indifférence progressive de l'oubli.

Pourtant, sa productivité n'a quasiment jamais subi de périodes creuses ni de traversée du tunnel. Alors, comment expliquer le détachement de la presse spécialisée vis-à-vis de son oeuvre ?


Il est évident que les artistes dont la carrière franchit plusieurs décennies consécutives, et dont la discographie succombe plus ou moins à un effet de routine, finissent par lasser l'auditeur et les critiques. Dans la sphère électronique, les pionniers des années soixante-dix que sont TANGERINE DREAM, Vangelis O' PAPATHANASSIOU et Jean-Michel JARRE ont connu ce revers qui consiste à devenir presqu'invisibles puisque 'faisant partie des meubles', la presse n'ayant de cesse de se tourner vers la nouveauté dans l'espoir de dénicher les futurs talents de la musique populaire.

Plusieurs caractéristiques récurrentes dans la démarche créative de Klaus SCHULZE l'ont peut-être handicapé jusqu'à décourager même ses fans les plus ardents : ce musicien instinctif, adepte de l'improvisation, n'a jamais maîtrisé l'art de la concision. Il le reconnaissait lui-même lorsqu'il avouait avoir besoin de temps pour convier l'auditeur au voyage cosmique promis. L'excessive durée de ses compositions (une moyenne approximative de 20 minutes par titre) n'est donc pas du tout le fruit d'une posture auteurisante, contrairement à ce que d'aucuns pourraient penser, mais plutôt le résultat d'un esprit analytique incapable d'adapter son génie au format radio de 3 ou 5 minutes. Dans sa période dorée des années soixante-dix, la conception symphonique de son art, aidée par un sens intuitif exceptionnel, l'amène à élaborer de véritables cathédrales sonores dont les pics insurpassables se nomment "Wahnfried 1884" (Timewind, 1975), "Floating" (Moondawn, 1976) et "Velvet Voyage (Mirage, 1977). Or, une fois passée sa grande époque, son intuition perdant de sa superbe, ses amples fresques finissent par tourner en rond jusqu'à devenir automatiques, figées. En témoignent "Synthasy" (Dig It, 1980), "Silent Running" (Trancefer, 1981) ou l'éponyme "Inter*Face" (1985) qui, sans être inintéressants, auraient gagné à être raccourcis d'au moins dix minutes.

Conséquemment à sa tendance à l'épanchement excessif, SCHULZE n'a jamais su conclure ses compositions qui s'achèvent le plus souvent de façon aléatoire, sans nécessité vitale, ce qui en atténue immanquablement la portée. Des titres comme "Voices of Syn" (Blackdance, 1974), "Ludwig II. von Bayern" (X, 1978) et, plus tard, les pièces ennuyeuses que sont "Sebastian Im Traum" (Audentity, 1983), tout l'album Babel (1987), l'éponyme "En=Trance" (1988), "Gringo Nero" (Beyond Recall, 1993) traversent des couloirs infinis d'où suinte l'ennui. Sur ce point, peut-être la clé des grandes réussites que sont "Wanhfried 1884" (Timewind), "Velvet Voyage" (Mirage) ou "P:T:O" (Body Love, 1977) réside-t-elle dans la virtuosité de leur conclusion, comme si SCHULZE, trancendé dans sa propre démarche créative, avait, ces fois-là ne sont pas coutume, enfin trouvé la fin adéquate. A l'opposé, il réussit davantage ses longues introductions, bien que parfois assez peu accrocheuses.

Même lorsqu'il retrouve un regain d'inspiration à l'orée des années 2000, sa façon jusqu'au-boutiste d'exploiter une seule idée, même excellente, au-delà de la décence, concourt à décharner des titres comme ceux du dyptique Vanity of Sound (2000), ceux de Virtual Outback (2002) et de Moonlake (2005) et, surtout, de Shadowlands (2013), sans oublier l'ennui sidéral de Farscape (2008), premier volume de sa collaboration pourtant prestigieuse avec Lisa Gerrard.

La monumentale et pléthorique production de Klaus SCHULZE ne plaide pas trop en sa faveur non plus, rendant impossible le maintien d'un haut niveau de qualité artistique. L'intéressé lui-même a très tôt été clair sur le sujet : dans le livret intérieur de la pochette ouvrante de Mirage (1977), il expliquait déjà que l'art selon lui est une question de quantité et non de qualité. Autrement dit, la créativité est le seul critère par lequel on puisse définir un artiste, la qualité n'entrant pas en compte dans l'appréciation de son oeuvre. Si son avis, que partagent d'autres artistes (notamment le pape de l'ambient Steve ROACH), est certes contestable, force est de constater que Klaus SCHULZE lui est resté fidèle tout au long de sa carrière, ne dérogeant jamais à ce principe.

Malgré tout, cela ne l'a pas empêché, à l'instar d'autres musiciens et compositeurs, de connaître une période faste (en terme de réussite artistique) que ses fans originels et la critique spécialisée situent dans les années soixante-dix, soit les dix premières années de sa carrière en solo, couronnées d'au moins deux chefs-d'oeuvre : l'étourdissant Timewind (1975), unanimement acclamé (y compris en France par l'académie Charles Cros qui lui décerne son prix récompensant le meilleur disque de l'année), demeure la matrice probable du séminal Oxygene de J-M JARRE. La légende raconte que l'artiste aurait exécuté et enregistré Timewind simultanément, en une seule nuit. Quant à Mirage (1977), s'il demeure plus difficile d'accès, il soutient la comparaison avec Timewind pour s'imposer encore aujourd'hui comme un jalon incontournable de la musique électronique, une démonstration jamais égalée dans l'utilisation des instruments analogiques de l'époque, et notamment du célèbre Moog synthétiseur que SCHULZE avait acheté à son compatriote Florian Fricke, leader de POPOL VUH. Pour certains, le double-album X (1978) serait le pic de sa discographie, dans lequel il rend un hommage impressionnant autant que vibrant à la musique classique, arrachant à ses claviers des sonorités de cordes parmi les plus belles qui soient pour l'époque. Son maître Wagner en serait fier.

Bien que les autres opus des années soixante-dix ne puissent prétendre à la même unanimité, ils n'en demeurent pas moins souvent exceptionnels, comme Moondawn (1976), Bodylove (1 et 2, 1977) et, surtout, Dune (1979) où SCHULZE introduit (idée aussi brillante qu'incongrue) le violoncelle romantique de son ami Wolfgang Tiepold.

Les années quatre-vingt marquent le pas en terme d'inspiration : Klaus SCHULZE doit s'adapter à la nouvelle technologie des instruments et enregistrements digitaux qui injectent dans le rendu sonore une plus nette froideur l'obligeant (à l'instar de TANGERINE DREAM) à déployer une musique plus robotique, infiniment moins chaleureuse voire impersonnelle, ce qui lui fait perdre l'essence de son onirisme initial. C'est également lors de cette décennie qu'il fait le choix audacieux, et risqué pour sa notoriété, de viser uniquement le marché européen, alors que son confrère Edgar Froese (leader de TANGERINE DREAM) choisit quant à lui le marché américain. Il démontre ainsi son attachement indéfectible au vieux continent aussi bien que son intégrité artistique qui lui fait privilégier sa propre musique au détriment du succès international. Dig It (1980), Trancefer (1981), Audentity (1983), Inter*Face (1985) sont autant d'albums certes controversés, qui le voient quelquefois flancher, mettre un pied à terre (aggravé par le fléau de l'alcoolisme qui sabote sa clairvoyance à l'époque où il se prend de plein fouet l'échec commercial de son propre label Innovative Communication), mais où perce régulièrement son génie dans sa manière de façonner la matière sonore et de l'organiser.

Durant les années quatre-vingt-dix, sa productivité ne ralentit d'aucune façon, mais il lui est plus difficile de dompter la technologie numérique. Si le son s'élève à une perfection inédite, c'est au détriment de sa beauté esthétique ainsi que de sa sensibilité.


Si Klaus SCHULZE, malgré une carrière des plus inégales, demeure un génie de la musique électronique, il ne s'est jamais départi d'une humilité rare et infaillible envers tous ses fans. Je ne connais pas beaucoup d'artistes de sa renommée ayant témoigné à leur public, tout au long de leur vie, un respect aussi constant. C'est lui qui, à partir des années quatre-vingt-dix, livre à ses fans trois coffrets The Silver Edition (1993, 10 CD), Historic Edition (1995, 10 CD) et Jubilee Edition (1997, 25 CD) regroupant enregistrements de concerts, titres de studio et versions alternatives de pièces connues, le tout parcourant l'ensemble de sa carrière depuis les années soixante-dix jusqu'aux années quatre-vingt-dix, cadeau d'autant plus généreux quand on sait que chacune de ses prestations en public proposait de la musique intégralement inédite. Imaginez ce que vous ressentiriez si votre groupe (ou artiste) préféré, de son vivant, lançait sur le marché 50 CD de musique inédite synthétisant sa carrière.

La générosité de K. SCHULZE est telle qu'elle atteint parfois ses limites quand, notamment, il fait publier à partir de 2009 la série La Vie Electronique, composée de 16 volumes de 3CD chacun et proposant le même contenu que celui des trois coffrets cités plus haut, ce qui pourrait être perçu comme une arnaque se justifiant par la volonté de l'artiste de corriger l'erreur lui ayant été reprochée de ne pas avoir respecté l'ordre chronologique des enregistrements inédits lors des trois premiers coffrets en question. Le fan qui n'avait pas encore investi dans lesdits coffrets avait la possibilité de rattraper sa lacune avec le bénéfice d'une rétrospective réorganisée en terme de chronologie.

Quand les fans d'un groupe lambda se désolent des rééditions dépourvues du moindre inédit, donc de la moindre valeur ajoutée, ceux de K. SCHULZE bénéficient de rééditions des plus généreuses, enrichissant systématiquement chaque album initial d'une forte rasade de bonus. A partir de 2006, le label allemand Revisited Records réédite une bonne centaine d'albums de SCHULZE, chacun agrémenté d'un ou de plusieurs bonus, soit en moyenne une vingtaine de minutes supplémentaires de musique. Ces bonus sont d'une telle valeur historique que le fan gagne à se procurer ces nouvelles éditions qui en sortent enrichies et nullement dénaturées, contrairement à ce que laisserait à penser la présence des suppléments. En effet, Klaus D. Müller, le manager de Klaus SCHULZE, a pris soin de sélectionner pour chaque album des bonus datant de la même période d'enregistrement, respectant ainsi la cohésion stylistique de l'album concerné. C'est ainsi que l'album Blackdance (1974) bénéficie de deux pistes supplémentaires ("Foreplay" et "Synthies Have (no) Balls ?") de qualité égale voire supérieure aux trois autres titres originels. Les rééditions des deux Body Love nous enchantent par l'adjonction des excellents inédits que sont d'une part "Lasse Braun" et, de l'autre, "Buddy Laugh" qui prolongent idéalement les atmosphères mélancoliques des deux opus fraternels. La palme du bonus rehaussant un album, par ailleurs médiocre, au rang de grande réussite revient à "Silent Survivor", supplément de la B.O de Angst (1983). Ce titre de 31 minutes surpasse tout l'album d'origine au point qu'on peut se demander pourquoi SCHULZE l'avait relégué dans le cimetière de ses enregistrements oubliés. C'est bien simple, je ne peux plus écouter cette B.O dans son édition première. L'autre perle ajoutée en bonus qui sublime l'album réédité est à dénicher dans la nouvelle édition de Dig It. Ici, le bonus "Linzer Stahlsinfonie" prend la forme d'un DVD de soixante minutes proposant la captation d'un concert génial donné par SCHULZE en 1980, en Autriche, dans le cadre d'un festival qui l'a vu investir la scène Brucknerhaus de Linz, tandis que des caméras de télévision diffusaient en arrière-plan, sur un écran géant, des images en direct des sidérurgistes en activité de l'usine VOEST-ALPINE, les sons métalliques de la forge se trouvant intégrés à la musique de SCHULZE, de sorte que les sidérurgistes devenaient en quelque sorte comme les membres d'un groupe accompagnant le synthétiste. A la fin du concert, les ouvriers l'avaient rejoint sur la scène sous les applaudissement du public ayant assisté à une performance anticipant la musique industrielle. Malgré la piètre qualité télévisuelle de la captation, ce DVD permet d'attirer l'attention sur un concert révolutionnaire faisant entrer SCHULZE dans le clan fermé des authentiques avant-gardistes.

Bien entendu, certains bonus de ces rééditions n'atteignent pas ce niveau, mais ils restent globalement très intéressants.

Grâce à Revisited Records, Klaus SCHULZE a pu enfin regagner les droits de ses albums de la première période, notamment ceux édités par Virgin. Une photo très émouvante le montre assis par terre chez lui, face à ses albums réédités et étalés à ses pieds, grand moment d'émotion, dit-il avoir ressenti alors, accentué par le sentiment de réappropriation de son oeuvre et par le constat évident du parcours accompli.


Bien que son nom soit associé à une remarquable carrière solo, Klaus SCHULZE ne s'est jamais comporté comme un génie solitaire, contrairement à VANGELIS. Il n'a en effet jamais été avare de collaborations diverses, que ce soit avec Arthur Brown/Ernst Fushs/Ian Wilkinson/Lisa Gerrard (au chant), Harald Grosskopf/Michael Shrieve/Fred Severloh (à la batterie), Manuel Göttsching (à la guitare électrique), Rainer Bloss/ Andreas Grosser/ Pete Namlook (aux claviers), sans oublier le groupe Richard Wahnfried qu'il avait fondé à la fin des années soixante-dix.


Klaus SCHULZE a vécu pour et par la musique qui a empli sa vie, et la nôtre avec ravissement.



Le 25/05/2022 par BRADFLOYD

Superbe texte rendant hommage à celui qui m'accompagne depuis la sortie de moondawn, pour moi chef-d'oeuvre intemporel. Merci à toi, Aigle Blanc


Le 09/05/2022 par BAKER

@CHIPS : Non seulement c'est une anecdote totalement véridique, mais j'ai connu des gens travaillant dans des maisons de disques pas du tout étonnés... voire c'était le protocole... je n'ai pas le droit de te raconter la pire anecdote que je connaisse mais disons que celle de Schulze est la seconde pire anecdote que je connaisse de ce merveilleux business si humain et si professionnel.

@AIGLE : On est tout à fait d'accord et c'est ce que j'avais écrit sur mes kros de feu DDS : TD et Klaus en live l'un après l'autre. Le premier c'est des feux d'artifice, deux belles filles qui s'époumonnent, des guitar hero qui shreddent comme des maboules, des tubes à foison, et c'était sympa, mais génial mais sympa.

Et ensuite un pauvre hère en pyjama blanc qui triture trois synthés modulaires à rasion d'une note par minute, et le public devient HYSTERIQUE. Et il le sait, et il en joue, et ... voilà, énorme live. Ce n'est pas que celui de TD était mauvais, loin de là. C'est que Klaus a tué le game façon Duke Nukem.


Le 09/05/2022 par AIGLE BLANC

Merci à vous pour vos retours chaleureux que Klaus Schulze mérite amplement. Merci à toi Walter, autre fan devant l'éternel. Si tu avais rédigé cet édito, il eût été aussi passionné que le mien, je n'en ai nul doute.
Merci à toi Baker de revenir un peu plus nous rendre visite à F.P. En effet, tu as compris que j'étais détenteur du DVD "Rheingold Live at the Loreley". La raison première qui m'a poussé à me procurer ledit Live, c'est le Festival de Loreley des 17, 18 et 19 juillet 2008 (si mes souvenirs sont bons), festival auquel j'ai assisté (en réalité, j'avais réservé ma place pour une journée seulement). Le soir où a été filmé le set de Klaus Schulze, c'est lui qui clôturait la journée et la soirée. Et figure-toi que son set était précédé de celui d'un autre groupe mythique : Tangerine Dream. La présence de Schulze et de T.D m'avait convaincu de me déplacer jusqu'en Allemagne, dans la ville de Loreley (située au bord du fleuve) pour écouter pour la seule et unique fois de ma vie les sets respectifs de mes deux artistes ou groupes fétiche.
Le set de T.D était professionnel comme il se doit, mais plutôt décevant car peu habité. Celui de Klaus Schulze fut un grand et beau moment d'émotion (ah, l'absolue pureté du son émanant de ses machines !), tandis que l'intervention de la diva Lisa Gerrard a suscité elle aussi un flot émotionnel palpable dans toute l'assemblée.
Après son concert (bien deux heures de durée), alors qu'il devait être facilement 1h30 du matin, Klaus Schulze a patienté au moins deux heures supplémentaires sur place afin de signer des autographes, toujours avec le sourire, simple et chaleureux dans son abord des fans venus à lui pour un instant de communion dénué de parole. J'en suis revenu à mon tour ému de la signature qu'il a apposée sur mon billet, le seul que j'aie gardé de tous les concerts auxquels j'ai assisté. Vraiment, je confirme, une bien généreuse personne, d'une patience et d'un disponibilité infinies.
Ce moment de paix et d'harmonie restera gravé à vie dans le labyrinthe de ma mémoire.


Le 09/05/2022 par CHIPSTOUILLE

Comment on fait "plus que facepalm" ? Bodypalm ?

Il n'en n'était pas à son premier album en plus ! Hallucinant !
Bon j'imagine bien que Sandra Machin était une petite stagiaire à qui on a confié 100 lettres de ce type à rédiger à la suite pour l'avant-veille... Mais quand même.

A priori l'industrie du livre connait le même genre de déboires ces derniers temps.
C'est beau, la culture industrialisée...


Le 09/05/2022 par BAKER

N'ayant pas de réponse, je me permets humblement de le faire (je dis humblement mais je ne connais personne sur cette planète à qui je n'aie pas encore raconté cette anecdote).

Un beau matin, Klaus prend son café tranquille et va chercher son courrier. Dans la boite, un petit paquet contenant une cassette DAT (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une cassette audio mais au format professionnel) et une gentille lettre d'une gentille major company, je crois me souvenir que c'était Universal.

La lettre :

"Cher Mr Schulze,
Nous avons bien pris connaissance de votre cassette démo et sommes honorés de votre confiance. Malheureusement le genre de musique que vous pratiquez ne correspond pas aux attentes du public actuel et nous sommes navrés de devoir refuser votre proposition.

Nous vous souhaitons bonne chance dans vos futures démarches, bla bla bla.

Sandra Machin, 06 15 13....."

Klaus termine sa clope et son café tranquille, prend son téléphone.

"- Allo ? Puis-je parler à Sandra ?
- Bonjour ici Universal, désolé Sandra est en rendez-vous aujourd'hui. Que puis-je faire pour vous ?
- Ecoutez c'est Mr Schulze (NDBaker : J'ai pas osé marquer papa !!!), je dois lui parler assez rapidement.
- Ah, Mr Schulze ! Vous avez bien reçu votre démo par retour postal ?
- Oui oui c'est pour ça que je dois lui parler.
- Ecoutez, je vous l'ai dit elle n'est pas libre et de toutes façons vous avez lu notre lettre, votre démo ne nous intéresse pas.
- Oui mais justement, je voudrais lui parler en direct parce que ce n'est pas une démo. C'est le master définitif de mon prochain album, JE SUIS SIGNÉ CHEZ VOUS !!!"

Voilà.

La "krizdudisk", c'est ça. C'était en 97/98. Et ça n'a pas changé. Et plusieurs potes ayant travaillé dans le domaine confirmeront.

RIP Klaus. Au moins avant ces années d'horreur tu auras su faire planer des millions de gens à des ouhhhh.... xxx dizaines de kilomètres.


Le 07/05/2022 par WALTER SMOKE

Bel hommage à KS. Merci Aigle Blanc pour ce texte.


Le 07/05/2022 par CORNELIUS

Un édito essentiel.

Perso, je me rappellerai toujours une émission d'Arte consacrée au Krautrock (terme stupide et méprisant soit dit en passant) et datant du temps des tous débuts du nouveau millénaire.
Le jeune Klaus Schulze y tenait ces lumineux propos (je cite de mémoire) : Nous, les musiciens allemands, devons trouver notre propre voie et non pas copier servilement les anglo-saxons. Nous avons notre propre style, notre propre culture ; nous sommes les vrais héritiers du Romantisme.


Le 07/05/2022 par BAKER

Très beau texte, je pense que l'auteur a dû regarder un certain bonus du DVD avec Lisa Gerrard :)

Aurai-je le droit de citer l'autre énorme anecdote de ce DVD ? ;) (qui est juste hallucinante)



             



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