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Johnny HALLYDAY - Le Pénitencier (1964)
Par MARCO STIVELL le 1er Avril 2017          Consultée 296 fois

À compter du printemps 1964, Johnny HALLYDAY est incorporé au régime d'infanterie de marine d'Offenbourg, dans le land/la province du Bade-Wurtemberg en République Fédérale Allemande, non loin de la frontière française. Il y va la queue entre les jambes : l'autorité abusive et les coups de pied au cul ne l'attirent guère, lui le rockeur rebelle, même s'il en retirera quelques bons souvenirs et contacts. Enfin, du coup, il y est pour un moment (à l'époque deux ans règlementaires, ramenés à 15 mois pour lui), et doit profiter de quelques permissions pour voir ses proches, passer du temps avec Sylvie qui l'attend, et pour tenter de ne point se faire oublier de son public lui aussi fidèle.

Les disques sont autorisés par l'armée, sous condition que le chanteur pose en uniforme sur les pochettes. Pour celle de son ultime 33 tours 25 cm (supplanté définitivement par le 30 cm), le sourire de Johnny semble vouloir dire "Sortez-moi de là ! Woh...". Cependant, et d'une façon ironique, ce n'est pas de la caserne qu'il parle, mais de la prison, celle où on ne va pas volontairement non plus et où l'on peut finir sa vie.

"Le Pénitencier", ou "The House of the Rising Sun", ballade folk traditionnelle anglo-saxonne déjà immortalisée par plein d'artistes américains, Texas ALEXANDER, Woody GUTHRIE et Bob DYLAN pour ne citer qu'eux, aurait pu être un beau chant du cygne pour l'artiste, si jamais le succès l'avait abandonné pour de bon après le service militaire.

Arrangé par le groupe anglais THE ANIMALS et dirigé par son futur beau-frère Eddie Vartan, c'est l'un des plus beaux exemples d'adaptation en français d'une chanson en anglais que l'on doit à Vline Buggy ou Liliane, la seule des deux soeurs Konyn parolières encore en vie, ainsi qu'à un certain Hugues AUFRAY qui n'a pas encore publié son disque-phare d'adaptations de DYLAN.

Ce statut n'est pas volé, grâce au chant magnifique du patron sur l'arrangement folk, à l'arpège de guitare en son clair (Mick Jones et le batteur Tommy Brown font ainsi une première apparition d'enfer !) qui traîne comme le pas de l'infortuné dans le couloir glacial sous la surveillance des matons, aux cuivres solennels comme des juges, au grésillement de l'orgue Farfisa de Raymond Donnez qui plane autour de lui comme la mort... Johnny, suivant le modèle de Johnny CASH, chantera souvent pour les détenus en live comme en studio au cours de sa carrière. "Si je ne faisais pas mon métier avec tant de passion, c'est là que j'aurais pu finir" dit-il quand on lui en parle.

Le problème, c'est qu'il est difficile de passer après un tel moment d'anthologie, les chansons suivantes le savent bien, surtout quand on repense au disque précédent sorti en juillet. Après l'organique et furieux Johnny Reviens ! Les Rocks les Plus Terribles, on a un peu de mal à entendre le slow jazzy "Ça Fait Mal", pourtant joli en soi, les arrangements variété et les voix yéyé de "Encore une Fois", ainsi que l'intro presque lyrique de "Je Te Reverrai" (Johnny semble reprendre La Damnation de Faust, par Hector BERLIOZ), pourtant orchestré par Yvan Julien, le trompettiste de Joey and the Showmen, groupe des premiers mois fastes de l'année 64...

Le disque reprend un EP de quatre chansons paru avant Johnny Reviens avec cette couleur très sucrée, malgré un ou deux titres plus sales comme "Les Mauvais Garçons". Ces choix sont étranges, mais il faut se souvenir que Johnny HALLYDAY ne dispose pas de beaucoup de temps en permission, et ne peut pas trop chipoter. Il a au moins de bons textes grâce à la présence de ses collègues Ralph Bernet et Manou Roblin pour une poignée de titres, en particulier le sulfureux "Pour Moi Tu es la Seule". Retenons cela, un ou deux tempos rock'n'roll et autant de soli de guitare (les derniers du grand Joey Greco), le sympathique "Toujours Plus Loin", mais honnêtement, Le Pénitencier ne vaut vraiment le détour que pour une chanson, et laquelle !

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   MARCO STIVELL

 
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- Johnny Hallyday (chant)
- Eddie Vartan (direction d'orchestre)
- Yvan Julien (direction d'orchestre)
- Mick Jones (guitare solo)
- Johnny Taylor (guitare rythmique)
- Alan Bugby (basse)
- Tommy Brown (batterie)
- Raymond Donnez (claviers)
- ::joey And The Showmen
- Joey Greco (guitare solo)
- Claude Djaoui (guitare rythmique)
- Ralph Di Pietro (basse)
- Bobbie Clarke (batterie)
- Marc Hemmler (piano)
- Jean Tosan (saxophone)


1. Le Pénitencier
2. Toujours Plus Loin
3. Mais Je Reviens
4. Ça Fait Mal
5. One More Time, Encore Une Fois
6. Je Te Reverrai
7. Les Mauvais Garçons
8. Pour Moi Tu Es La Seule



             



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