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Johnny HALLYDAY - Johnny Chante Hallyday (1965)
Par MARCO STIVELL le 8 Avril 2017          Consultée 259 fois

Nous sommes au mois de novembre 1965. Johnny a fini son service militaire depuis trois mois, et a tenté de retrouver son public, notamment grâce à son cher Olympia qui lui est réservé pendant tout un mois de l'automne. Cependant, tout n'est pas rose à la cour du roi HALLYDAY, et entre les étés 65 et 66, il connaît bien des difficultés. Dans un premier temps, cela se manifeste d'une manière professionnelle.

Depuis "Le Pénitencier", l'artiste n'a fourni aucun tube définitif, et ni Hallelujah ni son dernier album en date n'arrangent les choses. En concert, dans ses différents galas comme à l'Olympia, il mise pourtant beaucoup sur ces dernières productions en ce qui concerne le choix des chansons. Ce qu'il a fait avant ? À part "Le Pénitencier", tout est expédié en un medley de moins de cinq minutes au début des shows : "Pour Moi la Vie Va Commencer", "Retiens la Nuit", "La Bagarre", "Elle Est Terrible", "Souvenirs, Souvenirs"... De quoi dérouter largement son public qui ne remplit même plus les salles lors du passage de son idole, et de façon récurrente.

Johnny incompris et prenant des risques, c'est le maître mot de cet album où il dit se chanter lui-même. Face à l'adversité, HALLYDAY creuse encore plus profond et propose un 33 tours qu'il a entièrement composé lui-même (sauf un morceau co-écrit avec son désormais réel beau-frère, Eddie Vartan) sur des paroles de son nouvel ami Gilles Thibaut, en grande majorité. Quand on entend dire que Johnny ne connaît pas une seule note, voilà de quoi prouver le contraire, sans oublier qu'une partie de ses anciennes (et futures) chansons contiennent son empreinte également, mais rarement exclusive comme c'est le cas ici.

Bien sûr, son niveau ne lui permet pas d'écrire des oeuvres épiques et fournies en termes de création. Il fait comme tout le monde, quatre accords de guitare et du yaourt au chant, doit s'appuyer sur les personnalités qui l'entourent, Lee son père, Eddie et les autres musiciens qui l'accompagnent, Jean Tosan (seul repêché de ses plus jeunes années de musicien), l'excellent Raymond Donnez aux claviers. Contrairement aux efforts précédents, les cuivres sont plus présents que les cordes sur ce disque à forte couleur rhythm'n'blues/Motown, comme en atteste "Ne Joue Pas Ce Jeu-là", un très bon texte de Gilles Thibaut qui fait suite à "Excuse-Moi Partenaire" et sans pitié pour le rival.

La pochette au médaillon est touchante si on l'illustre musicalement par "Mon Anneau d'Or", où Thibaut évoque le mariage de Johnny et Sylvie avec délicatesse. Une ballade country aux sonorités précieuses, à la fois pour le clavecin de Raymond Donnez (presque aussi classieux que son orgue du "Pénitencier") et le chant de Johnny qui a rarement été aussi grave et crooner à la fois, sans excès, simplement magnifique. Pas de "Quand Revient la Nuit" sur ce disque, mais parmi les tempos lents, "Toi Qui t'en Vas" est un blues fort bienvenu où le patron, on ne peut plus appliqué, délivre une prestation fragile et de toute beauté. Quel chanteur, bon sang !

Et quel interprète ! Deux chansons dévoilent plus de malice qu'à l'accoutumée, ce sont "Le Diable Me Pardonne", très cynique, et "Je Bois à Sa Santé", preuve que Gilles Thibaut méritait plus de place, quitte à faire moins d'adaptations de titres américains. Sur "Je Bois à Sa Santé", le rire de Johnny jouant l'ivrogne – à qui une fille pose un lapin, c'est du moins ce qu'il croit ! - n'est pas aussi dérangeant que celui d'Elvis sur sa future interprétation de "Are You Lonesome Tonight?".

À la fin du disque, le court mais joli "Dis à Mon Frère", qui contient des guitares 12 cordes façon BYRDS comme d'autres chansons ("Ne Crois Pas Ça", beau texte plus sérieux en hommage au président Kennedy), chose que l'on apprécie, est écrit par Long Chris, un vieil ami de Johnny dont on pourra reparler ensuite. Voilà donc pour ce disque original, le premier de Johnny, dans lequel il s'est investi particulièrement et qui ouvre la tradition de ses collaborations rapprochées avec des auteurs dévoués. Il y a de bonnes idées, des mid-tempos sympathiques, du rock'n'roll ("Tu as de la Chance", où Johnny s'adresse aux filles qui peuvent éviter naturellement le service militaire). Pas de tube mais ça reste un effort louable, en cette période bancale pour l'artiste.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Johnny Hallyday (chant)
- Richard Middleton (guitare solo)
- Johnny Taylor (guitare rythmique)
- Peter Hollis (basse)
- Andrew Steel (batterie)
- Raymond Donnez (claviers)
- Jean Tosan (saxophone)
- Eddie Vartan (trompette, direction d'orchestre)


1. Mon Anneau D'or
2. Tu As De La Chance
3. Toi Qui T'en Vas
4. Le Diable Me Pardonne
5. Ne Crois Pas ça
6. Un Jour Ou L'autre
7. Tu Oublieras Mon Nom
8. À Deux Heures De Chez Toi
9. Avec Une Chanson
10. Je Bois à Sa Santé
11. Ne Joue Pas Ce Jeu-là
12. Dis à Mon Frère



             



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