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Johnny HALLYDAY - Cadillac (1989)
Par MARCO STIVELL le 7 Mars 2013          Consultée 1942 fois

Les temps changent. Durant la première moitié des années 80, Johnny sortait environ un album tous les trois mois, sans arriver à (re)trouver la reconnaissance auprès du public. Cela arrive en 1985 et si depuis il continue de publier des albums live à la pelle, ses travaux studio se font plus espacés. Cadillac, bien que remportant un succès légèrement mineur par rapport à Rock'n'Roll Attitude et Gang, s'inscrit dans la continuité de cette faste seconde moitié des années 80 pour l'artiste.

Johnny décrit cet album comme contenant une musique lourde qui sent bon l'huile de vidange, et surtout des paroles qui lui collent à la peau. Ces dernières sont le fruit d'une nouvelle collaboration vantée comme prestigieuse puisqu'elles sont toutes écrites par le parolier Etienne Roda-Gil, qu'on a connu avec des artistes français ou sympathisants aussi divers que Angelo Branduardi, Malicorne et (surtout) Julien Clerc. Son style typiquement variété est bien entendu cordialement détesté par tout amateur de rock qui se respecte, même si Johnny occupe lui-même déjà une place inconfortable de ce point de vue et depuis longtemps. Cependant Roda-Gil ne réécrit pas «Femmes, Je Vous Aime» pour Johnny, il s'adapte plus ou moins au besoin d'évasion du chanteur, alors très tourné vers les Etats-Unis, en n'omettant pas de tourner ses phrases au registre familier, celui qui s'accorde le mieux avec l'urgence de l'interprète.

La musique quant à elle, n'est pas tant que ça parfumée à l'huile de vidange. Cadillac est en effet une alternance de rocks et de slows dans la bonne tradition de l'époque, mélangeant allègrement guitares et synthés. Dans les deux parties, on retrouve des musiciens remarquables tels que le fidèle Norbert Krief et Jean-Pierre Buccolo (ami de Renaud) aux guitares, tandis que les claviers sont majoritairement tenus par Gérard Bikialo (Magma -tout comme Jannick Top également présent- et Francis Cabrel) ainsi que le non moins notable Serge Pérathoner (directeur musical de Starmania et compositeur entre autres des génériques de Thalassa et d'Ushuaia). Bref, Johnny, déjà lui-même interprète plus que solide, peut toujours compter sur des musiciens hors-pair.

Et les chansons contrastent forcément entre elles, le côté graisseux évoqué ci-dessus ne ressortant vraiment que la moitié du temps. Plus ou moins enlevés, des titres comme «L'Etoile Solitaire» ou «Cadillac» (bien entendu dédié au célèbre français qui a fondé Detroit et dont le nom a été repris par la marque de voitures, le parallèle apparaissant dans la chanson) parlent de la conquête de la route et des grands espaces, que ce soit en voiture ou (surtout) en moto. A ce titre, le blues façon Buccolo de «Rien à Jeter» reste assez enthousiasmant musicalement parlant, tout comme les puissants «Les Vautours» et «Possible en Moto» très orientés arena-rock (le son est beaucoup plus clair et moins sec que sur Gang avec des batteries acoustiques), ce dernier étant par ailleurs signé David Hallyday.

Dix ans avant Sang Pour Sang, le jeune homme fait ses premières mains sur des musiques au succès encore relativement mineur, même si le slow «Mirador» devient le tube porteur de Cadillac. Ce n'est pas la plus notable qu'ait chanté Johnny, mais on y retrouve les fausses flûtes de pan, bien d'époque et souvenir de la présence de Pérathoner, ainsi que tout comme pour les autres slows de l'album, un goût prononcé pour les accords majeurs renversés à la quinte joués aux nappes vaporeuses, ce qui ne sera plus le cas bien longtemps. «Himalaya» demeure plus réussie, et Vanessa Paradis vient prêter un peu (mais vraiment un peu !) de sa voix acidulée sur «Si J'Etais Moi». Des chansons plutôt sympathiques, mais tout comme Gang, le présent album souffre légèrement d'une fin en demi-teinte, bien que marquée de façon atypique par ce «Testament d'un Poète» inspiré d'Antonio Machado et pourvu d'un arrangement symphonique. Les paroles ne collent peut-être pas en définitive aussi bien à la peau de Johnny que ne pouvait le faire «L'Envie», cependant la majorité du disque s'écoute très bien avec quelques chansons fortes. D'un point de vue personnel, Cadillac est encore acceptable parce qu'il est ancré dans les eighties, une période bien trop sous-estimée !

Note réelle : 3,5

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Johnny Hallyday (chant)
- Thibault Abrial (guitares)
- Georges Augier (guitares, claviers, chœurs, programmations)
- Jean-pierre Buccolo (guitares, chœurs)
- Norbert Krief (guitares)
- Michael Landau (guitares)
- Jannick Top (basse, claviers, chœurs)
- Tim Landers (basse)
- Jacques Cardona (batterie, chœurs, programmations)
- Vinnie Colaiuta (batterie)
- Claude Salmieri (batterie)
- Gérard Bikialo (pianos, claviers)
- Serge Perathoner (pianos, claviers, programmations)
- Michel Gaucher (saxophone)
- Carole Fredericks (chœurs)
- Yvonne Jones (chœurs)
- Jean-pierre Janiaud (chœurs)


1. Les Vautours
2. Mirador
3. Rien à Jeter
4. Himalaya
5. Possible En Moto
6. Cadillac
7. Si J'étais Moi
8. L'étoile Solitaire
9. C'est Du Vent
10. Testament D'un Poète



             



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