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Johnny HALLYDAY - La Génération Perdue (1966)
Par MARCO STIVELL le 19 Avril 2017          Consultée 385 fois

Faisons un bond à la fin de l'année 1966, lorsque Johnny HALLYDAY se sent vaciller complètement et pour la première fois de sa carrière. Depuis son grand retour, sur un an, il mène un rythme effréné de galas et de concerts en France et ailleurs. Il semble pourtant que le public le délaisse après une paire d'albums moins marquants. Sur le plan personnel, la relation avec Sylvie ne se passe pas aussi bien que prévu après leur mariage. Avec son horaire chargé, il a tout juste le temps d'aller la voir et seulement après son accouchement de leur fils David en août. Début septembre, il est à bout et fait une tentative de suicide.

Un titre est imprégné de cette détresse, "Noir C'est Noir", reprise de LOS BRAVOS ("Black is Black"), fleuron du rock espagnol. Paradoxalement, il faut que Johnny pousse un cri aussi fort pour que le public l'entende et revienne sans mal, ému par cette prestation authentique, on peut le dire. Le rythme martial du rhythm'n'blues garni de cuivres plus durs que ceux du "Pénitencier" sont comme une marche funèbre, un compte à rebours avant de commettre l'irréparable.

Cette musicalité, outre notre fabuleux Johnny, on la doit aux Blackburds, son deuxième orchestre historique d'importance égale à Joey and the Showmen en termes d'unité et de création. Le batteur Tommy Brown et le guitariste Mick Jones reviennent après une courte absence et ils sont à l'avenant sur toute la durée. Pour la première fois on trouve deux claviéristes, les excellents Brian Auger à l'orgue et Raymond Donnez à tous les pianos et clavecins imaginables.

Si l'ambiance d'octobre 1966 se veut autant soul que rock psychédélique avant l'heure (un prélude aux années les plus riches de Johnny musicalement), certains musiciens deviendront des pionniers du son progressif à la française. Le bassiste, Gérard Fournier, était dans les Lionceaux, choristes de Johnny en 64 (formation qui a même accueilli un certain Herbert LEONARD), il deviendra chanteur du groupe TRIANGLE. Parmi la rampe de cuivres, outre le vétéran Jean Tosan (on parle souvent de la longévité des guitaristes de Johnny sous son aile, mais avant, il y avait un saxophoniste !), Gérard Pisani est un futur membre des MARTIN CIRCUS.

On développe les éléments du "Pénitencier" avec générosité (et aussi, sans doute, de fortes doses de LSD qui devient très en vogue), et on produit La Génération Perdue, l'un des plus beaux disques de Johnny HALLYDAY. Une collection de chansons plus qu'aboutie, absolument merveilleuse. Comment ne pas frémir à l'écoute d'une mélodie aussi riche, d'un texte aussi mordant que ceux de la chanson-titre, avec ses arrangements de violons, la voix espiègle du patron ? L'année précédente, Hugues AUFRAY a introduit la "protest-song" de Bob DYLAN en France, et ça se sent. Ce n'est pas une adaptation, mais une création pure, sur un texte remarquable pour sa subtilité de Long Chris, alias Christian Blondieau, ami de Johnny depuis l'adolescence et ex-chanteur de country-rock à la française.

"La Fille à qui Je Pense" confirme cette impression de beauté et de classe folle, le texte de l'autre pote Ralph Bernet libère un esprit de révolte même dans les sentiments amoureux ("Et dans ces moments-là, la fille à qui je pense est plus belle que toi..."). Johnny chante comme si sa vie en dépend et à cette époque, c'est bien le cas. Il y a "Noir C'est Noir", il y a la tonalité soul de "Quand un Homme Perd Ses Rêves", relecture habile par Bernet du "When a Man Loves a Woman" de Percy SLEDGE. Quitte à ce qu'on me mette au pilori, je préfère largement quand c'est Johnny qui chante "Got to Get You Into My Life" des BEATLES ("Je Veux Te Graver Dans Ma Vie"), les cuivres etc sont au top. Loin des périodes twist et yéyé, Long Chris est, pour dix bonnes années, responsable des meilleures adaptations chantées par Johnny.

"De Loin en Loin", en toute délicatesse, côtoie le rock fiévreux de "Don't Need Nobody", composition de Jones et Brown (vous penseriez à Johnny vous, sans savoir que c'est lui ?). Après cette ambiance noire, on écouterait avec soulagement le patron se lâcher sur "Cheveux Longs et Idées Courtes", si elle n'était pas sortie en EP six mois plus tôt. L'orchestre d'Eddie Vartan n'a peut-être par l'originalité des Charlots, mais ça sonne folkement bien. C'est qu'après Richard ANTHONY et Claude FRANÇOIS, rivaux plus ou moins imposés par la presse et le public, il y a cet ANTOINE insolent qui, dans ses "Elucubrations" (tube énorme de début 1966), veut enfermer "Johnny Hallyday en cage à Medrano", le cirque ! Ni une ni deux et grâce à Gilles Thibaut, Johnny lui répond d'une façon bien marrante, allez vite l'écouter si ce n'est pas déjà fait ! L'album pareil.

Et tant qu'on y est, quitte à rallonger encore un peu cette chronique (désolé !), si vous n'avez pas découvert ou acheté La Génération Perdue, faites-le en veillant à ce qu'il y ait les inédits des quatre EPs sortis entre février et décembre, autour de l'album donc. On trouve des instrumentaux bien sentis, de brillantes reprises d'Otis REDDING ("Respect"/"Du Respect"), Wilson PICKETT ("In the Midnight Hour"/"Jusqu'à Minuit") et Stevie WONDER ("Uptight (Everything's Alright)"/"Les Coups"). Une autre encore meilleure du New-Yorkais Tim HARDIN ("If I Were a Carpenter"/"Si J'étais Charpentier") prolonge l'esprit folk + empreinte de Long Chris avec le plus grand bonheur, et d'autres reprises ("Girl" des BEATLES/"Je l'Aime") valent le détour.

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   MARCO STIVELL

 
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- Johnny Hallyday (chant)
- ::the Blackburds
- Mick Jones (guitares)
- Tommy Brown (batterie)
- Gérard 'papillon' Fournier (basse)
- Raymond Donnez (claviers, harmonica)
- Brian Auger (orgue)
- Jean Tosan (saxophone)
- Luis Fuentes (trombone, percussions)
- Gérard Pisani (trompette)
- Pierre Ploquin (trompette)
- Jacques Ploquin (trompette)
- Gilles Pellegrini (trompette)
- Eddie Vartan (direction d'orchestre)


1. La Génération Perdue
2. On S'est Trompé
3. Je Me Suis Lavé Les Mains Dans Une Eau Sale
4. Quand Un Homme Perd Ses Rêves
5. Don't Need Nobody
6. De Loin En Loin
7. Noir C'est Noir
8. La Fille à Qui Je Pense
9. Je Veux Te Graver Dans Ma Vie
10. Le Jeu Que Tu Joues
11. Elle Reviendra
12. Cheveux Longs Et Idées Courtes



             



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