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Johnny HALLYDAY - Hamlet (1976)
Par MARCO STIVELL le 17 Septembre 2016          Consultée 556 fois

Diantre ! Hamlet, l'album prog de Johnny, l'oeuvre maudite. Pas facile ("wooh, c'est pas faciiiiile !" chantera-t-il cinq ans plus tard) de parler d'un tel monolithe. Déjà pour HALLYDAY lui-même, il a été difficile d'en arriver à bout : cela faisait déjà plusieurs années que l'idole des jeunes voulait adapter cette pierre angulaire de la littérature britannique, de la littérature tout court.

L'horaire n'était jamais bon jusque là, mais le choix de la sortie d'Hamlet est pire que tout ! Un pur concours de circonstances. Déjà, la publication se fait sans annonce, comme par enchantement. Johnny espérait peut-être que le regain de popularité obtenu avec Derrière l'Amour au début de l'année 76 contribuerait à mieux porter ce disque à travers l'agora médiatique française : peine perdue ! Pendant des mois et sur sollicitation, il ne parle que de "Gabrielle" etc, et tout autour, la rage punk est en train d'éclater au grand jour.

Alors, comment voulez-vous qu'une superstar française de rock'n'roll et de variété puisse s'imposer avec un double disque opéra-rock progressif ? Certes, Hamlet reprend les éléments dramatiques insufflés à quelques titres qui comptent aussi bien parmi ses plus grands tubes que ses plus belles réussites ; "Requiem Pour un Fou", pour ne citer que le dernier en date. Cette chanson reste mieux dans les esprits que les 28 morceaux du nouvel opus (un double, on vous l'a dit !). Et pour ce qui est de s'inspirer du théâtre, Johnny ne fera jamais autant de remous que lorsqu'il rendra hommage à Tennessee Williams, moins de dix années plus tard !

Une publication déjà à reculons pour un des travaux auxquels Johnny tient le plus, il dit y avoir mis toutes ses tripes. Il voudrait même en faire un vrai spectacle, avec le soutien de Robert Hossein, dans les premiers temps du projet. Cela nous renvoie à ce que les initiés considèrent comme sa meilleure période, le tournant de l'année 70. Gilles Thibaut avait écrit quelques textes, puis progressivement si l'on peut dire, Pierre Groscolas (dont le tube "Lady Lay" cartonne deux ans plus tôt) se charge des compositions, on fait venir un orchestre de près de 150 musiciens.

Parmi ceux-ci, Robert Loubet et Gabriel Yared aux claviers (également arrangeurs et directeurs musicaux), Christian Padovan et maître Jannick Top aux basses, Jean Schulteis à la batterie (monsieur "Confidence Pour Confidence"). Aux guitares, Slim Pezin et l'acolyte de Johnny, Jean-Pierre "Rolling" Azoulay. Avec de tels noms, on a envie d'y croire, de s'attendre à quelque chose de grand, musicalement du moins.

Seulement, dès la pochette, qui vaut l'achat du disque à elle seule (superbe réalisation de Marina Clément, paroles manuscrites), quelque chose gêne. Regardez la tête de Johnny, pseudo prince danois ! Ecoutez certaines paroles du disque, les plus improbables que vous pouvez entendre, surtout par Johnny. Le "Prologue" vaut son pesant de cacahuètes. Plus loin, "Je suis fou comme une tomate, je ne tiens pas sur mes pattes", voilà une manière bien engageante de commencer une chanson. Et puis les rires à la fin, qu'en penser ? Au moins, faute d'être un grand dramaturge, il s'investit, notre Johnny.

Sur "L'orgie", c'est un festival : "Les rires deviennent gras comme des porcs, les voiles de deuil font du striptease. Ces apôtres de la partouze, si saouls qu'aucun ne bande...", aoutch ! Quelque chose est pourri au royaume d'HALLYDAY, et ce n'est pas la tomate de "Je Suis Fou". Jacques Revaux, à la réalisation, accentue les tics variété française avec des choeurs et des cuivres bien trop présents ("Le Cimetière"). Les choeurs surtout, sonnent très kitsch. Heureusement, les musiciens font du bon boulot, partagés entre blues-rock ("To Be or Not to Be") aux couleurs sudistes ("Le Vieux Roi Est Mort"), disco (Johnny n'avait pas encore eu d'indigestion) et ballades symphoniques qui comportent quelques beaux efforts ("Je l'Aimais", les odes à Ophélie).

D'ailleurs, sur "Je Lis", on reprend sans mal l'idée de "l'hallali", déjà présente sur "Requiem Pour un Fou", comme quoi, il était vraiment temps qu'il sorte ce Hamlet ! Par contre, c'est toujours le même problème, celui du double album. Il y a forcément beaucoup de répétitions, de passages de transition, parfois sans interventions de Johnny, ce qui est fort rare au cours de sa carrière. Pour une fois néanmoins, le deuxième disque ne semble pas plus mal loti que le premier ni meilleur.

La formule rock symphonique de "Tue-Le", avec marche funèbre et bruitages sinistres, la hargne de Johnny, malgré quelques paroles encore crues ("quand il boit comme un trou, quand il pisse à côté"), font partie des réussites du disque, au même titre qu'"Ophélie, oh Folie". Yared le bidouilleur fait planer ses synthés sur "Pour l'Amour" et Azoulay se fend de quelques soli rares mais bienvenus ("Le Vieux Roi Est Mort"). Les ruptures rythmiques rock progressives restent dosées sur une durée où elles auraient pu l'être beaucoup moins. Après, il y a aussi des choses inutiles : "Ta Mère Est Putain", l'"Ouverture" orchestrale médiocre.

Bref, il est dur d'apprécier ce disque entièrement, difficile d'en rire totalement aussi. C'est une parenthèse dans la carrière de Johnny, un OVNI dans le milieu musical français de ces années-là. Sachant qu'en matière de prog, d'autres ont fait bien mieux. Quant à la passion shakespearienne, "vous la ressentirez comme vous voudrez, VOUS !". Au moins, les moments principaux, la rencontre avec le spectre du roi, le monologue introspectif d'Hamlet "Être ou Ne Pas Être", la mort d'Hamlet et celle d'Ophélie ne sont point ratés. Ophélie, présence qui éclaire l'opus mieux que le reste. Deux ans avant l'avènement de la comédie musicale en France avec Starmania, on retient des arrangements audacieux, on s'étonne devant cette oeuvre d'essai. Une curiosité.

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   MARCO STIVELL

 
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- Johnny Hallyday (chant)
- Jacques Revaux (réalisation)
- Gilles Thibaut (paroles)
- Pierre Groscolas (compositions)
- Gabriel Yared, Roger Loubet (claviers, direction musicale)
- Jannick Top, Christian Padovan (basses)
- Slim Pezin, Rolling Azoulay (guitares)
- Jean Schulteis, André Sitbon (batterie)
- Marc Chantereau (percussions)
- + Ensemble De Choeurs, Cuivres Et Cordes


1. Ouverture (instrumental)
2. Prologue
3. Le Vieux Roi Est Mort
4. Le Spectre Du Roi
5. L'orgie
6. Prière Du Spectre à Hamlet
7. Roi Vivant
8. J'effacerai De Ma Mémoire
9. Je Suis Fou
10. On A Peur De Lui
11. Ophélie, Oh Folie
12. L'asticot Roi
13. Je Lis
14. Quel Mal Te Bouffe
15. Doute

1. To Be Or Not To Be
2. Un Trône Est Sans Roi
3. Tue-le
4. Ta Mère Est Putain
5. Pour L'amour
6. Le Cimetière
7. Écoutez (instrumental)
8. Écoutez
9. La Mort D'ophélie
10. Je L'aimais / Il Est Fou
11. Le Duel
12. La Mort D’hamlet
13. Le Rideau Tombe



             



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