Recherche avancée       Liste groupes



      
B.O./VARIéTé AMéRICAINE  |  B.O FILM

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Blanche-neige Et Les Sept Nains (1938)
Par MARCO STIVELL le 27 Mai 2017          Consultée 547 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

En 1937, DISNEY révolutionne le 7ème art avec son premier long métrage d'animation. Pas le premier de l'histoire (plutôt l'un des cinq premiers), mais celui qui réunit le son et la couleur, prouesses techniques encore récentes. Dès 1933, Walter Elias, le descendant d'Irlandais qui gouverne le studio, met sa fortune personnelle amassée depuis le début des court métrages Silly Symphonies, l'époque des Steamboat Willie (1928, naissance de Mickey Mouse) et Three Little Pigs/Les Trois Petits Cochons (1933). Cela entraîne le plus gros budget du cinéma à l'époque, un risque énorme et pendant trois ans, les journaux s'échauffent, parlent de "folie Disney".

Walter - surnommé Walt – et son équipe, dont une armada de quelques 300 ou 400 dessinateurs, puisent dans les contes européens, ceux des frères Grimm en l'occurrence. Pour cette durée d'une heure presque et demie, l'esthétique germanique est déployée sur les décors et sur les personnages. En dehors du conte de fée et du personnage de Schneewittchen/Snow White/Blanche-Neige, la particularité de DISNEY est de donner de l'importance aux personnages secondaires (les Nains), en ajoutant de l'humour. Egalement, des scènes terrifiantes... Il a fallu pour cela un gros travail de pré-production, avec des acteurs/chanteurs/danseurs comme modèles.

La musique prend également une place importante. La part de chansons est à peu près égale à celle des dialogues, ce qui en fait une comédie musicale, et pour les passages instrumentaux, Snow White and the Seven Dwarfs/Blanche et les Sept Nains est un film hollywoodien dans toute sa splendeur. La fuite de Blanche-Neige durant la scène avec le chasseur, avec sa polyrythmie de cordes est fabuleuse, les contrebasses trébuchent tandis que les violons galopent à toute vitesse, sans doute une inspiration du célèbre "Vol du Bourdon". Les passages symphoniques empruntent de toute évidence aux compositeurs russes et scandinaves, GRIEG ou RIMSKY-KORSAKOV.

L'idée est aussi, comme pour les paroles, de synchroniser la musique avec l'action, en particulier le burlesque. Ainsi, les Nains qui voient leur maison occupée à leur retour du travail, se "superposent" au son des flûtes piccolo, sans parler des frasques de Dopey/Simplet. Les chansons de ménage sont propices à ces effets également, "Whistle While You Work"/"Siffler en Travaillant" et "The Silly Song"/"La Tyrolienne des Nains" révèlent des influences country, traitées par l'orchestre pour la chanson de Blanche-Neige, et puis les chants d'oiseaux !

Pour celle des Nains, on entend les violons, l'accordéon et le chant yodel (Suisse et Tyrol) de James MacDonald dans une veine traditionnelle et familiale. Les paysans américains, en particulier, "font de la musique avec ce qu'ils ont", pas toujours des instruments mais des ustensiles de maison. C'est l'esprit skiffle - les BEATLES en feront à leurs tous débuts ! -. Si l'on ajoute le fameux "Heigh Ho!" qui détourne habilement les chants de l'armée américaine, ainsi que "Bluddle-Uddle-Um-Dum"/"On Se Lave !", les bruits d'animaux entre autres détails, cela permet à la bande originale de s'accorder avec la profusion de couleurs et de détails dans l'image, richissime pour l'époque ! Et les effets spéciaux, du puits du château à l'affrontement final avec la sorcière sous l'orage...

N'oublions pas les passions de la première princesse Disney. En dehors de sa silhouette et son jeu d'actrice, Adriana Caselotti prête sa voix claire à la pureté et l'innocence de "I'm Wishing"/"Je Souhaite" et, bien sûr, au magnifique et inoubliable "Someday My Prince Will Come"/"Un Jour Mon Prince Viendra", la chanson principale présentée dès l'intro orchestrale et le baiser final en chorale. En français, ce sont d'abord Christiane Tourneur et sa très belle voix, puis en 1962, Lucie Dolène vient lui donner plus de caractère, plus proche de Caselotti, une généralité pour les nouveaux doublages d'alors, y compris les Nains : Grumpy/Grincheux, Doc/Prof...

Les musiques de Franck Churchill, Larry Morey, Leigh Harline et (pour les instrumentaux) Paul J. Smith sont loin d'être à négliger dans une oeuvre qui fait d'abord l'attrait des yeux, un succès mondial sans précédent et pour toutes les décennies suivantes. À noter que certains passages ont pu été "censurés" pour cause de trop grande noirceur et pouvant faire vraiment peur, preuve que DISNEY s'adresse aux grands comme aux petits. Les scènes qui exacerbent la méchanceté de la Reine (Lucille La Verne, dont Claude Gensac reste la meilleure doubleuse en 1962), surtout le moment où elle se transforme en sorcière, il y a de quoi en faire des cauchemars (c'est du vécu !).

Note 1 : Les titres des films apparaissent en français pour plus de commodité, sachant qu'il y a généralement peu de différences avec l'anglais. Les traductions des chansons sont d'ailleurs très honorables, bien meilleures que pour Les Trois Petits Cochons etc.

Note 2 : Les débats de style "DISNEY vendu !" (et pire que ça durant la Seconde Guerre Mondiale), "romantisme de pacotille qui conditionne les plus jeunes" etc, ne sont pas le propos de ces chroniques, surtout à l'heure des enfants qui deviennent adultes bien avant l'heure et d'Internet où l'on déverse un humour revanchard et en dessous de la ceinture. Le regard, entièrement assumé, est celui d'un garçon du début des années 90 qui tient à garder la magie telle qu'il l'a connue !

A lire aussi en VARIETE INTERNATIONALE par MARCO STIVELL :


Kate BUSH
The Sensual World (1989)
Amour, love, amore, amor...




I MUVRINI
A Voce Rivolta (1991)
L'album le plus malencontreusement oublié...


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Franck Churchill, Larry Morey (paroles)
- Leigh Harline, Paul J. Smith (compositions)
- Adriana Caselotti (snow white/blanche-neige)
- Harry Stockwell (le prince)
- Roy Atwell, Pinto Colvig, Billy Gilbert (les nains)
- Otis Harlan, Scotty Mattraw (les nains)
- James Macdonald (chant yodel)
- Chorale Et Orchestre


1. Overture (ouverture)
2. Magic Mirror (miroir Magique)
3. I'm Wishing/one Song (je Souhaite/un Chant)
4. Queen Theme (le Thème De La Reine)
5. Far Into The Forest (loin Dans La Forêt)
6. Animal Friends/with A Smile And A Song
7. Just Like A Doll's House (comme Une Maison De Poup
8. Whistle While You Work (siffler En Travaillant)
9. Heigh-ho
10. Let's See What's Upstairs (qu'y A-t-il à L'étage ?
11. There's Trouble A-brewin' (il Y A De L'orage Dans
12. It's A Girl (c'est Une Fille)
13. Hooray! She Stays (hourra, Elle Reste)
14. Bluddle-uddle-um-dum (on Se Lave !)
15. I've Been Tricked (ah ! Le Piège !)
16. The Silly Song (la Tyrolienne Des Nains)
17. Some Day My Prince Will Come (un Jour Mon Prince V
18. Pleasant Dreams (des Rêves Adorables)
19. A Special Sort Of Death (drôle De Mort)
20. Why Grumpy, You Do Care (grincheux Se Sent Concern
21. Makin' Pies (en Cuisine)
22. Have A Bite (goûtez Un Morceau)
23. Chorale For Snow White (chorale Pour Blanche-neige
24. Love's First Kiss (finale) (premier Baiser D'amour



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod