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DISNEY - Fantasia 2000 (1999)
Par MARCO STIVELL le 30 Mai 2018          Consultée 133 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

À l'approche imminente de l'an 2000, les studios DISNEY ont une chic idée : se retourner sur un de leurs plus beaux projets, au lieu d'en proposer un grand novateur (c'est le cas l'année suivante, avec Dinosaure). Une soixantaine d'années plus tôt, Walt et ses collaborateurs travaillaient sur Fantasia, idée géniale mêlant animation et ambiance de café-concert. Fantasia 2000, c'est la suite voulue, afin de célébrer de déjà nombreuses décennies d'activités et d'orfèvrerie visuelle autant que musicale !

Suite voulue, mais pas réellement digne en fait. Au début, on a des étoiles dans les yeux, Roy Edward Disney, fils de Roy Oliver (le frère de Walt), nous présente lui-même ce qui reste « son » projet – sur voeu de Walt -, sachant qu'il est le dernier membre de sa famille à s'investir pleinement dans la carrière des studios. Le problème, c'est que ce film lui a pris plusieurs années, neuf pour être exact, et que quand on voit le résultat, on ne peut s'empêcher d'avoir une impression de bâclé...

Le fond bleu et l'ambiance tamisée nous captivent dès le départ, comme sur Fantasia, le premier, le vrai. L'orchestre est là, le présentateur aussi ; les présentateurs, puisqu'il y en a cette fois un par interlude, entre chaque court métrage. On aime le climat qui s'installe... Jusqu'à un certain point, certaines plaisanteries frôlant le forcé et le lourdingue. On apprécie de voir quand même réunies des stars prestigieuses comme Quincy JONES, Itzhak PEARLMAN et Angela Lansbury.

Si le bât blesse, ce n'est pas d'un point de vue musical. Le principe reste le même qu'en 1940, même si ce n'est qu'une part belle (et non une exclusivité) faite à la musique classique. En réunissant BEETHOVEN, RESPIGHI, CHOSTAKOVITCH, SAINT-SAENS, ELGAR et (de nouveau) STRAVINSKY, on pouvait espérer pire comme programme ! Le problème, c'est que DISNEY a voulu mêler l'esprit de Fantasia avec celui de La Boîte à Musique (1946), et greffer la "Rhapsody in Blue" de GERSHWIN à la sélection.

La composition ici ne doit son éclat qu'à elle-même, et pas au dessin animé très urbain (ce sont des scénettes de la vie new-yorkaise), sympathique il est vrai, mais tellement éloigné de l'esprit Fantasia ! On se rapproche des efforts réalisés à la fin de la décennie 40, guère mémorables. À noter que le chef-d'orchestre est Bruce Broughton, le même qui avait composé la bande originale de Bernard et Bianca au Pays des Kangourous en 1990, ce qui laisse supposer que cet extrait est le plus ancien de l'ensemble.

Si on apprécie le swing virevoltant et le dynamisme de GERSHWIN, le "Carnaval des Animaux" ne devrait pas être en reste. Et pourtant, il ne reste de SAINT-SAENS qu'un extrait très bref pour un autre dessin animé médiocre, un simple vol de flamants roses mêlé de cartoonerie. Tout cela ne joue décidément pas en la faveur du successeur de Fantasia, car si on se régale des sons, autant se contenter d'écouter un disque dans son salon...

On ne comprend pas trop non plus la présence de "L'apprenti Sorcier", identique à son original de 1940 jusque dans le dialogue Mickey-Stokowski, mis à part pour amener une transition avec le court-métrage qui met Donald Duck en vedette, une relecture gentillette de l'arche de Noé. Le choix s'est porté sur "Pomp and Circumstance" d'Edward ELGAR, un hymne de la musique anglaise.

Venons-en donc au véritable intérêt à la fois visuel et musical de l'oeuvre. Concerto Pour Piano n°2 de CHOSTAKOVITCH : en dépit d'une approche qui navigue entre marche néo-baroque et harmonie moderne, la réalisation a un caractère délicieusement ancien, et ce n'est pas uniquement à cause du film qui a un air de Pinocchio, avec l'histoire du soldat-jouet unijambiste. Et en parlant de nouveauté, l'intro du film en est pétrie, avec l'utilisation d'images de synthèse pour les nuées de papillons, et sur fond de 5ème de Beethoven, un "tube" dont on ne se lasse jamais.

Un premier court métrage très élégant, avec une utilisation évidente de la musique sur des jets de lumières célestes. Deux mots de cette phrase conviennent aussi tout à fait à ce qui reste le court-métrage le plus moderne, ce "vol de baleines" majestueux au milieu des icebergs, illustré par "Les Pins de Rome", composition-phare d'Ottorino RESPIGHI qui a grandement influencé John WILLIAMS, entre autres. La partie de hautbois soliste, pendant que le baleineau est prisonnier des glaces, et la montée orchestrale finale donnent quelques frissons...

Le plus impressionnant n'est cependant pas à chercher auprès des plus grands mammifères du monde, mais d'un oiseau, un oiseau de feu. C'est peut-être la seule idée pour laquelle Fantasia 2000 surclasse son "père", avec une merveille d'histoire courte dédiée à Dame Nature, incarnée par un cerf et une "fée", d'une grande beauté mais qui se retrouve aux prises avec un oiseau démoniaque. Sur la musique d'Igor Stravinsky, le spectateur fait des montagnes russes (!), passant de la légèreté pure à un vacarme assourdissant lors de l'attaque. C'est le DISNEY le plus innocent et le plus horrifique, de nouveau réunis et pour le meilleur.

Le seul passage qui vaut, à lui tout seul, l'admiration que l'on porte au projet Fantasia. Pour le reste, ce long-métrage pourrait n'obtenir pas plus de 2 étoiles sur 5 si on devait le noter, là où sa bande sonore, sélection de morceaux exceptionnels de compositeurs qui ne le sont pas moins, en mérite largement 4.

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   MARCO STIVELL

 
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- Bruce Coughlin, Peter Schickele (arrangements)
- James Levine (direction d'orchestre)
- Bruce Broughton (direction d'orchestre)
- Leopold Stokovski (arrangements, direction d'orchestre)
- Orchestre Symphonique De Chicago


1. Introduction
2. Symphonie N°5 (ludwig Van Beethoven)
3. Les Pins De Rome (ottorino Respighi)
4. Rhapsody In Blue (george Gershwin)
5. Concerto Pour Piano N°2 (dmitri Chostakovitch)
6. Le Carnaval Des Animaux (camille Saint-saëns)
7. L'apprenti Sorcier (paul Dukas)
8. Pomp And Circumstance (edward Elgar)
9. L'oiseau De Feu (igor Stravinsky)



             



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