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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Les Aventures De Bernard Et Bianca (1977)
Par MARCO STIVELL le 29 Décembre 2017          Consultée 372 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

S'il y a une bande originale DISNEY à ne pas sous-estimer durant ce nouveau creux de la vague des studios, c'est bien celle-ci. Comme le film en fait, même si là encore c'est une oasis : le plus vu de l'année 1977, devant Star Wars ! The Rescuers, ou Les Aventures de Bernard et Bianca, est une nouvelle adaptation de romans jeunesse, la série écrite par Margery Sharp depuis la fin des années 50, et commencée du vivant de Walt Disney même si les ébauches étaient complètement différentes. Elle a pour base la collaboration de deux souris, Miss Bianca et Monsieur Bernard qui travaillent pour une organisation d'aide humanitaire internationale nichée au sous-sol de l'ONU.

L'histoire la plus marquante de la saga, conservée pour le film, est celle de Penny, fillette tenue prisonnière dans les bayous de Louisiane par l'effroyable Madame Medusa qui veut coûte que coûte retrouver l'Oeil du Diable, le plus gros diamant du monde. L'équipe "classique" des studios, Wolfgang Reitherman le réalisateur, Ken Anderson le scénariste-animateur, Larry Clemons à l'écriture, etc, se charge d'offrir de belles couleurs à un film sans prétention, et néanmoins riche. Son défaut ? Une partie finale légèrement précipitée, quand tout ce qui précédait prend bien son temps et de façon idéale. C'est la contrainte de faire un long-métrage d'une heure dix, par tradition.

Et donc, il y a la musique. Merveilleuse musique, merveilleuses chansons auxquelles contribue un revenant, Sammy Fain, qui avait travaillé pour DISNEY dans les années 50. Le bien connu "Rescue Aid Society"/"SOS Société", marche glorieuse au ton humanitaire à la façon d'un hymne national, peut faire sourire les adultes devenus consciences éveillées, avec un brin de cynisme, mais qui charme les enfants, ceux qui l'ont été un jour et qui ont su le rester. Comme tout DISNEY, me direz-vous... C'est le seul moment chanté du film où l'on entend une orchestration jazz à facture classique de la part des studios.

Bernard et Bianca est, bien plus que Peter et Elliott le Dragon, empreint d'un parfum milieu/fin des années 70, avec le caractère soft/doux et aérien de la pop américaine, restes tardifs des années hippies mélangés aux arrangements orchestraux, à l'apport de claviers de plus en plus grand. "Tomorrow Is Another Day"/"Demain, C'est un Autre Jour" et "Someone's Waiting for You"/"Quelqu'un Viendra", "The Journey"/"Le Voyage" (saisissante avec sa montée orchestrale !) sont trois ballades folk augmentées de cors ou bugles, de harpe, de hautbois, de guitare acoustique en arpèges, de synthétiseurs polyphoniques sifflants en vogue mais avec toujours cet aspect serein, crépusculaire, absolument magnifique.

Quel délice de les entendre orner ces peintures maritimes, ces couleurs célestes en images pendant le générique d'introduction ("The Journey", avec la bouteille qui contient le message de détresse) ou le vol des héros à dos d'Orville l'albatros, après la très amusante scène de l'embarquement. La drôlerie est mesurée au cours du film, pas la poésie, lorsqu'elle s'y met. Et pour couronner le tout, une voix féminine interprète ces morceaux dramatiques, Shelby Flint à l'origine, Dominique Poulain en France. Quelle grâce pendant "Someone's Waiting for You"/"Quelqu'un Viendra", le blues nocturne de Penny, petite fille adorable et si triste ! Les larmes viennent ; pardonnez-moi, j'ai encore oublié de grandir.

Oui mais voilà, il y a une autre face, un côté obscur. Il y a le bayou, ce lieu sauvage, poisseux, inquiétant, impitoyable, et ce bateau à vapeur miteux au coeur de l'aventure. Il y a cette affreuse Madame Medusa, compromis entre la marâtre de Cendrillon sur le plan psychologique et Cruella d'Enfer pour tout le reste de la forme, hautement réussi. Elle fait peur, malgré son côté grotesque, et sa fin est glaçante, le genre qui vous marque à vie même si ça dure cinq secondes.

La musique aussi, elle fait peur ! Durant l'enfance, ça a été cauchemar sur cauchemar, rien que d'y penser. Le premier plan du film, loin des génériques DISNEY type, montre quand même une image sombre du bayou sous l'orage avec le bateau épave, tandis qu'un piano joue une mélodie à trois notes assez inquiétante sur fond de cordes qui ne le sont pas moins, avant de revenir à quelque chose de plus doux. C'est sans compter sur le thème de Medusa, lorsque Bernard et Bianca trouvent enfin sa piste, à New York. Cette note grave de piano, cette pédale de note aiguë aux cordes, tandis que les bassons évoquent un "Vieux Château" de MOUSSORGSKI en plus rude et funeste, quel effet !

Glauque à souhait, aussi désarmant que le climat du bayou du Diable au cours duquel on retrouve cette musique sinistre plus d'une fois. Halloween de John Carpenter ne sort que l'année suivante, mais on est déjà bien dans un style d'épouvante sonore tissée par les claviers et l'orchestre. C'est si fort, en contraste des ballades précitées. D'autres trouvailles excellentes, l'orgue atonal joué par les crocodiles Neron et Brutus qui chassent Bernard et Bianca durant une scène hilarante, la musique plus ethnique et palpitante d'Evinrude (la libellule-zodiac), et bien sûr deux ou trois cavalcades de cordes bienvenues, achèvent de nous convaincre de la qualité de cette bande originale.

Artie Butler (à qui on doit l'idée d'avoir suggéré "A Wonderful World" à Louis ARMSTRONG, entre autres) dirige la partition d'une main de maître, consistante et néanmoins peu pourvue en diversité comme en quantité. C'est ce qui fait l'excellence d'un tel travail, à la hauteur de l'aventure proposée.

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   MARCO STIVELL

 
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- Artie Butler (composition, direction musicale)
- Sammy Fain, Carol Connors, Ayn Robbins (écriture des chansons)
- Robert Crawford (écriture des chansons)
- Shelby Flint, Robie Lester (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. The Journey/le Voyage
2. Rescue Aid Society/sos Société
3. Tomorrow Is Another Day/demain, C'est Un Autre Jou
4. Someone's Waiting For You/quelqu'un Viendra
5. Tomorrow Is Another Day (finale)
6. + Musiques Instrumentales Non Créditées



             



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