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DISNEY - Atlantide, L'empire Perdu (2001)
Par MARCO STIVELL le 15 Juin 2018          Consultée 96 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Atlantide, l'Empire Perdu (Atantis, the Lost Empire ; 2001) est symptomatique de la fin de la période Michael Eisner, PDG de DISNEY jusqu'en 2005 et en conflit avec Roy, dernier membre de la famille de Walt qui donne son mot. La bataille ici, d'un point de vue cinéaste, prend forme à travers une question de choix : l'animation s'adresse en partie aux enfants, mais c'est une aventure pour adultes, on le voit grâce à quelques comportements et références. La musique et le dessin évoquent les anciens films DISNEY, les effets spéciaux sont remarquables, mais tout cela semble en perte de vitesse à côté du développement de Pixar et de l'ère numérique, du succès phénoménal de Shrek (Dreamworks) également. Du coup, le film a du mal à trouver son public, il rentabilise ses coûts de production, mais reste un succès mineur.

Les aventures de Milo, simple employé pour la chaudière mais passionné d'exploration comme son grand-père avant lui, demeurent fort réussies en images comme en sons à défaut de l'être constamment d'un point de vue scénaristique. En 1914, Milo et ses compagnons partent pour retrouver le fameux continent englouti par les eaux et dont l'existence n'est même pas prouvée. Parmi ces personnages, quelques drôleries forcées ("La Taupe") et quelques belles surprises, notamment le couple de méchants mixte, Rourke et Sinclair, forme rare chez DISNEY (Les 101 Dalmatiens, Bernard et Bianca) et d'autant plus appréciable. Dans les doublages VO et VF, pêle-mêle : Michael J. Fox (Milo), Jean Reno, Phil Harris, David Ogden Stiers, Patrick Timsit...

Ce film, dont la réalisation a débuté juste après Le Bossu de Notre-Dame (1996) avec les mêmes directeurs, Gary Trousdale et Kirk Wise, et déjà fort beau sur le plan visuel, est la deuxième participation de James Newton Howard pour un long-métrage DISNEY après Dinosaure l'année précédente. Et celle-ci se révèle clairement meilleure ! Non seulement la bande originale épouse les plus petites actions dans plusieurs scènes, sans toutefois égaler le niveau de Kuzco (2000) dans ce domaine, mais la partition est tout simplement magique.

Il y a une volonté de James Newton Howard de combiner l'orchestre et les choeurs de façon permanente. À la différence du Bossu de Notre-Dame, les choeurs ne chantent pas de paroles ici, ce sont entièrement des vocalises, venant rajouter au charme féérique de la redécouverte de l'Atlantide et tout ce qui s'y rapporte. Vive la précieuse alchimie avec les vues d'ensemble ! On entend aussi certaines des plus belles musiques de combat/dénouement que DISNEY a pu nous offrir, grâce à la dynamique des vents et des choeurs sur la scène du volcan en éruption.

L'orchestre étincelle pendant la plongée du sous-marin, et avec les chants, l'ambiance puise beaucoup dans l'influence Europe de l'Est/Russie chère à DISNEY depuis toujours. Il y a même un procédé intéressant de syncope pour les cuivres et les cordes ! Le thème dramatique de l'immersion de l'Atlantide au début est aussi fort à-propos, et jamais le spectateur n'a l'impression de surdose, qu'on lui en met plein les oreilles. Les hautbois du sous-sol, d'ailleurs, on les entend de loin, dans ces profondeurs où la musique se fait naturellement plus douce. À ce sujet, il faut parler du gamelan (carillon indonésien) lorsque la princesse Kida (trop sous-estimée dans sa grande famille !) nage sous l'eau avec Milo, effleurés par une voix de sirène évanescente.

Que serait une telle histoire sans un brin d'exotisme ? Des influences ethniques traditionnelles sont présentes dans certaines scènes de l'Atlantide, mais de façon mesurée et moins passe-partout que dans d'autres DISNEY de l'époque. Il y a aussi un peu de celtique/new-age, naturellement et sans que l'on trouve de quoi s'en plaindre. Si le swing est totalement absent, il convient de mentionner le moment qui prouve l'orientation plus adulte de ce film DISNEY, à savoir la scène où Helga Sinclair, la méchante, apparaît pour engager Milo au début. Elle se présente alors comme femme fatale, et cela donne lieu à un lâché de saxophone érotique. Pas surprenant mais pas attendu non plus, c'est brillant comme elle ! Et comme les un ou deux mini-thèmes "à la Danny ELFMAN" du manoir.

Pour finir, la chanson du générique, "Where the Dream Takes You" ("Aussi Loin Que Tes Rêves"), que Howard co-compose avec Diane Warren, également parolière, impose le quota r'n'b alors décidément bien employé par les studios. Heureusement, elle reste jolie, adaptée dans son propos au thème du film, et l'interprétation se vaut, que ce soit Mya en anglais ou Léna Ka en français. Bref, mis à part une petite poignée de thèmes moins marquants (la mélodie de l'instrumental placé en conclusion du film, avant le générique), il n'y a rien à redire, c'est du bon !

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   MARCO STIVELL

 
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- James Newton Howard (compositions, direction musicale)
- Diane Warren (paroles)
- Mya (chant)


1. Where The Dream Takes You/aussi Loin Que Tes Rêves



             



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