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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Dumbo (1941)
Par MARCO STIVELL le 1er Juillet 2017          Consultée 218 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Contrairement aux DISNEY précédents, Dumbo sort après l'attaque de Pearl Harbor et l'entrée des Etats-Unis en guerre. Sans rentrer dans les éléments historiques, souvenons-nous plutôt d'une scène emblématique de 1941, film "mineur" de Steven Spielberg (1979) en termes de succès, alors qu'il reste meilleur que nombre de ses blockbusters et pourvu d'un casting de rêve (John Belushi et Dan Aykroyd – futurs BLUES BROTHERS -, Ken Watanabe, Nancy Allen, Christopher Lee...), en plus d'être bouffon et désopilant (scénario de Robert Zemeckis). La scène en question, hautement savoureuse, montre un haut gradé de l'armée américaine, d'un pragmatisme et d'un héroïsme sans faille, au cinéma lors de la première de Dumbo. Il est enchanté et pleure comme un enfant !

Le contexte belliqueux est diamétralement opposé à l'un des films les plus mignons et simples de DISNEY, de fait l'un des moins riches en termes d'action et de rebondissements. Les idées les plus inquiétantes et glauques des animateurs, au moment de Blanche-Neige et de Pinocchio, y sont totalement absentes. Ou presque, si l'on excepte la scène des hallucinations, un peu longue et bancale bien que créative (celle de Winnie L'Ourson avec les "éfélants et les nouifes" sera meilleure en comparaison). Il faut dire que l'histoire vient d'un livre pour enfants, seule publication connue d'Helen Aberson (1939) et vite rachetée par DISNEY. Le personnage de Dumbo, l'éléphanteau muet aux grandes oreilles, est adorable et la trame du film ne veut pas changer de ton, malgré les commérages des "femelles", le monde impitoyable du cirque autant qu'il est attrayant.

Par rapport à Fantasia aussi, l'image est forcément moins fourmillante. La musique, néanmoins, change énormément des longues tirades symphoniques que l'on pouvait entendre en 1940 et avant. Alors que Walt est obligé de réduire les effets visuels et même la durée (une heure à peine, soit l'un des DISNEY les plus courts) pour compenser les scores faibles de ses deux efforts précédents, l'orchestre des studios s'aventure dans des contrées foisonnantes et bien américaines. On entend quelques éléments folk-country sur la "Clown Song"/"Chanson des Clowns", pour rappeler Blanche-Neige et Pinocchio. Après "Un Jour Mon Prince Viendra" et "Quand on Prie la Bonne Etoile", la musique variété s'accorde bien de nouveau pour un "Baby Mine"/"Mon Tout Petit" tendre et splendide, le moment où Dumbo rend visite à sa maman emprisonnée (et qui fait pleurer le commandant dans le film de Spielberg). La voix de Betty Noyes y est très émouvante.

Pour le reste, la musique écrite par Franck Churchill (le même que pour Blanche-Neige) et Oliver Wallace dont c'est le premier grand projet, puise dans les mondes ferroviaire et du cirque, la musique dite légère pour fanfares, les danses d'Europe de l'Est, ska compris, parfois même le Moyen-Orient (la scène des hallucinations de Dumbo). Dès le générique, qui commence de manière féérique comme d'habitude, nous sommes vite surpris par ces rythmes sautillants, rapides et délirants où cuivres pétaradants et clarinettes ont la part belle. Et puis, nous sommes dans les années 40 désormais, les années charnières entre le swing et le bebop, Duke ELLINGTON est bien installé et Miles DAVIS va passer professionnel sous peu. La bande originale de Dumbo, en dehors d'un chant de travailleurs Noirs qui montent le chapiteau et qui rappelle fortement le "Heigh Ho!" des Nains de Blanche-Neige pour son rythme martial et son choeur masculin, sonne ainsi très jazz.

Une première pour DISNEY, bien avant les 101 Dalmatiens, le Livre de la Jungle ainsi que (surtout !) les Aristochats. Et c'est très bien fait, à l'image de cet excellent "When I See an Elephant Fly", le chant des oiseaux moqueurs, à moitié scat et interprété par Cliff Edwards, voix de Jiminy Cricket dans Pinocchio. Son timbre rugueux n'est pas rendu en français - les doublages sont pourtant excellents, notamment en 1980 avec Claude Piéplu à la narration et Roger Carel en Timothy/Timothée, la souris qui soutient Dumbo – mais la traduction est, comme souvent, réussie et même étonnante. Sur cette chanson, "I saw a peanut stand, heard a rubber band" devient "j'ai vu un mille-pattes s'tailler aux Carpates". Ça sonne, ça swingue et ça colore un peu plus ce film qui n'est guère mineur ; son succès renfloue les caisses et il devient même le plus gros succès de DISNEY pour toutes les années 40 ! Cependant, les morceaux pensés comme des suites, en grande majorité, passent mieux avec l'image, de même que pour Pinocchio.

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   MARCO STIVELL

 
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- Franck Churchill, Oliver Wallace (composition)
- John Mcleish (narrateur)
- Betty Noyes (chant)
- Cliff Edwards (chant)
- Hall Johnson Choir (choeurs)


1. Main Title - Dumbo (générique)
2. Look Out For Mister Stork
3. Loading The Train
4. Song Of The Roustabouts (chant Des Manoeuvres)
5. Circus Parade
6. Bathtime
7. Ain't That The Funniest Thing
8. The Pyramid Of Pachyderms
9. No Longer An Elephant / Baby Mine (mon Tout Petit)
10. Clown Song (la Chanson Des Clowns)
11. Hiccups (hallucinations)
12. Up A Tree
13. When I See An Elephant Fly (voir Voler Un Elephant
14. You Oughta Be Ashamed
15. The Flight Test / When I See An Elephant Fly (repr
16. Save My Child / The Threshold Of Success
17. Dumbo's Triumph / Finale



             



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