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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Mulan (1998)
Par MARCO STIVELL le 13 Mai 2018          Consultée 77 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

"Alors, chers amis de DISNEY, où allez-vous nous emmener cette fois-ci ?
-Là où nous ne sommes jamais allés encore !"
En effet, lorsque Mulan est joué au cinéma, aucun film DISNEY n'avait révélé d'intérêt particulier pour l'Extrême-Orient. La dernière princesse étant née en 1995, il était logique que le héros soit une héroïne de nouveau, un exemple fort de détermination mélangée à des sentiments tout à fait admirables. Voilà ce qu'est Mulan, inspirée par une légende chinoise parmi les plus célèbres et remontant à l'équivalent de notre haut-Moyen Âge, au tout début (entre 500 et 600 après JC). Hua Mulan (son nom Hua, avec la prononciation mandarine, est la bonne manière de le prononcer ; DISNEY a choisi la cantonaise, Fa) s'est bien travestie en homme pour remplacer son père invalide lors d'une guerre contre les envahisseurs qui n'étaient pas les Huns mais les Ruanruans, anciens occupants de l'actuelle Mongolie. Elle a fini par être démasquée, mais au bout de plusieurs années, et s'est donné la mort face aux avances d'un soupirant qui n'avait rien du beau capitaine Shang !

Les anti-DISNEY parleront comme d'ordinaire d'histoire dévoyée et d'édulcoration abusive, là où ceux qui s'accordent avec mon propos voient un nouveau chef-d'oeuvre visuel et musical où la poésie reprend ses droits sur l'humour comparé à Hercule, y compris dans le dessin beaucoup plus réussi. Et comme toujours, les scénaristes et animateurs font un gros effort pour respecter les détails liés à la tradition, mis à part une poignée d'erreurs notables (le kimono de Mulan au début, plus japonais que chinois). Les réalisateurs Barry Cook et Tony Bancroft (animateur depuis 1991) passent avec brio du drame familial à la drôlerie en manque de finesse (humour et ambiance militaires, très masculins donc) et à des scènes grandioses, comme l'attaque du géant Shan-Yu avec ses Huns dans la haute montagne et la ruse de Mulan/Ping.

Jerry Goldsmith (La Planète des Singes, Poltergeist, Rambo, Gremlins, Basic Instinct et tant d'autres faits d'armes) reprend les choses là où Alan Menken les a laissées, en confiant l'écriture des chansons à David Zippel et Matthew Wilder (également arrangeur vocal), tout en se reposant sur ses chefs-d'orchestre favoris, Douglas Besterman et Alexander Courage. Esthétique chinoise oblige, l'instrument qui se détache le mieux est une flûte traditionnelle, le dizi – en bambou – rendue célèbre internationalement par le musicien Guo Yue (connu par le groupe Trisan et les Real World Studios de Peter Gabriel).

L'Extrême-Orient est le lieu d'où émergent tout un tas de gammes pentatoniques (cinq notes, par exemple les noires que l'on trouve sur un piano, pour jouer facilement) en particulier pour les danses qui imposent plus de retenue que les "ballades". Cette couleur particulière, très "asiatique" pour nos oreilles européennes, sauf qu'on reconnaît que c'est moins proche de l'Inde que de la Chine, on la retrouve dès le générique d'introduction. C'est le thème de Mulan, très élégant avec de superbes peintures. On retrouve cet air à la manière d'une danse justement, dans l'une des rares chansons féminines de l'ensemble, aussitôt après, "Honor to Us All"/"Honneur à Tous". Plus sympathique est la chanson de Mulan seule, "Reflection"/"Réflexion", l'air de princesse, ballade menée par des harmonies jazz et sur laquelle plane le dizi. Une splendeur !

La chanson du capitaine Chang à l'armée, "Comme un Homme" ("I'll Make a Man Out of You") revêt un ton plus rock et un orchestre qui rappelle vraiment les anciennes BO de films américains. C'est Patrick Fiori qui interprète le titre en français, mais la star des Mormons, Donny Osmond, est plus appréciable, sans touche "bel canto". Comme on a apprécié les réponses des femmes sur "Honneur à Tous", on aime les échanges avec les autres guerriers ici, les attachants Yao, Ling et Chien-Po qui aident Mulan/Ping et Shang. La voix de Yao est d'ailleurs celle d'Harvey Fierstein, logiquement doublé par notre cher Christian Pelissier (capitaine Haddock, Mâchicoulis dans la Famille Pirate...). Les mêmes gars se laissent aller à une part de tendresse au beau milieu d'une marche militaire, c'est "A Girl Worth Fighting For"/"Une Belle Fille à Aimer", marquée par les voix si éloignées de Yao (très grave) et Ling (très aiguë). L'arrangeur s'autorise des harmonies jugées creuses dans les règles de contrepoint (appelées octaves), qui ne pouvaient être évitées !

On a d'autres thèmes guerriers, naturellement, lorsque la conscription est lancée par Chi-Fu, le conseiller de l'empereur, ou durant la bataille de la montagne, qui ne sont pas à manquer ! Les percussions/cymbales traditionnelles sont utilisées copieusement pendant la parade impériale à la fin, ou lorsque Mushu le dragon va "débloquer" l'action avec la missive du général. Le hautbois et le cor anglais, après la flûte chinoise, ressortent joliment à plusieurs reprises, et notamment pour le thème de la poupée, durant l'un des moments les plus forts et les plus sombres de DISNEY.

Peu de surprises réelles, et pourtant il y en a deux, une excellente, et une très mauvaise. L'excellente, c'est lorsque Mulan prend la décision de remplacer son père à l'armée, la nuit pendant l'orage. Alexander Courage, l'un des deux orchestrateurs de GOLDSMITH, connu par son travail pour Star Trek, insuffle une part de pop 80's instrumentale et futuriste rarissime chez DISNEY, avec boîte à rythmes et synthés, à travers un thème aussi simple que marquant, et la scène est géniale. Décidément, rien ne pouvait prévoir un des pires choix de conclusions possibles, avec cette fête des ancêtres de la famille Fa illustrée par un morceau de hip-hop du groupe 98 Degrees auquel se joignent monsieur Stevie Wonder et son harmonica. Grotesque et parfaitement oubliable. Même la fête des dieux dans Hercule était mieux adaptée au ton global.

Cela entache peu, voire pas du tout, la partition de Mulan, "le" film d'animation de 1998, devant Dreamworks et leur pourtant magnifique Prince d'Egypte, encore une réussite majeure du DISNEY des années 90. Un dernier mot concernant les doubleurs français : l'humour de Patrick Timsit/Philoctète trouve une relève sympa avec José Garcia en Mushu (Eddie Murphy dans la version originale) et le moment bref qui voit s'affronter Bernard Dhéran/L'empereur (doubleur d'Anthony Hopkins, de Ian McKellen/Magnéto dans X-Men) et Richard Darbois/Shan-Yu (Indiana Jones, le Génie d'Aladdin, etc), méchant énorme dans tous les sens du terme, c'est de l'or en barres !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jerry Goldsmith (direction musicale, compositions)
- David Zippel (paroles)
- Matthew Wilder (compositions, chant, direction des choeurs)
- Douglas Besterman, Alexander Courage (orchestrations)
- Lea Salonga, Donny Osmond (chant)
- Harvey Fierstein, Mani Nixon (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Honor To Us All/honneur à Tous
2. Reflection/réflexion
3. I'll Make A Man Out Of You/comme Un Homme
4. A Girl Worth Fighting For/une Belle Fille à Aimer
5. I'll Make A Man Out Of You (reprise)
6. True To Your Heart (générique De Fin)



             



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