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DISNEY - Les Trois Caballeros (1944)
Par MARCO STIVELL le 24 Juillet 2017          Consultée 182 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

La parenthèse DISNEY en Amérique du Sud se poursuit avec ce nouveau long-métrage composé de courts, Les Trois Caballeros, en 1944. Entretemps, il y a Victory Through Air Power/Victoire dans les Airs (1943), non compté parmi les classiques des studios, car les prises de vue réelles prennent le pas sur l'animation et en raison de son caractère trop en rapport avec la guerre.

L'intérêt principal de ces escapades, pour DISNEY, avec Saludos Amigos (1942) d'abord, est d'employer une palette de couleurs chaudes et vives rarement employée d'habitude (dans Pinocchio ou Bambi par exemple), renforcée par l'excellence de la caméra Technicolor, de mélanger diverses idées tout en instruisant le spectateur. Le générique est proche de celui du film précédent, chanté par Manuel Esperon mais avec de superbes choeurs féminins.

Les Tres/Les Trois Caballeros affirme quand même sa propre identité, et c'est là que le bât blesse. Le début est très amusant, avec Donald Duck en vedette qui, pour son anniversaire, reçoit des cadeaux, dont un dispositif pour voir les séquences tournées en Amérique du Sud, ou animées à partir de celles-ci. Le début propose l'histoire originale d'un pingouin parti d'Antarctique et venu s'installer sous le soleil des îles Galapagos, au large de l'Equateur. Ensuite, c'est celle d'un gauchito.

Cependant, la narration s'arrête peu à peu. Bien que nous faisant visiter à nouveau l'Argentine et le Brésil, ainsi que le Mexique cette fois - c'est la spécificité du film -, les quarante-cinq minutes restantes se perdent souvent dans un déluge de gags et de danses auquel participent Donald, José Carioca, le perroquet brésilien et Panchito Pistoles, le coq caballero mexicain. On sourit de temps en temps, mais c'est bien trop lourd sur une heure dix, et puis il y a trop de samba.

Le mélange animation/réel, notamment dans les rues de Bahia au Brésil, lors des chansons mexicaines et sur les plages d'Acapulco, prend des allures de film de série Z et c'est regrettable. On voit une ou deux jolies brésiliennes (Aurora Miranda, chanteuse sur "Os Quindins de Yayá"), ou mieux encore à la fin, Carmen Molina, la splendide caballera mexicaine qui danse "Jesusita" au milieu des cactus. Les filles sont à l'honneur, on apprécie toujours les scènes de danses populaires dans les campagnes du Mexique, à Veracruz etc, le caractère étant plus pimenté qu'au Brésil.

Le Lilongo et le Jarabe tapatío ont beaucoup en commun avec les square dances aux Etats-Unis, le premier est construit sur les mêmes accords que la fameuse bamba, mieux connue par chez nous. Ces moments, sourires féminins radieux garantis, constituent la réussite principale des Trois Caballeros, avec aussi deux moments adorables à Bahia et Mexico (le récit de Noël), illustrés par des toiles peintes superbes. Ils restent courts, mais c'est l'occasion d'entendre les orchestrations aux violons de Paul Smith et Ed Plumb, parfois légèrement jazzy et souvent entrecoupées de mini-thèmes latins aux guitares-cuatros-vihuelas et maracas, survolés par la flûte.

C'est chatoyant pour les oreilles comme pour les yeux, mais encore une fois, la partition supervisée par Charles Wolcott reste noyée dans une durée inadaptée et procure de nombreux moments de lassitude. La chanson de José Carioca, "Baia", pourtant interprétée de nouveau par José Oliveira, nous émeut autant que les délires et la partie brésilienne tirent en longueur. En français, on déplore particulièrement la chanson de Mexico vue de nuit, "La Chanson du Bonheur" ("You Belong to My Heart"), à préférer dans sa version originale, chantée par Dora Luz et sans doublage raté donc.

Pour le Brésil, il est intéressant d'imaginer l'impact de la musique traditionnelle sur les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux, bien avant l'arrivée de Tom JOBIM, du clan GILBERTO et de leur bossa-nova pendant les années 50/60. Cela ne suffit cependant pas pour permettre aux Trois Caballeros de faire date. Dommage pour cette expérience qui est la dernière de DISNEY en Amérique du Sud avant longtemps ; ce sera en 2000 avec le désopilant Kuzco, L'empereur Mégalo !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Charles Wolcott (direction musicale)
- Ed Plumb, Paul Smith (compositions)
- Ray Gilbert (paroles)
- Ary Barroso (composition)
- José Oliveira, Manuel Esperon (chant)
- Dora Luz, Aurora Miranda (chant)


1. Los Tres Caballeros
2. Baia
3. Os Quindins De Yayá
4. You Belong To My Heart/la Chanson Du Bonheur
5. Jesusita
- Diverses Musiques Instrumentales Non-créditées



             



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