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DISNEY - Bernard Et Bianca Au Pays Des Kangourous (1990)
Par MARCO STIVELL le 21 Février 2018          Consultée 202 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

1990, l'année Spielberg de DISNEY, se termine avec The Rescuers Down Under, en français Bernard et Bianca au Pays des Kangourous. En anglais, "down under" signifie "en bas" ou "en dessous", c'est l'expression usitée pour désigner l'Australie, cette île-continent qui attire tant de personnes et que l'on pourrait qualifier d'endroit de dingue, tant les contrastes y sont poussés à l'extrême.

Cette sortie est historique pour DISNEY, car il s'agit de la première suite à un classique d'animation, pourtant déjà inférieure à celui-ci en termes de qualité, et aussi la première occasion de remarquer que malgré un certain succès, l'engouement n'est pas aussi fort que pour les "numéro 1" ; il en sera toujours ainsi. Cependant, pour une première, les moyens déployés sont remarquables. Ce sera déjà un peu moins le cas dans la prochaine, Le Retour de Jafar en 1994, et ensuite à partir de 1997, toute la saga incessante de "untel film Disney" n°2, 3, voire 4.

Nos deux souris préférées de SOS Société partent en mission dans le bush australien pour sauver un jeune garçon, Cody, lui-même ami d'un aigle royal femelle, Marahute, chassé par le dangereux braconnier McLeach (savoureux mélange de Crocodile Dundee et du feu chanteur d'AC/DC Bon Scott pour le visage, avec un nom écossais qui plus est) et sa salamandre Joanna. McLeach est de loin le meilleur personnage, contrairement à d'autres qui font partie de ce que DISNEY a produit de moins intéressant ou de plus énervant, que ce soit l'aventurier Jake, l'albatros Wilbur (le doubleur d'Orville étant décédé en 1988, ce qui explique le changement), le lézard Frank et quelques scènes du même acabit comme l'opération du dos de Wilbur.

Dans ce DISNEY bancal, certaines autres scènes font pourtant belle figure, à commencer par l'introduction. Silence et bruits d'animaux sauvages dans une photographie floue, et d'un coup, tout s'éclaire, tout s'accélère même, avec un traveling avant de la caméra pour présenter le gigantisme australien qui nous émerveille autant que la musique employée. Sur fond de tambours et de percussions lourds, une note pédale est conservée pour la mélodie, afin de permettre à l'orchestre de broder autour, en donnant la sensation d'un mélange de boléro et de musique tribale. Waouh ! Pour une entrée en matière, ça décoiffe ! C'est l'une des meilleures de DISNEY en fait.

On plonge ainsi dans la terre rouge australienne, ses forêts et ses marais traitres, ses canyons et ses cascades qui atteignent des cimes stratosphériques, au rythme des pas de Cody et de nos deux souris favorites, quand ce ne sont pas le vrombissement infernal du camion de McLeach ou les ailes de Marahute. Les thèmes respectifs de ces deux derniers sont excellents, entre les cuivres menaçants du braconnier (il est amusant de remarquer l'emploi d'un phrasé rythmique latino, rumba ou cha-cha), ou l'héroïsme à la John Williams - encore une fois – du vol de l'aigle, toutes clarinettes et flûtes de pan dehors, avec une variation plus douce pour les œufs. Cette mélodie est superbe !

Les influences Europe de l'Est des premières musiques de DISNEY se retrouvent durant l'appel au secours qui parvient à SOS Société (autre scène très classe avec la carte du globe), et l'Australie reste le pays du didgeridoo, ce que le musicien Adam Rudolph tient à nous rappeler dès le départ. L'illustration est donc franchement réussie, avec quelques autres moments notables comme l'expérimentation des bois/vents lorsque Joanna essaie de manger les œufs d'aigle, ou alors quand Bernard court seul dans le crépuscule, un peu avant la fin du film. Même le silence est important.

Et au cours de ce DISNEY-là, contrairement à ce que l'on croit, il y a des chansons, même si ce n'est pas dans la tradition de la comédie musicale ! Pour commencer, Wilbur à l'aéroport de New York, danse et chante sur "Black Slacks", le plus gros tube de JOE BENNETT AND THE SPARKLETONES (fin des années 50), ce qui donne une couleur rock'n'roll inattendue et bien agréable.

Dans le genre "oldies-goldies", McLeach, doublé avec brio aussi bien par George C. Scott en anglais que André Valmy en français (auparavant, ce dernier avait entre autres incarné Quint dans les Dents de la Mer) se fait bien remarquer lui aussi. A-cappella, il fredonne des bribes de "Home on the Range" (en français "Au pénitencier", tiens tiens...) dans le désert et "Crawdad Song" ("Pêche à la ligne, pêche à la mouche...") durant la scène la plus palpitante (la dernière), deux bijoux de musique folk-country traditionnels immortalisés par Roy ROGERS et Woody GUTHRIE notamment. À nouveau, cela sonne DISNEY ancien. Les Ricains ont beau s'inviter chez les Aussies et leur faire des concessions, on voit bien où ils reprennent leurs droits !

Ce n'est pas plus mal car la bande originale reste le meilleur élément d'un film guère passionnant sur la longueur, qui fait même déjà sentir le problème des suites DISNEY par instants, mais qui reste beau à voir. En France, il s'agit de l'ultime grand doublage de l'immense Roger Carel (Bernard) pour DISNEY et on le savoure comme tel.

Contrairement à la version américaine qui reprend le thème d'introduction au générique de fin et de fort belle manière, on trouve au pays de Molière une chanson originale connotée, à la limite du kitsch mais de bonne qualité. Composée par Alain Lollioz et Philippe Salto sur des paroles de Pierre Grosz, la jeune Anne Meson, chanteuse pour enfants et ambassadrice DISNEY de l'époque, interprète ce rock FM vigoureux, débordant de cuivres, d'harmonica et d'énergie positive. Cela sonne mieux qu'un générique de manga ou de série AB, pas mal mais franchement osé ! Ce n'est pas du MIDNIGHT OIL, mais ça le fait.

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- Bruce Broughton (direction musicale, compositions)
- Don Nemitz, Mark Mckenzie (orchestrations)
- Joe Bennett (chansons)
- Jimmy Denton, A. B. Paterson, Marie Cowa (chansons)
- George C. Scott (voix, chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Black Slacks (joe Bennett And The Sparkletones)
2. Waltzing Matilda
3. Home On The Range (mcleach)
4. Crawdad Song (mcleach)
5. + Musiques Instrumentales Non-créditées



             



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