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DISNEY - Oliver Et Compagnie (1988)
Par MARCO STIVELL le 31 Janvier 2018          Consultée 251 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Oliver et Compagnie (traduction simple et adéquate de Oliver & Company), sorti en 1988, marque une rupture dans le traitement habituel des films d'animation DISNEY. Pour commencer, ce n'est pas l'équipe principale, celle de Taram, Basil et autres. Il n'y a qu'un seul réalisateur officiel, George Scribner (un de ses rares hauts faits d'armes avec le futur Prince et le Pauvre en 1990), assisté de Timothy O'Donnell. En revanche, et cinq ans après Le Noël de Mickey en 1983, Charles Dickens étant de nouveau à l'honneur, ils ne sont pas moins de 15 ou 16 scénaristes à se lancer dans cette adaptation très américaine du best-seller Oliver Twist.

Une excellente idée : Londres devient New York, on passe de buildings à d'autres buildings encore plus grands (le World Trade Center était encore debout...), de rues sales à d'autres rues sales plus modernes, les fiacres sont devenus des voitures puissantes, limousine ou bolides de mafiosi... Oliver et Compagnie n'est sans doute pas le meilleur DISNEY, même pour les années 80, mais il est fort de sa personnalité, par rapport au très anglais Basil Détective Privé. Quitte à choquer même un peu et y compris avec le recul, quand on entend par exemple une radio portative, sur l'épaule d'un jeune Noir en train de marcher, débiter du hip-hop bien d'époque, encore très porté par les rythmes funk. Historiquement parlant, cela a beau être la continuité du jazz cher à DISNEY, il fallait oser !

Le doublage ne tient pas la comparaison en français cette fois-ci, la traduction (pas aisée certes) n'est pas brillante et les voix originales américaines sont tout simplement meilleures. Pourtant, nous avons Philippe Dumat, toujours excellent en Fagin/Fagen et qui bénéficie grandement des années Picsou ; ou alors Henry Djanik (chef des loups dans le Livre de la Jungle, tortue colonel dans Bernard et Bianca) tout aussi mémorable en Sykes, l'horrible mafieux ; et puis Marie Ruggieri, la diva de Basil ici en Georgette ; et puis Patrick Poivey (la voix de Bruce Willis) en Roublard, Georges Atlas en bouledogue érudit, Gérard Hernandez en chihuahua débile...

Mais en face, ils ont d'autres mastodontes qui incarnent l'esprit de la Big Apple (la grosse pomme : New York) avec authenticité, et en particulier pour les chansons, elles aussi façonnées par de nombreuses mains, parmi lesquelles celles de monsieur Barry MANILOW ("Could It Be Magic"...), Dan Hartman du EDGAR WINTER BAND ou encore Howard Ashman, parolier important pour les prochains DISNEY... Si certaines de ces chansons sont mineures, comme "Streets of Gold"/"Des Rues en Or" et "Perfect Isn't Easy"/"La Perfection, C'est Moi !", les chansons de Rita et de Georgette, il faut se dire que les versions originales sont meilleures encore une fois et les interprètes de taille, respectivement Ruth Pointer (POINTER SISTERS) et Bette MIDLER. Rien de moins...

Et puis quand même, Dodger/Roublard, c'est Billy JOEL ! Très très classe, entre sa voix puissante et son toucher de piano boogie que l'on peut entendre sur le festif "Why Should I Worry?"/"Mais Pourquoi M'en Faire ?". C'est aussi ça, Oliver et Compagnie, peu de hip-hop finalement et beaucoup de dynamique soul/rhythm'n'blues transposée aux années 80, avec synthés-cuivres quand ce ne sont pas de vrais cuivres, batterie qui claque... Une musique très urbaine pour un film urbain. Ajoutons à ce titre la ballade crépusculaire "Once Upon a Time in New York City" ("Il était Une Fois à New York City"), magnifique et encore plus quand on reconnait HUEY LEWIS AND THE NEWS en charge de l'interprétation. Ah, cette mélodie gracieuse, ces guitares en son clair, ces soli de synthés polyphoniques sur fond de peintures de l'immense capitale, et ce pauvre Oliver qui...

Tiens, parlons-en d'Oliver ! Longtemps après les Aristochats, voilà l'occasion pour DISNEY de faire vibrer la corde sensible des amateurs de félins, avec un adorable petit chat pour remplacer un gamin des rues dans le livre de Dickens. Si les concepteurs réussissent leur coup et dès la première séquence, il faut se rendre à l'évidence, la suite le montre, les chiens restent emblématiques des studios avant toute chose. Oliver a néanmoins droit à sa chanson indirecte, lorsque Jennifer (bel écho à la Jenny de Bernard et Bianca) l'adopte. C'est elle (incarnée par Natalie Gregory) qui chante "Good Company"/"Bonne Compagnie", très jolie ballade et morceau le plus anglais, avec même des hautbois qui veulent sonner baroques.

Voilà une belle subtilité de la part de J. A. C. Redford (compositeur des séries TV Côte Ouest, Arabesque, Sept à la Maison...), directeur musical et de Thomas Pasatieri, chef d'orchestre. Depuis Basil, le groupe est pop, jazz, rock pour les chansons, les synthés ont remplacé les violons, et du coup, ceux-ci ne rentrent qu'au bout d'un long moment, lorsque Oliver arrive chez Fagen. L'orchestre a un rôle limité mais très classieux, avec outre la course poursuite finale (et l'une des morts les plus traumatisantes pour un méchant de DISNEY), deux ou trois thèmes dramatiques très forts. Pour le reste, un peu de salsa (grâce à Tito), des reprises de chansons bienvenues à la fin...

Oliver et Compagnie est un travail très intéressant, déjà au moment de sa préproduction (prises de New York d'un point de vue quadrupède par les photographes), et il est le premier DISNEY à intégrer des ordinateurs et images de synthèse, mêlés à la xérographie, le procédé de photocopie utilisé depuis Les 101 Dalmatiens. Musicalement, il regorge de bonnes idées, pas toujours traitées de la meilleure manière cependant, comme en témoignent deux sur trois des chansons féminines, pas celle de Jennifer donc. En plus, il obtient un grand succès. La note est un peu plus basse, mais ne pas s'y tenir, ça en vaut la peine !

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   MARCO STIVELL

 
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- J. A. C. Redford (direction musicale)
- Thomas Pasatieri (orchestrations)
- Howard Ashman, Dean Pitchford, Bary Mann (compositions)
- Barry Manilow, Rob Minkoff, Ron Rocha (compositions)
- Tom Snow, Dan Hartman, Charlie Midnight (compositions)
- Jack Feldman, Bruce Sussman, Rubén Blade (compositions)
- Rocky Pedilla, Michael Eckart, Jon St. J (compositions)
- Billy Joel (voix, chant)
- Ruth Pointer (voix, chant)
- Bette Midler (voix, chant)
- Natalie Gregory (voix, chant)


1. Once Upon A Time In New York City/il était Une Foi
2. Why Should I Worry?/mais Pourquoi M'en Faire
3. Streets Of Gold/des Rues En Or
4. Perfect Isn't Easy/la Perfection, C'est Moi !
5. Good Company/bonne Compagnie
6. Why Should I Worry? (reprise)/mais Pourquoi M'en F



             



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