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DISNEY - Les 101 Dalmatiens (1961)
Par MARCO STIVELL le 7 Novembre 2017          Consultée 113 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Avec l'échec cuisant de La Belle au Bois Dormant, absolument pas mérité, DISNEY a bien failli arrêter les longs-métrages d'animation ! Quelle perte cela aurait été! Walt annonce finalement un rythme de production tous les deux ans. Signalons d'abord une immersion britannique quasi-totale, ce qui n'est pas un mince détail pour des Américains.

Les 101 Dalmatiens/The One Hundred and One Dalmatians est adapté du roman du même nom écrit par Dodie Smith cinq ans plus tôt en 1956 et inspiré de faits/personnages réels, dont l'auteure elle-même (Anita, comme son mari devenu Roger Radcliff), un dalmatien nommé Pongo qui a existé lui aussi (Perdita résulte de deux chiennes adoptées en revanche), une vraie portée de 15 chiots dont un qui a failli mourir à la naissance.

DISNEY revient à une histoire "domestique" comme l'était La Belle et le Clochard, en plus rythmée et moderne (voitures, télévision). Au niveau de l'animation, c'est une prouesse encore novatrice, car Ken Anderson, directeur artistique et un peu dans le dos de tout le monde aux studios, utilise la xérographie, le même procédé que pour nos bonnes vieilles photocopieuses et imprimantes. Il faut dire que la race du dalmatien est un cauchemar de dessinateur, à cause des tâches (comme le tigre ou le zèbre), alors autant dire que pour 101 spécimens, cette méthode se révèle autant économique qu'efficace, même si Walt juge que cela nuit à la qualité du trait.

Ce n'est pas non plus la musique qui pèse beaucoup sur le budget des studios en cette année 1961. George Bruns et l'orchestre ont ici un rôle limité à l'illustration, presque entièrement. Il n'y a pas de fainéantise pour autant, des envolées de cordes très belles viennent toujours souligner l'action. On peut noter çà et là des clins d'oeil, légers et lointains, à d'anciens tubes DISNEY comme "When You Wish Upon a Star" dans l'étable avec les vaches.

Le générique est le moment le plus aventureux et remarquable avec l'impression d'enchaîner autant de thèmes que de chiens dans le film. Ils sont très brefs, les instruments se suivent et se répondent, clarinettes, flûtes à la Lady (La Belle et le Clochard), piano swing, trompette bouchée, accordéon, trombone... Et bien sûr les aboiements en pagaille au milieu, comme pendant l'histoire !

Bill Peet, scénariste, scinde avec justesse le déroulement en deux parties. La première avec d'abord Roger Radcliff et le chien Pongo, célibataires endurcis qui évoquent la vie de nombreux auteurs-compositeurs, façonneurs de tubes intemporels ou non ; Ben Wright et Rod Taylor (La Machine à Remonter le Temps, plus tard Les Oiseaux d'Hitchcock) sont respectivement doublés en français par Roger Rudel (qui a aussi refait Kirk Douglas dans 20.000 Lieues Sous les Mers) et notre cher Roger Carel, encore jeune, dont c'est le premier doublage vraiment marquant pour DISNEY.

Rudel chante "Cruelle Diablesse" pour Roger Radcliff (amusante succession d'homonymes !), mais en anglais, c'est Bill Lee pour "Cruella De Vil", composée par Mel Leven dans un style blues bastringue en moins d'une heure, comme le dit l'histoire. Excellente mélodie, malicieuse, bien portée par son rythme shuffle au piano, avec une trompette à la Louis ARMSTRONG. Elle s'élève au niveau du méchant, ou plutôt de la méchante, personnage qui se détache du reste par ses contradictions (le côté "mode" et le côté "sorcière laide" à la fois) et son caractère, sa folie.

Le scénariste Bill Peet a intelligemment transformé celle qui n'était qu'une fille gâtée de riches nobles dans le livre à la base. À côté, Jasper et Horace, ses sbires, sont seulement bêtes ; ils devaient avoir leur chanson aussi. L'actrice Glenn Close personnifiera Cruella d'Enfer avec une grande justesse, dans le remake du film de DISNEY et d'autres comme Le Diable S'habille en Prada.

Mel Leven, unique auteur de chansons pour ce film, ne compose que deux autres titres de moindre importance. "Kanine Krunchies" est une comptine d'enfant détournée en publicité télé pour chiens, et "Dalmatian Plantation"/"La Maison du Rêve", couple de phrases mignonnes vient clore le film après une seconde partie de haute volée. Lorsque les chiots sont dérobés, on ne s'attend absolument pas, afin de les retrouver, à cette séquence très classieuse d'aboiements façon télégraphe ou radio pour chiens, et qui nous conduit en pleine campagne anglaise. Entrent en scène le Capitaine (un cheval), le Sergent Tibs (un chat) et le vieux Colonel. Musique militaire de rigueur, sans surprise mais dont on se délecte pourtant, grâce au savoir-faire de George Bruns, aidé par Franklyn Marks aux orchestrations.

Un tel développement est le clou de ce film d'animation, qu'on apprécie toujours autant de revoir malgré les années. Curieusement, il coûte beaucoup moins cher que le précédent, mais rapporte beaucoup plus au contraire. Quand DISNEY met le paquet, ça rate d'un point de vue succès ; quand ils la jouent plus modeste, ça marche, grâce à des petites boules de poils et quelques autres plus grandes.

En tout cas, leur force est d'arriver à faire de belles choses dans les deux cas ! Il est toujours bon de voir un pied-de-nez au célibat, surtout à une époque (la nôtre à présent) où c'est devenu un sacerdoce, un bien-être. Enfant déjà, Pongo et Perdita, et surtout Anita et Roger - un musicien ! - se rapprochaient des couples féériques pour moi. Et en plus, de nombreux dalmatiens (nettement plus que 101 !) ont pu être adoptés mieux qu'avant 1961, lorsque cette race n'était guère appréciée.

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   MARCO STIVELL

 
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- George Bruns (direction musicale)
- Franklyn Marks (orchestrations)
- Mel Leven (écriture des chansons)
- Bill Lee (chant)
- Lucille Bliss (voix de la pub)
- Orchestre Des Studios Disney
- + Doublages De Pleins De Chiens


1. Générique
2. Cruella De Vil/cruella D'enfer
3. Kanine Krunchies
4. Dalmatian Plantation/la Maison Du Rêve
5. + Musiques Instrumentales Non-créditées



             



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