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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Les Aristochats (1970)
Par MARCO STIVELL le 7 Décembre 2017          Consultée 128 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

1970. Les studios DISNEY ont encore remporté de beaux succès grâce au Livre de la Jungle et, à partir de 1969, avec la série des Coccinelle (Un Amour De..., le premier, récolte l'un des plus gros nombres d'entrées au cinéma cette année-là). The Aristocats, Les Aristochats en français, est un long-métrage plutôt tranquille qui réemploie de nombreuses recettes et rôles. Le réalisateur est Wolfgang Reitherman, le scénario - original - de Larry Clemmons, l'animation est supervisée par Ken Anderson, la musique par George Bruns, comme pour les précédents.

Pour la première fois, DISNEY déporte ses préférences canines sur les chats. Une décision tellement tardive, pour faire un léger anachronisme, qu'elle fait beaucoup sourire vue depuis notre époque Internet et la capitulation de l'humain face au plus affectueux des félins (du moins, quand il veut bien). Le film, comme La Belle et le Clochard, Peter Pan ou même Mary Poppins, se passe au début des années 1910, mais à Paris et alentour. On trouve d'ailleurs une filiation avec les 101 Dalmatiens pour le côté urbain-campagne, même si le passage de l'un à l'autre est moins distinct, et même si le méchant de l'histoire, le majordome Edgar, a beaucoup moins de charisme que Cruella.

Musicalement, le film semble aussi un peu en avance pour intégrer autant le swing au scénario. C'est bien évidemment la chanson de Scat Cat, O'Malley et les autres chats de gouttière qui se retient mieux qu'autre chose, "Everybody Wants to Be a Cat"/"Tout le Monde Veut Devenir un Cat". Comme "The Bare Necessities" sur Le Livre de la Jungle, elle est l'oeuvre attitrée de Floyd Huddleston et Al Rinker (frère de Charles, parolier de Gene DE PAUL, et ancien RHYTHM BOYS avec Bing CROSBY), duo fournisseur de tubes pour des grands comme SINATRA, Judy GARLAND, Sarah VAUGHAN...

Un beau patchwork que cette chanson à la construction savante et où ça joue fort ! Elle débute en swing lent où O'Malley (Phil Harris) et Scat Cat (Scatman Crothers) se répondent avec une clarinette guillerette qui se glisse entre eux. Puis la chanson s'emballe, avec quelques cartooneries (une escapade asiatique sur fond de piano boogie, preuve de la liberté inépuisable du jazz), suivie par une accalmie à la harpe de Duchesse, la chatte (Eva Gabor pour les dialogues et Robie Lester au chant, doublées par Michèle André et Anne Germain), et une reprise finale du refrain pleine de folie, jusque dans la trompette.

Ce n'est pas que le reste de la partition est forcément moins bon, mais il est difficile d'égaler un tel niveau d'excellence, même si l'on a pour nom Richard/Robert Sherman ou Terry Gilkyson. Ce dernier reste dans l'esprit des "Bare Necessities" pour la chanson de Thomas O'Malley, le chat et personnage le plus attachant du film, au moment où il rencontre Duchesse, à cause de son côté léger, spontané et séducteur. Sachant que les acteurs américain et français, Phil Harris et Claude Bertrand, sont les mêmes que pour Baloo.

Plus discrets mais pas moins efficaces, les frères Sherman confient le générique du film à monsieur Maurice CHEVALIER. Brillant et malicieux, du swing avec accordéon. Ils écrivent aussi le très fin "Scales and Arpeggios"/"Gammes et Arpèges", interprété par les chatons et Duchesse qui apporte une couleur lyrique. On y décèle une influence baroque très appréciable, au piano, et une de ces mélodies secrètes et séduisantes dont la fratrie est capable.

De son côté, George Bruns, assisté par Walter Sheets aux orchestrations, reprend souvent l'idée de l'accordéon à travers sa réalisation sonore, Paris oblige. Il navigue joliment entre swing inspiré (y compris une reprise de "L'amour Est un Oiseau Rebelle", extrait du Carmen de Georges Bizet, durant la première séquence chez Madame Adélaïde) et fééries splendides, dans les moments où Duchesse rêve en parlant de sa maîtresse ou en se rapprochant d'O'Malley. On apprécie également les scènes désopilantes entre Edgar et les chiens dans la campagne de nuit, explosions orchestrales et "smooth" jazz (doux, pépère) avec vibraphone qui sera réutilisé pour le film d'animation suivant, Robin des Bois (1973).

La musique est le point fort d'un film au mieux sympathique, qui pêche un peu dans certaines idées scénaristiques, les oies anglaises (malgré là encore un thème sonore adapté et rigolo), l'oncle Waldo. Fait amusant pour un film sur des chats, ce sont des chiens qui ont le dernier mot... L'ensemble un peu moins marquant que d'ordinaire, tout simplement. Alors que la décennie 70 débute à peine, beaucoup attribuent aux Aristochats un début de déclin des studios DISNEY pour les vingt ans à venir. Commercialement peut-être ; pour le reste, c'est un peu vite dit !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- George Bruns (direction musicale)
- Walter Sheets (orchestrations)
- Robert Sherman, Richard Sherman (écriture des chansons)
- Floyd Huddleston, Al Rinker (écriture des chansons)
- Terry Gilkyson (écriture des chansons)
- Phil Harris, Scatman Crothers (voix, chant)
- Robie Lester (chant)
- Charles Lane, Liz English, Dean Clark (voix, chant)


1. The Aristocats/les Aristocats
2. Scales And Arpeggios/gammes Et Arpèges
3. Thomas O'malley Cat
4. Everybody Wants To Be A Cat/tout Le Monde Veut Dev
5. She Never Felt Alone
6. Everybody Wants To Be A Cat (reprise)



             



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