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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Mary Poppins (1964)
Par MARCO STIVELL le 26 Novembre 2017          Consultée 132 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Walt Disney a connu nombre de montagnes russes durant sa carrière, mais le milieu des années 60 est un haut pour lui et son oeuvre, assurément. Quelques années ont été nécessaires pour se remettre de l'échec commercial de La Belle au Bois Dormant, et un an après Merlin l'Enchanteur, en 1964, Mary Poppins marque le retour à des projets qui lui tiennent vraiment à coeur. Un succès critique et commercial bien mérités pour la comédie musicale dirigée par le réalisateur Robert Stevenson.

Toujours prompt à acheter puis adapter des romans de jeunesse, Walt s'est tourné vers ceux de l'australienne Pamela Travers, publiés dès 1934. Sachez quand même, chers lecteurs, que 25 ans ont été nécessaires pour que le projet aboutisse ! Travers juge tout simplement que rien ni personne ne peut rendre justice à son héroïne, Mary Poppins, en l'adaptant, mais Walt et son frère Roy, "le banquier", tiennent bon. Après moult rebondissements et propositions avortées (qui donnent lieu à un film en 2013, Saving Mr Banks/Dans l'ombre de Mary, avec Tom Hanks, Colin Farrell et Emma Thompson), ils obtiennent gain de cause, et Travers valide le film en choisissant le rôle-titre.

C'est Julie Andrews qui incarne la bonne sorcière au parapluie-perroquet et au sac "sans fond" magique, qui vient offrir du rêve aux enfants Banks, à leur père banquier et à leur mère suffragette toujours trop occupés, au début des années 1910 dans les quartiers aisés de Londres. Anglaise, actrice et chanteuse en vue depuis 10 ans à Broadway, Andrews n'a pas eu le rôle pour My Fair Lady (film produit par la Warner), confié à Audrey Hepburn, mais ici, elle éblouit tout le monde de son sourire radieux, de ses moues adorables et de sa belle voix, à qui l'américain Dick Van Dyke (Bert) donne une réplique masculine idéale et comique. Pour parfaire ce casting, parlons de David Tomlinson/Mr Banks dont la rigueur toute britannique s'oppose au rire éclatant de Van Dyke.

On trouve un parallèle avec Mélodie du Sud (1946) sur le rapport autorité parentale/sauvegarde de l'enfance, le sage Noir massif est devenu une fée anglaise dynamique. La légèreté règne dans Mary Poppins, parfois un peu trop (chez l'oncle Albert) et y compris au moment central de l'animation pourtant secondaire. Néanmoins, la scène mythique des chevaux de bois en pleine chasse à courre donne naissance à l'un des plus gros tubes de DISNEY, "Supercalifragilisticexpialidocious". Les frères Sherman révèlent tout leur talent, plus que dans le film précédent, pour écrire des ritournelles qui font mouche, y compris le "I Love to Laugh"/"C'est Bon de Rire" de l'oncle Albert et le jazzy "Jolly Holiday"/"Quelle Jolie Promenade avec Mary", instant galant de Bert/Van Dyke et Mary/Andrews durant le tableau animé.

Les frères Sherman sont dirigés par Irwin Kostal et James MacDonald, compositeurs et orchestrateurs. Kostal a participé au West Side Story de Leonard Bernstein, il sait donc de quoi il parle ! Et on le sent dès le générique qui, telle une ouverture d'œuvre classique fleuve et grandiose, sur un plan travelling majestueux de Londres vu du ciel, présente les thèmes de toutes les chansons importantes que l'on entend ensuite. Simple dans le principe, mais on sent déjà combien cette BO est exceptionnelle.

Le père George Banks pense qu'il mène une vie aisée et le chante ("The Life I Lead"), tout comme la gentille mais irresponsable (pour ses enfants, en tout cas !) madame Winifred Banks, et les banquiers (dont le patron est aussi joué par Van Dyke) entonnent leur refrain quasi-militaire, "Fidelity Fiduciary Bank"/"Deux Pences". Jane et Michaël, les enfants Banks, écrivent leur chanson pour trouver une nounou, mais Mary se distingue avec des berceuses magnifiques dans les lumières du soir, qui vous hantent pour toujours : "Stay Awake"/"Ne Dormez Pas" et "Feed the Birds"/"Nourrir les P'tits Oiseaux", belles à pleurer, j'en frissonne toujours aujourd'hui !

Les cordes et les cuivres orchestraux développent une partition diverse, tout comme le choix de l'émotion répandue. Très facilement, on oublie qu'il s'agit d'une comédie musicale, un beau pari. Les acteurs jouent un vrai film avec force, la photographie est splendide. On s'émeut du sort de George Banks, prisonnier du monde glacial de la City de Londres et qui a été contraint de grandir pour élever ses enfants. Que de larmes versées pendant tout le passage qui suit (et non qui suie) celui des ramoneurs, lorsqu'il marche seul en plein Londres de nuit pour aller se faire licencier.

Mary Poppins, c'est encore l'inoubliable "A Spoonful of Sugar"/"Le Morceau de Sucre". Julie Andrews est superbement doublée par Anne Germain en France, Dick Van Dyke par Michel Roux, le même que Grand Coquin dans Pinocchio. C'est tout simplement l'une des meilleures chansons légères de DISNEY, toutes époques confondues. Sur un tempo valsé, "Pavement Artist"/"Chem Cheminée" a, elle aussi, de quoi nous transporter ; on veut, nous aussi, sur un nuage de fumée au-dessus des toits. Quelle évocation sonore merveilleuse de Big Ben dans le crépuscule londonien !

Tenez, puisqu'on parle de fumée et de ramoneurs, on ne saurait oublier le moment où Mary, Jane, Michaël et Bert sont aspirés par la cheminée, marqué par des cors qui s'élancent et des cordes qui retombent. La danse endiablée en compagnie des "hommes noirs", "Step in Time"/"Prenons le Rythme", voilà de quoi convaincre un petit garçon que tout est possible, comme ranger sa chambre en un claquement de doigts. Si, si, même un final époustouflant de grâce avec des cerfs-volants et la mélodie d'une famille enfin réunie, "Let's Go Fly a Kite"/"Laissons-le S'envoler". Les larmes continuent (à 30 ans révolus), parce que Mary s'en va et parce que la chanson est géniale, comme si la bande originale n'était pas déjà assez riche en pépites. Un trésor ? Oui, Amiral ! Je ne vous ai pas oublié, vieux cachalot !

Haut en couleurs, entier et constant en qualité (allez, mis à part quelques lourdeurs, certains personnages moins réussis comme les cuisinières). En musique et en plein Beatlemania, DISNEY maîtrise l'influence anglaise sans renier l'approche hollywoodienne. Les studios créent l'un des films anglophones les plus précieux parmi les plus connotés et définis, avec un gros cahier des charges. Mary Poppins est un chef-d'oeuvre.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Irwin Kostal, James Mac Donald (direction musicale)
- Roger Sherman, Richard Sherman (écriture des chansons)
- Julie Andrews (chant)
- Dick Van Dyke (chant)
- David Tomlinson (chant)
- Glynis Johns (chant)
- Karen Dotrice, Matthew Garber (chant des enfants)
- Ed Wynn, Arthur Malet (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Générique D'introduction (collage De Mélodies)
2. Sister Suffragette (les Soeurs Suffragettes)
3. The Life I Lead (je Vis Et Mène Une Vie Aisée)
4. The Perfect Nanny (petite Annonce Pour Une Nounou)
5. A Spoonful Of Sugar (un Morceau De Sucre)
6. Pavement Artist (chem Cheminée)
7. Jolly Holiday (quelle Jolie Promenade Avec Mary)
8. Supercalifragilisticexpialidocious
9. Stay Awake (ne Dormez Pas)
10. I Love To Laugh (c'est Bon De Rire)
11. A British Bank (une Banque Anglaise)/the Life I Le
12. Feed The Birds (nourrir Les P'tits Oiseaux)
13. Fidelity Fiduciary Bank (deux Pences)
14. Pavement Artist (chem Cheminée) (reprise)
15. Step In Time (prenons Le Rythme)
16. A Man Has Dreams/the Life I Lead/a Spoonful Of Sug
17. Let's Go Fly A Kite (laissons-le S'envoler)



             



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