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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Saludos Amigos (1942)
Par MARCO STIVELL le 20 Juillet 2017          Consultée 150 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Au mois d'août 1942, quelques jours seulement après la sortie de Bambi, les studios DISNEY prennent un virage "contraint" et, pendant près de sept ans, revoient leur formule avec une série de films peu reconnus de nos jours. Pour cause, ils sont rattrapés par le contexte et les difficultés : la guerre, les grèves, Bambi n'a pas eu le succès escompté à son tour... Au moins, tous ces efforts, jusqu'en 1949, servent à remettre les studios dans une situation confortable.

Walt et une partie de son équipe se rendent en Amérique du Sud pour la trame de ce qui devient Saludos Amigos (1942) et Les Trois Caballeros (1944). Le patron est chargé de mission diplomatique - ce qui ne lui plait guère - pour convaincre les pays latins de se joindre aux Etats-Unis dans la guerre. Pour DISNEY, c'est l'occasion d'une parenthèse intéressante. D'abord, un mélange d'animation et DE prises de vue réelles, après The Reluctant Dragon/Le Dragon Récalcitrant (1941), visite des studios, et dans une autre mesure, Fantasia.

Ensuite, c'est la première "compilation" de DISNEY puisque quatre courts métrages forment un ensemble (de quarante minutes) tirant vers le long métrage, et ce schéma est repris pour le restant de la décennie. C'est aussi l'occasion de mettre en vedette les personnages des séries alors populaires, Goofy/Dingo et Donald Duck. Ceux-ci réalisent leurs gags conjointement aux explications du narrateur Fred Shields sur les coutumes des différents pays. Coutumes musicales y compris, réunies par Charles Wolcott, aidé par Ed Plumb et Paul Smith, les mêmes que pour Bambi.

En premier, Donald Duck, aux humeurs variées, découvre les sentiers montagnards sur fond de cordes et de cuivres vertigineux ainsi que le lac Titicaca au Pérou, où retentit la musique traditionnelle des Andes. La flûte, soliste ou non, y tient un rôle principal, pour conduire le lama ou pour ces airs chaleureux et nostalgiques que l'on connaît aujourd'hui grâce à "El Condor Pasa" notamment. Les prises de vue réelles d'un marché péruvien et les descriptions du narrateur, destinées au spectateur néophyte, n'ont point à rougir face à d'autres oeuvres artistiques "documentaires" de l'époque, comme les bandes dessinées d'Hergé par exemple ; sachant que Tintin : le Temple du Soleil n'est même pas encore paru !

Le second court-métrage se passe au Chili, entièrement animé (les prises de vue y sont interdites), avec le personnage de Pedro, avion-enfant qui travaille pour l'aéropostale, le transport du courrier d'un côté des Andes à l'autre. L'ombre de Saint-Exupéry plane évidemment (Vol de Nuit !) mais la musique n'y tient pas une place importante, du fait de l'omniprésence de la narration.

Dans le troisième long métrage et à travers la pampa, Dingo fait le mariole en gaucho argentin, tandis qu'on le compare au cow-boy texan (le gardian camarguais aurait même pu en être !), à juste titre, pour l'habit mais aussi la musique. Les scènes réelles montrent des hommes et femmes se mouvoir en souriant sur du malambo, danse à trois temps avec une ambiance moins proche du tango de Buenos Aires que des fêtes en Amérique du Nord. C'est excellent, tout comme "el triste", la complainte du gaucho romantique, seul avec sa guitare, la nuit dans la pampa auprès du feu : couplets lents et mélodies instrumentales rapides entre chaque.

On finit au Brésil, à Rio pour le carnaval, avec oncle Donald de nouveau et le perroquet endimanché appelé José Carioca. Il parle avec un accent très chantant (voix de José Oliveira) et danse la samba, tandis que le peintre Molina Campos nous émerveille avec ses peintures "en temps réel". Il y a des danseurs, une batucada, la chanson "Aquarela do Brasil" (écrite par Ary Barroso) résonne élégamment tandis qu'on rit des frasques de Donald... Le Brésil charme particulièrement l'équipe DISNEY, comme beaucoup de gens. Il y a certes de quoi mais, foi d'Espagnol, j'aime mieux "el triste" !

L'effort global reste mineur pour la carrière des studios en termes de réussite artistique, mais la durée et le propos rendent Saludos Amigos appréciable, nettement plus que son successeur. Notons encore le générique et son choeur masculin fort, sur des paroles de Ned Washington (Pinocchio).

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   MARCO STIVELL

 
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- Charles Wolcott (direction musicale)
- Edward Plumb, Paul Smith (compositions)
- Ned Washington (paroles du générique)
- Fred Shields (narration)
- Ary Barroso (composition)
- José Oliveira (voix, chant)


1. Saludos Amigos
2. Escravos De Jó
3. Aquarela Do Brasil
4. Tico Tico No Fubá
- musique Instrumentales Non-créditées



             



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