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DISNEY - Mélodie Cocktail (1948)
Par MARCO STIVELL le 19 Août 2017          Consultée 96 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

"Viens avec nous le temps d'une mélodie..." sont les premiers mots chantés du long-métrage numéro 11 des classiques DISNEY. Une mélodie et même huit au bas mot, générique compris, si l'on prend la globalité de cette nouvelle et dernière variante de Fantasia en chansons. En 1948, Melody Time/Mélodie Cocktail n'a que quelques minutes de différence avec son prédécesseur, Make Mine Music/La Boîte à Musique (1946), 1h10 au lieu d'1h20, mais il se révèle plus digeste.

Ben Sharpsteen reprend les rênes de la réalisation comme au début de la décennie et cela aide beaucoup Mélodie Cocktail à se hisser parmi les meilleurs efforts de la période pour les studios DISNEY, tout en restant loin des classiques. À la musique, Charles Wolcott est désormais absent, la gestion des compositions se voit partagée entre Paul Smith, Eliot Daniel et le chef de chorale, Ken Darby. Les auteurs sont différents de ceux employés pour Coquin de Printemps (1947), en revanche on retrouve certains interprètes de La Boîte à Musique, dont les délicieuses Andrews Sisters.

Ce sont elles qui rythment l'histoire de Little Toot/Petit Toot (prononcé Petitou), un remorqueur miniature qui veut aider son père dans le port où celui-ci travaille, en faisant plus de casse qu'autre chose, du moins au début. Le dessin est simpliste et l'histoire ne serait guère passionnante s'il n'y avait ce petit quelque chose qui fait qu'on se laisse séduire dans la progression et grâce à la musique. Les cordes folles pendant le sauvetage du cargo au large, les voix des Andrew Sisters (en France, Graziella Madrigal et cie) sont divines, toujours dans un contexte swing mais plus aventureux que l'histoire des chapeaux en 46. On entend aussi une rare trompette piccolo.

Puisqu'on parle de femmes, citons également le joli "Once Upon a Wintertime"/"C'est un Souvenir de Décembre", romance au goût glacé et portée sur des patins, chantée par Frances Longford (doublée en France ultérieurement par Marie Myriam dont on apprécie le timbre chaud). Les flûtes sont en avant, Paul Smith maîtrise toujours autant son propos. Deux courts-métrages ensuite, dont une excellente version du "Vol du Bourdon" (un thème favori de DISNEY, décidément !) au piano soliste, tout à la gloire de Freddy Martin. L'animation "Bumble Bee" reprend des éléments connus avec les instruments de musique qui s'affolent, mais c'est très bien fait.

Puisqu'on parle d'instruments, "Blame It on the Samba"/"C'est la Faute à la Samba" mélange animation et images réelles sur la joueuse d'orgue virtuose Ethel Smith tandis que Donald Duck et José Carioca font des leurs, avec un goût qui rappelle Les Trois Caballeros, en plus court ; tant mieux ! Le bref "Trees"/"À la Gloire d'un Arbre" est inspiré par un poème de Joyce Kilmer. Sur des peintures attrayantes, Ken Darby et Fred Waring dirigent une chorale dans un esprit Bambi, fort seyant, même si on se laisse surprendre par des références bibliques. DISNEY n'en fait pas étalage d'ordinaire, mais c'est pourtant bien le cas en cette année 1948, on y reviendra.

Déjà, l'un des plus longs court-métrages de Mélodie Cocktail s'en inspire pour l'adaptation de la vie de John Chapman, grande figure des pionniers d'Amérique du Nord (fin XVIIIème-début XIXème siècle) : Johnny Pépin de Pomme, en anglais Johnny Appleseed. Il y a une teneur religieuse explicite dans les paroles, et heureusement de très belles séquences d'animation pendant le voyage, ainsi que des éléments country. Ce qui nous amène à "Pecos Bill", gardé pour la fin et heureusement, avec la présence des enfants-acteurs fétiches de DISNEY, Bobby Driscoll et Luana Patten, à qui l'excellent cow-boy/chanteur Roy ROGERS, dirigeant son groupe TRIGGER, raconte l'histoire. Pour les adultes comme les enfants à l'époque, Roy ROGERS est une véritable star.

Pecos Bill a grandi dans le désert, il rencontre un jour la belle Sue, avec qui il veut se marier. Le mythe du cow-boy est habilement détourné, mais la fin prend une tournure bien trop grotesque pour être appréciée. Entre ça et "Les Martins et les Coys" en 46, DISNEY s'offre pas mal de liberté cynique sur la vie de couple, loin des contes de fées. Néanmoins, il y a l'aspect western, donc country/bluegrass, chanté haut et fort par ROGERS et sa bande : "Yeepee-kaï-yay, Yeepee-kaï-oh!". Sans oublier "Ombre Bleue", hommage de Blancs au negro-spiritual. On dira que c'est la seule référence religieuse appréciable, meilleure en filigrane, et en dehors de quelques lourdeurs, reconnaissons les qualités de cette sélection sympathique qu'est Mélodie Cocktail.

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   MARCO STIVELL

 
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- Paul Smith, Eliot Daniel (direction musicale)
- Ken Darby (direction de la chorale)
- Vic Schoen, Al Sack (arrangements)
- Bennie Benjamin, Bobby Worth, George Wei (textes)
- Kim Gannon, Ray Gilbert, Allie Wrubel (textes)
- Johnny Lange, Walter Kent (textes)
- Frances Longford, Andrews Sisters (chant)
- Freddy Martin (piano et direction d'orchestre)
- Dennis Day (arrangements)
- Fred Waring (direction de la chorale)
- Ethel Smith (orgue)
- Roy Rogers (chant)
- Trigger (groupe country)


1. Melody Time/le Temps D'une Mélodie
2. Once Upon A Wintertime/c'est Un Souvenir De Décemb
3. Bumble Boogie
4. The Old Settler Johnny Appleseed & Johnny Angel
5. Little Toot/petit Toot
6. Trees/À La Gloire D'un Arbre
7. Blame It On The Samba/c'est La Faute à La Samba
8. Blue Shadows/the Ballad Of Pecos Bill



             



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