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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Tarzan (1999)
Par MARCO STIVELL le 26 Novembre 2011          Consultée 3086 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Quatre chemins se rejoignent : Le Livre de la Jungle, La Belle et la Bête, Le Roi Lion et Pocahontas. À la croisée de ceux-ci, il y a Tarzan. L'adaptation du célèbre roman d'Edgar Rice Burroughs par DISNEY est, à ce moment, un de leurs derniers grands films, même si on pourra toujours dire que la qualité est moins au rendez-vous. Nenni ma foi, en tout cas pas ici, et pour une simple raison. Comme Le Roi Lion avait débuté par une scène musicale d'une élégance forte et sur une durée de chanson entière, Tarzan fait de même mais dans un registre plus palpitant.

Les percussions africaines et un son de batterie tout à fait reconnaissable pleuvent dès le départ, sur un plan nocturne et orageux qui rappelle un peu l'idée introductive de Bernard et Bianca (1977). Puis arrive LA grosse surprise : la voix de Phil Collins, dont on avait bien identifié la frappe quelques mesures plus tôt. Je me rappelle, du haut de mes 12 ans, avoir frissonné de plaisir dans la salle obscure en me trouvant en présence d'un de mes chanteurs favoris depuis toujours, légèrement perdu de vue (ou d'ouïe) à l'époque ! "Two Worlds" est un thème cavalier où la douceur émotionnelle se mêle à la dangerosité de la jungle et aux imprévus.

Les parents de Tarzan, naufragés au départ (avec un air de Petite Sirène), construisent leur maison et se font tuer par Sabor, le léopard, en remplacement de Shere Khan. Kala, une femelle gorille qui vient de perdre son petit de la même façon, sauve Tarzan in extremis de l'attaque du fauve et veut l'intégrer à sa communauté, en lui donnant son amour et en l'élevant. Mais son mari/chef, Kerchak, ne le voit pas de la même façon : Tarzan n'est qu'un humain. Plus tard arrivent d'autres humains, notamment Jane et son père qui étudient les gorilles, ainsi que Clayton, un chasseur qui a le point de vue inverse de Kerchak sur les gorilles, sauf que lui est réellement méchant.

Le héros de la jungle, incarné à l'écran dans les années 1930-40 par Johnny Weissmuller, inventeur du fameux cri inspiré du yodel (Suisse et Alpes, l'acteur était autrichien d'origine), est ici passé à la sauce DISNEY. Ce qui signifie beaucoup d'émotion et de drôlerie (cette scène où il retourne au camp et imite Clayton sans le comprendre !), de courage et d'amour pour Jane ; les héros de DISNEY ne s'embarrassent pas de leur virilité au moins, et les princesses le leur rendent bien.

Jane est un peu différente des autres, on apprécie son doublage par l'adorable Minnie Driver, actrice et chanteuse qui a été compagne de Matt Damon et John Cusack, en français par Valérie Lemercier, et son esprit délicieusement "coincé". Dans notre bonne vieille langue, Tok, l'amie gorille de Tarzan, est astucieusement doublée par Muriel Robin - "Messire ! Les deux Dame Béatrice sont réunies sur un même film, je trouille !" -, et lui-même l'est par Emmanuel Jacomy, la Bête qui nous a tant marqué huit ans plus tôt. Sans oublier Gérard Rinaldi pour Clayton (en VO, le colosse alpiniste Brian Blessed), autrefois Ratigan dans Basil Détective Privé (1991) et Goofy/Dingo.

À noter pourtant, aucune de ces voix précieuses ne chante ici ! DISNEY commence à se mélanger avec Pixar en proposant des chansons séparées qui accompagnent l'action, mais ici, il n'y a pas lieu de le regretter, sans doute car Phil Collins, par sa voix, son jeu de batterie et ses compositions, co-écrites avec Mark Mancina (arrangeur pour Le Roi Lion), incarne pleinement l'esprit du film, la jungle, les sentiments, et tout ce qu'on aime dans le DISNEY des années 90. L'un des rares morceaux qui vit directement par les personnages, c'est "Jungle Jazz" ou "Trashin' the Camp", le moment très réussi où Tok, Tantor et les autres saccagent le camp des humains sur un rythme swing/scat fiévreux et gai, très communicatif, dans l'esprit du Livre de la Jungle.

Cela va de pair avec l'activité de Phil Collins à l'époque, puisqu'il a son propre big band. Cependant, les chansons, elles, sont un bon concentré de ses derniers albums, Dance Into the Light (1996) pour "Son of Man", la plus rock de l'ensemble, et Both Sides (1993) pour "Strangers Like Me". En outre, l'artiste est sans doute le premier, durant la carrière des studios DISNEY, à décliner lui-même son chant en plusieurs langues et que le résultat tienne la route ou non, on s'en moque, l'effort demeure tout à fait louable. Vous voulez de la chaleur ? Vous allez en avoir !

Déjà "Two Worlds"/"Entre Deux Mondes" fait bien vibrer notre corde sensible, avec ses reprises intelligentes et bien placées à la fin de l'intro, à la fin tout court. Presque aussitôt après, c'est "You'll Be in My Heart" ("Tu Vis Dans Mon Coeur"), ritournelle-berceuse introduite par Kala, maman gorille (Glenn Close en anglais, en français Frédérique Timont, doubleuse habituelle d'Emma Thompson et Meryl Streep). En réalité courte mais délicieusement feutrée – ah, ces marimbas, ces sons nocturnes, ces claviers célestes, ces paroles caressantes -, Collins et Mancina la transforment logiquement en hit puissant, avec cordes et un son plus pop pour la version single, un tube largement récompensé.

"Son of Man"/"Enfant de l'Homme", c'est l'aspect le plus rock de Phil Collins, qui garde toujours un groove jazz et des intonations variété, renforcés par des choeurs sur le refrain qui va chercher dans les aiguës du vocaliste, porté par l'énergie de ses poings sur la batterie. Quelque part, ce sont les derniers instants les plus vigoureux du frontman de GENESIS, y compris dans son chant, avant des années 2000 bien difficiles et des ennuis de santé à la pelle. Que dire alors de "Strangers Like Me"/"Je Veux Savoir", qui mérite de figurer sur tous ses best-of, car c'est réellement une des meilleures de sa carrière solo, avec GENESIS etc ? On parle souvent du travail d'Elton John pour Le Roi Lion en termes de meilleure bande originale DISNEY, mais Phil Collins n'a rien à lui envier !

En revanche, ce qu'il manque au film de Kevin Lima et Chris Buck (respectivement co-réalisateur de Dingo et Max et scénariste de Pocahontas en 1995), c'est un Hans ZIMMER. Mancina fournit de belles partitions orchestrales aux chansons de Collins, mais pour le reste, la bande originale commence à sérieusement épouser les défauts qui participeront au déclin du genre dans les années à venir. La seule idée remarquable, c'est un thème "à la ZIMMER" justement et à la flûte en plus, lorsque Tarzan et Jane se rapprochent. Sans être mémorable, contrairement aux chansons, c'est d'une beauté forte et vécue dans l'instant, à l'instar d'un film peut-être mineur par rapport à d'autres, mais pétri de qualités !

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   MARCO STIVELL

 
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- Glenn Close (chant)
- David Metzger (orchestrations)
- Mark Mancina (écriture, arrangements)
- Phil Collins (compositions, chant, batterie)
- Rosie O'donnell (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Two Worlds/entre Deux Mondes
2. You'll Be In My Heart/tu Vis Dans Mon Coeur
3. Son Of Man/enfant De L'homme
4. Jungle Jazz/trashin' The Camp
5. Strangers Like Me/je Veux Savoir
6. Two Worlds (reprise)



             



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