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DISNEY - La Belle Au Bois Dormant (1959)
Par MARCO STIVELL le 26 Octobre 2017          Consultée 173 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

On sait qu'à partir de Peter Pan (1953), les studios DISNEY prennent des orientations différentes, en plus des films et courts-métrages habituels : séries TV, parc d'attractions... Une époque où Walt le patron est moins présent dans la supervision des grands classiques. Toutefois, Sleeping Beauty/La Belle au Bois Dormant, débuté en 1953, apporte une entière satisfaction aux studios, ce qui n'a pas toujours été le cas pour les chefs-d'oeuvre qui ont précédé La Belle et le Clochard. C'est même, à l'époque, leur plus grande réussite selon eux, et il est vrai que parmi les amateurs des vieux DISNEY, celui-ci figure en bonne place, tout comme le Roi Lion, trente-cinq ans plus tard.

La Belle au Bois Dormant reprend l'histoire du conte français immortalisé par Charles Perrault autant que la version des frères Grimm, Dornröschen, sachant qu'il y a plus de 100 ans de différence entre les deux. C'est un retour inédit de DISNEY aux contes européens et aux histoires baroques, une parenthèse dans une continuité de films puisant dans l'inspiration moderne et anglaise, plus rarement américaine. Vingt ans après Blanche-Neige, on retrouve naturellement des éléments en commun avec les classiques d'avant-guerre, musicalement aussi du coup.

Le talentueux George Bruns, nouveau directeur musical attitré pour quelques années (il vient de composer le générique bien connu de la série télé Zorro, produite par DISNEY), s'inspire largement du ballet créé par Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKI, son triomphe de l'année 1889. John Rarig dirige les chœurs comme pour La Belle et le Clochard, on retrouve aussi des auteurs/compositeurs comme Ted Sears, Sammy Fain, Bruns lui-même ainsi qu'Erdman Penner qui aide beaucoup dans l'adaptation du conte de Perrault.

La voix d'Aurore, Mary Costa, bien que d'obédience lyrique, sonne encore presque trop music-hall sur les passages avec paroles quand en français, Huguette Boulangeot souffre encore elle aussi un peu de ces tics, mais moins. C'était l'époque, dirons-nous, cependant Irène Valois (pour les dialogues) s'en sort à merveille pour ce qui est de donner à la nouvelle princesse DISNEY sa pureté. Lors du deuxième doublage en 1981, Jeanine Forney (dialogues) et surtout la grande Danielle Licari (chant) feront encore mieux. La différence avec les anciennes versions adaptées du conte, c'est qu'Aurore et Maléfique ne se rencontrent jamais, et le prince a enfin la place qu'il mérite.

Il est donc logique que sa présence au chant soit un peu plus importante, même si c'est le temps d'un duo heureusement inoubliable, "Once Upon a Dream"/"J'en ai Rêvé". Il y a peu de titres de la sorte, mais c'est bien cette ballade, écrite par Sammy Fain et Jack Lawrence, qui se démarque et s'inscrit durablement, nourrie et porteuse de la magie DISNEY. Avec le solo d'Aurore juste avant, "I Wonder"/"Je Voudrais", vocalises lyriques simples et parfaits, les décors de la forêt aux couleurs d'enluminures, les bruits d'oiseaux (autre écho à Blanche-Neige), c'est ah... Merveilleux !

Peu de choses à dire sur les autres chansons, car elles se comptent sur les doigts d'une main. Le générique annonce "J'en ai Rêvé", avec la chorale et l'orchestre brillant d'unité, dès le départ alors qu'avant il y avait toujours une montée de cuivres ou un instrument introducteur. La chanson de la Belle au Bois Dormant (lorsqu'elle est ensorcelée) est narrative, comme celle de sa naissance et celle des dons des fées, toutes réalisées en beauté par Rarig et sa chorale. Bel équilibre entre la variété américaine et le moyenâgeux royal. Il y a d'ailleurs encore le madrigal des deux rois, court pendant une scène amusante, avec un peu de guitare classique, interlude folk rare mais bienvenu.

Le tour de force de George Bruns est de relever l'importance de la musique instrumentale par rapport aux chansons. Dès le début de l'histoire, avec la tradition de l'ouverture d'un livre, un cor anglais – frère du hautbois – joue, soutenu par des thèmes gracieux. Les emprunts à TCHAÏKOVSKI sont légion, le grand-œuvre du compositeur russe est tout sauf dénaturé, avec notamment ce thème de cordes virevoltant sur rythmique slave (fin de l'acte I du ballet), magnifique et utilisé pour le retour des fées à la ferme, après qu'Aurore est plongée dans le sommeil. Comme à l'époque de Paul J. Smith, l'écriture puise avec force dans les traditions russe et est-européenne.

Cependant, la partition originale est exemplaire, dans l'action (l'évasion du château des ténèbres), la personnification (les flûtes pour les fées), les frottements utilisés pour les apparitions de Maléfique (nouvelle reine mauvaise impressionnante, doublages splendides), le thème du soir lorsqu'Aurore est conduite au château de ses parents pour son anniversaire. Le plus fort dans tout cela, c'est que le meilleur morceau de l'ensemble est "horrifique" ! C'est celui du moment où Aurore est attirée par Maléfique : le gothique y côtoie l'emploi du rubato, une mélodie tâtonnante et fantomatique brisée par des éclats de cordes soudains et qui font froid dans le dos.

Un nouveau régal pour les oreilles, pour les yeux. Quelle finesse dans le dessin, les décors ! Plus rythmé que Cendrillon, moins axé sur les animaux et avec chaque personnage marquant dans son rôle (la princesse, le prince, la méchante), des animations à couper le souffle (le dragon), La Belle au Bois Dormant est un nouvel échec commercial pour DISNEY que l'on a bien du mal à comprendre, avec le recul. La magie est pourtant là, mieux que jamais, jusque dans le baiser final. Ce romantisme... Les détracteurs de cet esprit et des films DISNEY disent avec mépris que "C'est trompeur, totalement hors de la réalité", je fais partie de ceux qui disent c'est plutôt la réalité qui n'est, hélas, pas comme DISNEY, et qui mériterait bien de l'être un peu plus. Beaucoup...

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   MARCO STIVELL

 
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- George Bruns (direction musicale, écriture des chansons)
- John Rarig (direction de la chorale)
- Sammy Fain, Jack Lawrence (écriture des chansons)
- Tom Adair, Erdman Penner (écriture des chansons)
- Winston Hibler, Ted Sears (écriture des chansons)
- Mary Costa (chant)
- Bill Shirley, Thurl Ravenscroft (chant)
- Taylor Holmes, Bill Thompson (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Once Upon A Dream (intro)/j'en Ai Rêvé (c'était Vo
2. Hail To The Princess Aurora/douce Aurore
3. The Gifts Of Beauty And Song/les Dons Des Fées
4. I Wonder/je Voudrais
5. Once Upon A Dream/j'en Ai Rêvé (c'était Vous)
6. Skumps/trinquons à Ce Soir
7. Once Upon A Dream (reprise)/j'en Ai Rêvé (c'était
8. + Musiques Instrumentales Non Créditées



             



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