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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - The Wild (2006)
Par MARCO STIVELL le 2 Août 2018          Consultée 98 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

The Wild, réalisé par Steve "Spaz" Williams (un technicien d'effets spéciaux qui avait travaillé pour Jurassic Park, The Mask, Jumanji...), sort en salles en 2006. C'est l'année qui ouvre la période "post-Eisner", puisque le PDG de DISNEY aux commandes depuis plus de 20 ans laisse sa place à Bob Iger, ancien chef de la chaîne télé ABC.

La période n'est pas rose : le choix des studios d'adopter la 3D, en plus de dépersonnaliser un savoir-faire de longue date, mine grandement des productions inférieures en qualité à celles de Pixar, Chicken Little l'ayant prouvé d'emblée. La deuxième moitié des années 2000 pour DISNEY ressemble à celle des années 40, l'esprit "mignon quand même" en moins.

Ajoutons à cela des rôles/personnages souvent moins marquants que problématiques, de l'humour en-dessous de la ceinture (sexe et le reste), en France une perte progressive d'acteurs/doubleurs formés au théâtre et qui sont passés par la télévision (tous ceux des années 60 à 2000, les meilleurs)... The Wild ne fait pas exception à la règle, avec ses personnages d'animaux qui se comportent en humains, des plus distingués aux dragueurs de quartiers défavorisés, autre signe des temps nouveaux.

Deux lions, Samson, nouveau Mufasa du zoo de Central Park, et son fils Ryan qui vit dans son ombre car il ne sait pas rugir se voient séparés un jour quand Ryan traîne trop près des camions qui vont chercher les animaux en Afrique. Samson et d'autres animaux traversent la mer pour retrouver Ryan et se battent contre... des gnous. Des gnous danseurs et chanteurs qui veulent devenir carnivores.

En somme, un croisement du Roi Lion et de la production Dreamworks de l'année précédente, Madagascar (certains critiques ne se priveront pas pour accuser DISNEY de plagiat). Le rendu plutôt médiocre bien que contenant une poignée de scènes sympathiques est à la même enseigne que les autres films d'alors, c'est-à-dire que le plus intéressant peut bien être la musique ! Tout du moins ceux qui la font. En l'occurrence, Alan Silvestri, rappelé après Lilo & Stitch, devrait pouvoir assurer au moins un travail agréable, mais la plupart du temps ici, il est quelconque. Des idées se baladent toujours, les cordes en pizzicato (pincées et non jouées à l'archet) de la boutique du zoo au début, le thème du rugissement final aux cuivres qui rappelle celui des cerfs de Bambi.

Il y a aussi l'un des rares beaux instants du film lorsque Samson et ses amis prennent le contrôle du bateau et font route vers l'Afrique, musique d'orchestre à trois temps pas mémorable certes mais belle avec ce qu'il faut d'héroïsme. L'autre scène du même genre, c'est un peu avant, l'arrivée à New York en pleine ville illuminée de nuit et rythmée par "Clocks", tube du groupe COLDPLAY (album A Rush of Blood to the Head, 2005) qui reste une de ses meilleures chansons.

The Wild, par rapport à son prédécesseur, ne fait pas étalage de citations, musicales ou non, et c'est tant mieux. Il n'y a pas pour autant une déferlante de chansons originales. "Good Enough" de Lifehouse est une belle ballade pop-folk américaine, mais je l'aurais mieux vue chantée par Michelle Branch ou toute autre voix féminine du même genre. Cela tombe bien car c'est un aspect que l'on retrouve au générique de fin avec "Real Wild Child" du girl-band trio Everlife, dans un domaine pop-punk cette fois, très énergique et plutôt séduisant.

On a droit à un extrait de "Lovin' You", tube le plus connu de l'immense chanteuse soul Minnie Riperton décédée très prématurément en 1979, ainsi qu'un brin de swing bienvenu de la part de Big Bad Voodoo Daddy ("Big Time Boopin'"). Silvestri ajoute d'ailleurs un court passage de musique bluegrass-cajun, aux deux tiers du film, du rap aussi (les crocodiles). Voilà donc un nouveau cocktail plus ou moins plaisant de différents genres, qui à la rigueur plaît davantage si on le dissocie de l'image puisque ni l'histoire ni les personnages ne parviennent à nous accrocher.

Rendez-vous compte qu'en France on a les voix de Richard Darbois (Kazar, en VO c'est William Shatner, capitaine Kirk dans Star Trek), Emmanuel Curtil et pour Samson, Emmanuel Jacomy, sans parvenir à en être réellement ému ! C'est un peu comme la chanson de John Du Prez et de son collègue l'ancien Monty Python, Eric Idle. "Really Nice Day" est avenante pour ses harmonies vocales masculines, mais pour la couleur africaine, on est loin du travail de Lebo M. pour Le Roi Lion. Next one, Pixar!

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Alan Silvestri (compositions, direction musicale)
- Eric Idle, John Du Prez (chant, composition)
- Big Bad Voodoo Daddy
- Minnie Riperton
- Lifehouse
- Coldplay
- Everlife


1. Tales From The Wild
2. Lovin' You
3. Good Enough
4. Big Time Boppin' (go Man Go)
5. Clocks
6. Really Nice Day
7. Real Wild Child (générique De Fin)
8. + Musiques Instrumentales Non-créditées



             



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