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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Le Bossu De Notre-dame (1996)
Par MARCO STIVELL le 9 Avril 2018          Consultée 217 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Une cathédrale dans les cieux, c'est la première image que l'on a du nouveau film, pardon du nouveau chef-d'oeuvre de DISNEY en 1996, ou comment nous mettre des étoiles dans les yeux immédiatement. Presque. Juste avant, c'est le court générique pendant lequel on entend des chants grégoriens et des cloches tubulaires graves de façon "murmurée", avant l'explosion du premier plan céleste donc. Frissons, avec ce rythme lent très médiéval transposé de façon totalement anachronique à la puissance d'un orchestre symphonique. Et cette chorale !... On y reviendra. Pour l'heure, savourons ce qui est l'équivalent DISNEY du "Hells Bells" d'AC/DC, justement appelé "Hellfire", un thème de méchant conduit par les cloches, pour une introduction non moins soignée que celle de Pocahontas, l'année précédente.

Paris, 1482. C'est le décor qu'ont choisi les réalisateurs Kirk Wise et Gary Trousdale, grands amateurs de la France décidément puisque, si vous suivez bien ces chroniques, vous avez retenu que La Belle et la Bête, c'était eux aussi. Et musicalement, c'était aussi déjà l'illustre Alan Menken, qui travaille à l'époque en compagnie du parolier Stephen Schwartz, comme pour Pocahontas. Le choix de DISNEY, parallèlement à celui de la légende indienne, remonte juste le temps de deux siècles et s'arrête à la charnière du Moyen-Âge avec la Renaissance, histoire romanesque autant que politique et sociale contée avec la grandeur que l'on sait par monsieur Victor Hugo.

Notre-Dame de Paris, symbole de la littérature française, est ainsi détourné une première fois en cette autre période charnière, fin de millénaire, par DISNEY en comédie musicale à la mode américaine – et les Français n'auront pas à rougir lorsqu'ils feront de même, un an après seulement -. Toute la partie politique n'est présente qu'en filigrane (Frollo et son rejet de la communauté gitane), voire carrément supprimée (le roi Louis XI), ainsi que certains personnages emblématiques comme la Sachette et le poète Pierre Gringoire. Clopin Trouillefou, à la tête des bohémiens sans être leur chef, reste à la fois lui-même et Gringoire, en tant qu'artiste-conteur.

L'accent est mis en revanche sur le personnage de Quasimodo, ses gargouilles vivantes dans la tradition du dessin animé, celui de Claude Frollo aussi (lui-même et Louis XI réunis, en fait), non plus archidiacre mais ministre de la justice, un ton plus guerrier donc. D'un point de vue musical, Menken se charge de donner au récit les couleurs qu'on ne pouvait qu'imaginer à la lecture du livre dans certaines scènes appropriées. Ce sont les deux grands courants du Moyen-Âge : la musique liturgique ou sacrée, avec une prédominance certaine, Notre-Dame oblige, et la musique profane ou populaire, celle des trouvères (Nord de la France, par rapport aux troubadours qui étaient du Sud) et des bohémiens qu'on entend durant la Fête des Fous ainsi que les moments où Esmeralda danse, avec force tambourins et la chalemie, hautbois médiéval.

La bande sonore de Menken, dont les notes résonnent toujours aussi bien grâce au concours des Troob, Starobin et Friedmann, fait ressortir l'importance de ce dernier puisqu'il dirige la chorale. Si au cours de la carrière de DISNEY on a pu admirer de nombreuses chansons avec des passes vocales, des réponses hommes-femmes etc, rarement on a été saisi par l'unité de dizaines de voix, au sens propre, groupées pour entonner des phrases en latin ou en français. Le thème de Frollo, celui qui nous hante dès le début, pose une ambiance torturée et intelligemment poursuivie par la valse de Clopin qui raconte l'histoire, au point de virer au cauchemar. Pour sûr, ça décoiffe !

Concernant les voix, on rencontre des acteurs très connus dans la version originale (notamment Demi Moore en Esmeralda et Kevin Kline en Phoebus, brillants tous les deux), mais très peu chantent. Remarquons seulement Tom Hulce, auparavant Mozart dans le film Amadeus (1984), et en France, une nouvelle fois, un autre caractère, des timbres qui ne « parlent » sans doute pas moins : Emmanuel Jacomy (la Bête) en Phoebus, et bien sûr Jean Piat, le méchant Scar du Roi Lion, ici en Frollo. La version française est pleine de bonnes subtilités, comme le "bells, bells, bells..." (cloches) de Clopin remplacé par le "sonnent, sonnent, sonnent...".

Bernard Alane, monsieur "Nuits d'Arabie" dans Aladdin, joue Clopin avec une plus grande variété de tons, quelle voix ! Entre le superbe "Les Cloches de Notre-Dame" et la malicieuse "Cour des Miracles", son timbre résonne tour à tour élégamment et follement. Il est d'ailleurs pour beaucoup dans la réussite de la Fête des Fous, chanson légère façon DISNEY avec les éléments swing qui s'imposent, et qui fonctionne beaucoup mieux à mon sens que le music-hall des gargouilles, "Un Gars Comme Toi" ("A Guy Like You"). Le mérite de cette dernière, outre ses paroles, c'est son accordéon qui rappelle la lointaine époque des Aristochats, et son passage gospel qui nous annonce que Menken travaille sur un autre film en même temps : Hercule.

Quant à Quasimodo, il bénéficie de l'accent particulier de Francis Lalanne qui n'a pas à rougir de sa prestation sur "Rien Qu'un Jour" ("Out There"), comme quoi le son seul est parfois mieux, plutôt qu'avec l'image – il ne s'agit pas de l'animation, avec ses décors magnifiques ! -. Autre moment de grâce, "Une Douce Lueur" ("Heaven's Light"), moment court lorsque Quasimodo révèle ses doutes dans le crépuscule en faisant sonner les cloches, très émouvant. Il y a une transition liturgique en pleine messe de vêpres, à ne pas sous-estimer et alors qu'on redescend sur terre, juste avant que Frollo nous conduise dans ses tourments avec le bien nommé "Hellfire, black fire", superbement traduit en "Infernale bacchanale". Quel enchaînement magistral, quand on y pense !

Les seuls bémols, ce sont "Un Gars Comme Toi" ainsi que la chanson d'Esmeralda, "Les Bannis ont Droit D'amour" ("God Help the Outcasts"), malgré de belles paroles altruistes, elle garde un côté solennel dû à une approche religieuse qui éloigne le personnage de sa sensualité et de sa flamboyance. Quant à Phoebus, il n'a pas de chanson, mais DISNEY lui donne une attitude bonne et héroïque, loin de celle du roman de Hugo ! Hélas, il hérite aussi d'une petite barbe, première entorse des studios à leurs princes imberbes. Mais laissons-là ces considérations, car il y a bien d'autres points forts, diantre ! Autant Pocahontas se rapprochait de La Petite Sirène, autant Le Bossu de Notre-Dame (The Hunchback of Notre Dame) fait écho à La Belle et la Bête, jusqu'aux emplois du français direct dans la version originale, les chansons swing aussi...

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   MARCO STIVELL

 
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- Alan Menken (compositions)
- Stephen Schwartz (paroles)
- Michael Starobin (orchestrations, direction musicale)
- David Friedmann (choeurs)
- Tom Hulce, Heidi Mollenhauer (chant)
- Tony Jay, Paul Kandel (chant)
- Jason Alexander, Charles Kimbrough (chant)
- Mary Wickes, David Ogden Stiers (chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. The Bells Of Notre Dame (les Cloches De Notre-dame
2. Out There (rien Qu'un Jour)
3. Topsy Turvy (charivari)
4. God Help The Outcasts (les Bannis Ont Droit D'amou
5. Heaven's Light (une Douce Lueur)
6. Hellfire (infernale)
7. A Guy Like You (un Gars Comme Toi)
8. Court Of Miracles (la Cour Des Miracles)
9. The Bells Of Notre Dame (reprise)



             



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