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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Pinocchio (1940)
Par MARCO STIVELL le 2 Juin 2017          Consultée 238 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Il est difficile d'imaginer que Pinocchio a été un succès mineur de DISNEY, au moment de sa sortie. D'abord, le concept est problématique pour Walt et son équipe, qui mettent du temps à construire un scénario adéquat, s'y reprennent à plusieurs fois dans la structure du dessin après avoir bien avancé, au point de repartir de zéro parfois... C'est comme si l'œuvre s'était faite "à reculons" et avait provoqué elle-même son semi-échec. Plus chère que Blanche-Neige dans sa réalisation, Pinocchio a rapporté quatre fois moins de recettes sur l'année 1940.

C'est très étonnant quand on connait la force de cette adaptation du conte de Carlo Collodi, dont elle reprend l'architecture en plusieurs histoires (naissance de Pinocchio, Stromboli, l'Île Enchantée, Monstro). DISNEY propose d'emblée un de ses films les plus sombres, avec peu de moments comiques (le chat Figaro, la scène du théâtre de marionnettes, les rencontres avec Honest John/Grand Coquin et Gideon/Gédéon) et qui s'éloigne bien de l'innocence de Blanche-Neige.

La musique de Paul Smith et de Leigh Harline s'adapte à cet état de fait. La moitié de la bande originale, dans sa deuxième moitié surtout, éclipse les chansons et le caractère enfantin pour se concentrer sur des éléments "adultes", discrétion volontaire qui relègue le son à une fonction d'ambiance. Les cordes et les cuivres secs soulignent le danger des fonds marins hantés par la gigantesque baleine Monstro, une des nombreuses prouesses de ce film d'animation (avec le recul, on pense que ces éléments seront repris pour le non-moins magnifique 20,000 Lieues Sous les Mers). Si l'orchestre est toujours mené rondement, on apprécie moins cet aspect qui, de toute évidence, vit moins bien seul, indépendamment de l'animation. Il y a une volonté claire de resserrer le ton, dans l'ensemble.

Alors que Collodi vante la liberté et la rébellion adolescente des garçons à travers ces histoires, parues dans un journal pour enfants au départ, DISNEY impose une morale "défensive" par le biais du personnage original de Jiminy Cricket. Celui-ci, dans son allure et sa démarche, a quelque chose de Charlie CHAPLIN. Les noms italiens sont repris mais l'esthétique des dessins conserve l'aspect germanique de Blanche-Neige, jusque dans le costume tyrolien ou bavarois de Pinocchio. Le Suisse Albert Hurter et le directeur artistique suédois Gustaf Tenggren, déjà présents pour le premier chef-d'oeuvre, en sont responsables. Il y a aussi du Charles Dickens dans certains personnages, et des éléments bien américains comme le parc d'attraction de l'Île Enchantée.

D'un point de vue musical, on apprécie toujours les frottements de violons, les appuis sur certaines actions des personnages (y compris dans les enchaînements rapides), des déboires du chat Figaro aux éternuements de Monstro, mais les couleurs sont beaucoup moins vives que dans Blanche-Neige. Il y a bien sûr des exceptions. La "Clock Sequence"/"Le Réveil" est magistrale pour le peu de temps qu'elle dure, aussi marquante que les chants d'animaux en 1937. La chanson de Grand Coquin, "Hi-Deedle-di-Dee", conserve l'aspect folk des chansons des Nains, et c'est réussi. Pinocchio a aussi sa propre chanson durant le spectacle de marionnettes de l'horrible Stromboli ; la voix est celle de Richard "Dick" Jones, âgé de 12 ans seulement et repéré par DISNEY à la radio.

Le début de la bande originale est à l'image de l'histoire, partagé entre féérie de cordes voluptueuses et valses folk/tempo countrysants par l'orchestre qui illustrent l'innocence, la famille, et l'enfance tout simplement. Geppetto, vieux fabricant de jouets, semble retrouver la sienne avant même que son pantin-fils s'éveille, et la chanson de Jiminy Cricket vient compléter l'approche Broadway, plutôt rare dans le film donc. C'est, ainsi, un univers très masculin ; il n'y a pas de réelle princesse, puisque la Fée Bleue n'intervient que peu et elle a d'abord un rôle maternel. Reste Cleo, l'adorable poisson qui préfigure une lointaine "petite sirène"...

On peut donc s'amuser du succès de la chanson la plus mémorable et la plus proche de l'esprit Blanche-Neige, qui offrait beaucoup plus de tubes : "When You Wish Upon a Star"/"Quand on Prie la Bonne Etoile", présentée dès le générique et interprétée par Cliff Edwards (Jean Lussac en français) sur des paroles de Ned Washington. Un mot sur le deuxième doublage français de 1975 qui emploie les voix distinguées de Michel Roux (Grand Coquin) et Roger Carel, le seul l'unique, pour Jiminy Cricket, une légèreté bienvenue face à des méchants angoissants (Stromboli, l'horrible cocher). Voilà pour ce chef-d'oeuvre, le deuxième de DISNEY, certains disent le meilleur, mais il y en a tellement ! Walt mise davantage à l'époque sur le troisième : Fantasia.

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   MARCO STIVELL

 
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- Ned Washington (paroles)
- Leigh Harline, Paul Smith (compositions)
- Dickie Jones (pinocchio)
- Cliff Edwards (jiminy cricket)
- Christian Rub (geppetto)
- Walter Catlett (honest john/grand coquin)


1. When You Wish Upon A Star (quand On Prie La Bonne
2. Little Wooden Head (les Pantins De Bois)
3. Clock Sequence (le Réveil)
4. Kitten Theme (les Petits Chats)
5. The Blue Fairy (la Fée Bleue)
6. Give A Little Whistle (sifflez Vite Vite)
7. Old Geppetto (le Vieux Geppetto)
8. Off To School (pas D'école)
9. Hi Diddle Dee Dee (hi-diddle Di Di)
10. So Sorry (vraiment Désolé !)
11. I've Got No Strings (il Faut Savoir Briser Ses Lie
12. Sinister Stromboli (stromboli Menaçant)
13. Sad Reunion (triste Réunion)
14. Lesson In Lies (leçon De Mensonges)
15. Turn On The Old Music Box (la Vieille Boîte à Musi
16. Coach To Pleasure Island (en Route Pour L'île Aux
17. Angry Cricket (cricket En Colère)
18. Transformation (la Transformation)
19. Message From The Blue Fairy (un Message De La Fée
20. To The Rescue (À L'aide)
21. Deep Ripples (les Cascades Profondes)
22. Desolation Theme (le Thème Du Désespoir)
23. Monstro Awakens (monstro Se Réveille)
24. Whale Chase (la Chasse à La Baleine)
25. A Real Boy (un Vrai Garçon)



             



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