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DISNEY - Mélodie Du Sud (1946)
Par MARCO STIVELL le 5 Août 2017          Consultée 125 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Si on fait la collection des longs-métrages d'animation DISNEY, notamment en DVD puisque ceux-ci sont marqués d'un numéro de classification, on s'aperçoit forcément qu'il en manque un, le n°9, sans pouvoir y remédier. L'année 1946 est en effet celle de deux créations problématiques d'un point de vue distribution. Cependant, Make Mine Music/La Boîte à Musique est disponible en import, à moins d'habiter aux USA. Song of the South/Mélodie du Sud n'est édité sur aucun support.

Après le documentaire Victoire dans les Airs (1943) et le travail préparatoire sur Les Trois Caballeros (1944), il s'agit du premier véritable film scénaristique des studios mélangeant prises de vue réelles (réalisation de Harvey Foster) et animations (réalisation de Wilfred Jackson) dans un ensemble abouti et peu coûteux. Walt tient particulièrement à cette adaptation des Contes de l'Oncle Rémus (Uncle Remus: His Songs and His Sayings, 1880), un livre de chevet de son enfance. L'auteur – Blanc -, Joel Chandler Harris, avait été apprenti dans une plantation dès son jeune âge et passé beaucoup de temps avec les communautés de travailleurs Afro-Américains.

Cet univers, intimement lié au Deep South/Vieux Sud des Etats-Unis (la grande région qui s'étend de la Caroline à la Louisiane grosso-modo), nourrit l'histoire de Johnny, joué par Bobby Driscoll, un fils de propriétaires Blancs gardé par sa grand-mère et sa mère, séparée de son père au début du film. Miné par cette absence, le petit garçon se rebelle contre l'autorité adulte en voulant fuir ou en faisant les 400 coups avec Ginny (Luana Patten), une voisine pauvre et Toby (Glenn Leedy), un jeune Noir. Il se rassure particulièrement auprès d'Oncle Rémus (James Baskett), un vieux serviteur Noir conciliant. Comme substitut à son père, l'adulte lui narre des contes de son enfance (les scènes d'animation) qui aident le garçon à s'évader et à se construire, mieux que la réalité.

Une chanson parmi les rares du film, plus importante que le générique-type de DISNEY "Song of the South"/"Chanson du Sud", est utilisée comme lien sonore pour illustrer les moments du passage de la réalité à l'animation. Avec sa voix de stentor, James Baskett/Oncle Rémus entonne le bucolique "Zip-a-Dee-Doo-Dah", repris de différentes manières ensuite, au violon triste lorsque la mère finit par lui interdire de raconter des histoires au petit, jugeant que ça le distrait, ou alors par les enfants, joyeusement aussi et sur le final. Ce sont des moments sympathiques, avec les scènes d'animation montrant les péripéties de Frère Lapin (gentil), Frère Renard et Frère Ours (méchants).

La chanson de Br'er Rabbit/Frère Lapin, "Ev'rybody's Got a Laughing Place"/"Le Coin de Bonheur" rappelle celle des Trois Petits Cochons, en mieux. Il y a aussi le thème de Aunt Tempy/Soeur Sophie (superbe Hattie McDaniel), servante qui fredonne "Sooner or Later" à l'adresse d'Oncle Rémus, pour un instant d'intimité et d'élégance. Le reste de la partition, géré par Paul Smith et Ed Plumb, bien que secondaire, fait jouer des instruments personnifiés plutôt adaptés (cuivres assourdissants pour le taureau de la ferme, harpe pour un lancer de canne à pêche). On entend aussi, lors de quelques rassemblements de travailleurs Afro-Américains, des morceaux negro-spirituals et gospels toujours splendides, à prendre en tant que tels. D'ailleurs, si la musique n'aide pas à rendre le film mémorable, elle l'accompagne avec une certaine justesse, même si on aurait aimé entendre plus de blues solitaire.

Evidemment, le contexte choisi (les années 1870, vers la fin de l'esclavagisme) pose problème à beaucoup de personnes sensibles à ce sujet, et notamment ceux qui sont hostiles à DISNEY en général. L'absence de publication (exceptées de rares VHS) s'explique par les attaques multiples envers un scénario et un traitement cinématographique qui se veulent fidèles dans le fond aux rapports sociaux établis en cette période, même si c'est traité avec innocence et rééquilibrage de forces. En l'occurrence, le personnage de l'Oncle Rémus est non seulement le plus gentil mais aussi le plus intelligent. James Baskett, souffrant de diabète et de problèmes cardiaques (il meurt deux ans plus tard, en 1948), obtient un Oscar, le premier pour un acteur Afro-Américain.

Song of the South/Mélodie du Sud est un film agréable, sa qualité est celle d'un téléfilm relativement réussi, malgré un nombre d'entrées médiocre à la clé. La trame abordée avec le court-métrage The Martins and the Coys (sur La Boîte à Musique) permet à DISNEY de surfer sur une vague d'inspiration américaine rurale, musique comprise, même si la plantation, loin d'Atlanta, est une reconstitution faite en Arizona pour les besoins du tournage. On y voit beaucoup d'éléments (enfants mal à l'aise avec l'autorité parentale, personnage extérieur aidant, mélodies chatoyantes, séquences d'animation avec des animaux où l'humain réel s'invite et vice-versa) qui, 18 ans avant, préfigurent le chef-d'oeuvre Mary Poppins (1964).

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   MARCO STIVELL

 
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- Charles Wolcott (direction musicale)
- Ed Plumb, Paul J. Smith (compositions)
- Ken Darby (direction chorale)
- Ray Gilbert, Sam Coslow, Allie Wrubel (textes)
- Arthur Johnston, Eliot Daniel, Johnny La (textes)
- Hy Heath, Robert Macgimsey, Foster Carli (textes)
- James Baskett, Hattie Mcdaniel (chant)
- Luana Patten, Bobby Driscoll (chant)


1. Song Of The South/chanson Du Sud
2. Zip-a-dee-doo-dah
3. Ev'rybody's Got A Laughing Place
4. How Do You Do?/comment ça Va ?
5. Uncle Remus Said
6. Sooner Or Later
7. Who Wants To Live Like That?
8. Let The Rain Pour Down
9. All I Want



             



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