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- Membre : Bande Originale De Film

DISNEY - Rox Et Rouky (1981)
Par MARCO STIVELL le 12 Janvier 2018          Consultée 265 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

À partir des années 80, les studios DISNEY vivotent. Leurs productions espacées, durant la première moitié de la décennie surtout, ne sont pas les plus mémorables, loin de là. Card Walker et le reste de l'équipe s'occupent mieux de l'ouverture de parcs d'attraction, notamment celui de Tokyo.

Néanmoins, Rox et Rouky, adapté de la nouvelle The Fox and the Hound de l'Américain Daniel P. Mannix (1967), ancien comédien de cirque dont c'est le seul livre de jeunesse, est un beau DISNEY classique. L'amitié entre un renardeau recueilli par une fermière et un chiot adopté par un chasseur est troublée à l'arrivée de l'âge adulte (en quelques mois donc), mais elle ne disparaît jamais.

Le scénario permet donc de retrouver une histoire simple, autant que le cadre choisi : deux fermes adjacentes de la campagne américaine avec une forêt autour, de quoi entraîner quelques clins d'oeil à Bambi, sorti 40 années plus tôt – pendant la scène de chasse au début, et celle où Tod/Rox adulte se retrouve seul sous l'orage, notamment -. Pas de princesse DISNEY même si la vieille Widow Tweed/Veuve Tartine en hérite des caractéristiques, de même pour Vixey la renarde ; pas de vrai méchant non plus, il y a donc quelques marques d'originalité bienvenues.

Le réalisateur de longue date, Wolfgang Reitherman, n'est présent qu'en tant que producteur délégué et laisse la main à Ted Berman, Richard Rich et Art Stevens. Tout comme pour Winnie l'Ourson, Buddy Baker se charge des orchestrations, et il faut noter que Rox et Rouky est le dernier film d'animation auquel participent Walter Sheets, le chef-d'orchestre présent depuis 20 ans ainsi qu'Evelyn Kennedy, monteuse chargée de la synchronisation musicale, qui a effectué un travail régulier et exemplaire à compter de La Belle et le Clochard en 1955.

Là où le film se démarque moins, c'est du point de vue de la création sonore, justement. L'un des moments les plus intéressants est... silencieux. Il s'agit précisément du début du film, une introduction longue et superbe qui nous plonge dans la forêt et où l'on n'entend que de rares bruits d'animaux. La qualité du dessin du film est peut-être moins bonne que d'habitude, mais cela ne se ressent pas autant que dans le suivant.

Baker, Sheets et l'orchestre des studios nous proposent d'emblée de belles idées comme la scène de chasse au début, une partition virevoltante et dramatique avec laquelle contraste le piano tendre du moment où Tod/Rox est recueilli par la chouette Big Mama. Les violons font défiler les saisons au coeur du film avec grâce et légèreté, par opposition avec les sonorités tribales lorsque Copper/Rouky chasse Rox à la fin.

Contexte américain et campagnard oblige, on retrouve de plus belle le côté country de DISNEY, avec guitare acoustique folk et un harmonica plus présent que jamais ; un plaisir réel. Amos le chasseur, sa maladresse et son caractère grotesque sont aussi prétexte à développer les rythmes bluegrass enjoués pour souligner le comique de certaines scènes.

Alors, avec tout cet ensemble positif, quel est le souci ? Eh bien c'est justement l'effet inverse de Winnie l'Ourson : ce qui profite ici à l'illustration sonore dessert les chansons. Il y en a peu, elles sont trop courtes pour marquer durablement, certaines sont même de fausses chansons. Bien sûr, on verse une larme lorsque Veuve Tartine se sépare de Rox pour son bien-être à lui, une partition où la voix de la vieille dame (Jeanette Nolan, la Lady Macbeth d'Orson Welles et voix de la souris du bayou Ellie Mae dans Bernard et Bianca) récite avec langueur et de façon très touchante.

Mis à part un court instant frais et country pour Amos rentrant de chasse avec ses chiens, le reste des titres est pour Big Mama, la chouette (Pearl Bailey). "Best of Friends"/"Deux Bons Copains", "Lack of Education"/"Faute d'Education" et "Appreciate the Lady"/"Le Secret de la Séduction" semblent des ébauches d'une ou deux strophes à peine et ne se démarquent pas suffisamment de l'action pour rentrer en tête, malgré le folk toujours sympa. Ils s'y sont pourtant mis à cinq pour les écrire, y compris Richard Rich, un des réalisateurs dont on reparlera pour le film suivant.

Relevons aussi que DISNEY se sert peu ou pas du swing, influence majeure depuis toujours. Les instrumentaux sont splendides, on apprécie l'esprit "tout américain" musical comme visuel dans la lignée de Bernard et Bianca, mais les chansons n'aident pas le niveau de la bande originale à se hisser haut.

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   MARCO STIVELL

 
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- Buddy Baker (direction musicale)
- Walter Sheets (orchestrations)
- Richard O. Johnston, Stan Field, Jim Sta (écriture)
- Richard Rich, Jeffrey Patch (écriture des chansons)
- Pearl Bailey, Jack Albertson, Jeanette N (voix, chant)


1. Best Of Friends/deux Bons Copains
2. Lack Of Education/faute D'éducation
3. A Huntin' Man/chasseur Avant Tout
4. Goodbye May Seem Forever/pourquoi Faut-il Se Quitt
5. Appreciate The Lady/le Secret De La Séduction



             



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