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DISNEY - Le Livre De La Jungle (1967)
Par MARCO STIVELL le 30 Novembre 2017          Consultée 151 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Le dernier film complété du vivant de Walt Disney demeure Mary Poppins (1964). Lorsque les studios continuent dans la littérature anglaise en repartant sur un nouveau classique, The Jungle Book/Le Livre de la Jungle, écrit par Rudyard Kipling et publié en 1894, le patron, fort du succès de sa dernière production, est à nouveau investi dans une confection animée en long métrage, mais il décède prématurément de problèmes respiratoires liés à la cigarette, juste avant que la réalisation soit achevée. L'histoire veut qu'il n'en était plus aussi satisfait qu'au départ. La direction des studios revient naturellement à son grand frère Roy Disney, bras droit et banquier depuis toujours, soutien presque sans faille (juste de grosses disputes sur le plan financier) en plus de 40 ans.

On reconnaît dans le dessin l'empreinte de Ken Anderson, l'un des chefs animateurs, et de son équipe, bien en place depuis plus de dix ans. La suite d'histoires de Kipling n'avait pas de fil conducteur, sinon la jungle et quelques personnages, et s'il y avait déjà eu un film réel en 1942 (par Zoltan Korda), DISNEY lui donne une progression savante, en décidant que Bagheera la panthère noire, aidée plus tard par l'ours Baloo ramène Mowgli le "petit d'homme" parmi les siens, après avoir passé sa vie loin d'eux. C'est ensuite que le séquençage intervient, grâce aux éléphants du colonel Hathi, au roi Louie (l'orang-outan), au serpent Kaa et la menace constituée par Shere Khan, le tigre.

À la musique, le changement a été de courte durée puisque George Bruns, le compositeur, reprend sa place, aidé par Walter Sheets aux orchestrations, et qu'on aura aussi largement l'occasion de recroiser. Leur grand-œuvre pour ce Livre de la Jungle, c'est un leitmotiv inspiré des musiques orientales et proposé d'abord pour le générique d'ouverture. Un thème lancinant et élégant, riche en percussions et en instruments à vent, hautbois et flûtes (soprano, basse ou alto en sol), tout en beauté et qui convient très bien au caractère monotone de la jungle, malgré ses beautés naturelles.

C'est d'ailleurs là que ma propre opinion change de celle que l'on peut entendre beaucoup, la fascination habituelle des Occidentaux (les BEATLES à l'époque, entre autres) pour l'Inde, l'Orient, la jungle, la simplicité, la spiritualité, les origines de l'Homme. C'est un univers qui me plaît moins, et même l'idée que ce film est un chef-d'oeuvre, j'ai du mal à m'y faire, et mon personnage favori demeure Bagheera, le plus sérieux et trouble-fête, mais qui au moins reste fidèle à sa mission.

Si les Américains employés pour les voix, Phil Harris pour Baloo, le chanteur Louis Prima (qui n'est pas "Just a Gigolo" !) pour le Roi Louie et le très gentleman George Sanders pour Shere Khan sont exemplaires, le doublage de Bagheera est meilleur en français, par René Arrieu. Et l'excellent Henry Djanik qui fait une apparition fugace pour le chef des loups. De même, le malic(ccc)ieux Kaa devient délic(ccc)ieux grâce au grand Roger Carel, encore plus(sss) que Sterling Holloway. Une bande son de film n'est pas que de la musique, et ces personnes savent nous le rappeler.

Comme Bill Peet, scénariste jusqu'à Merlin l'Enchanteur inclus, a vu son travail presque totalement remanié par Larry Clemmons, celui du compositeur engagé à l'origine, Terry Gilkyson, n'est que très partiellement représenté. Seule "The Bare Necessities"/"Il En Faut Peu Pour Être Heureux", la chanson de Baloo, est conservée dans un ensemble que Walt jugeait trop sombre. Les influences folk-country de Gilkyson ressortent clairement, dans un rythme chaleureux, à base de banjo et enlevé, plus proche du rock'n'roll que du jazz même si l'orchestre DISNEY a une couleur cajun et Nouvelle-Orléans, avec sa grosse trompette toujours très connotée Satchmo/Louis ARMSTRONG.

C'est un classique, un tube énorme, même si une nouvelle fois, ce domaine de chanson légère au propos épicurien et simpliste (tout comme "Hakuna Matata" beaucoup plus tard), remporte moins mes faveurs que d'autres. Sur ce score que les frères Sherman viennent plus que compléter, la chanson du Roi Louie, "I Wanna Be Like You"/"Je Voudrais Être un Homme" est d'une fraîcheur comparable, en groove swing, en scat, et les animaux (Baloo) comme Mowgli se prêtent au jeu naturellement. L'animation est conduite par la musique de nouveau et l'enthousiaste Louis Prima a rameuté son propre orchestre à ses frais.

Les scènes avec Hathi et ses éléphants ne sont pas les plus intéressantes, mais leur parade s'ancre bien en tête, de quoi faire un autre tube, et qui aura le loisir de nourrir celle du génie d'Aladdin, beaucoup plus tard. Les éléments orientaux reviennent de plus belle avec "Trust in Me"/"Aie Confiance", la berceuse sens(sss)uelle de Kaa l'hypnotiseur, qui révèle toute la finesse de l'écriture des frères Sherman, sachant qu'à la base, c'est une mélodie délaissée au moment de Mary Poppins.

Sans oublier bien sûr la seule touche féminine du film, le délicat "My Own Home"/"Ma Maison Sous le Chaume", un très beau final poignant avant une dernière reprise festive de "Bare Necessities". À noter que la voix française de la petite Shanti n'est autre que celle de Lucie Dolène, également deuxième doublage (et le plus marquant !) d'une princesse Disney mieux connue qui, trente ans plus tôt, avait croqué dans une pomme empoisonnée. Il n'y a pas de secret en beauté.

Le Livre de la Jungle révèle encore quelques subtilités, pour peu que l'on y soit attentif. Le thème de cordes magnifique lorsque Mowgli se réveille, après la scène du Roi Louis, est repris de La Belle au Bois Dormant. Lorsque Baloo est étendu comme mort et que Bagheera lui rend hommage, le thème d'orgue est le même que celui de Blanche-Neige dans son cercueil de verre. Pour la ballade d'abord a-cappella des vautours à la fin, "That's What Friends Are For" ("C'est ça l'amitié"), il est connu que les BEATLES en personne, puisqu'on parlait d'eux, auraient dû la chanter, mais John Lennon refusait de travailler pour les films d'animation à l'époque.

Voilà pour cette partition très bien faite, équilibrée et qui respecte également les silences de la jungle, comme l'animation, dynamique, montre qu'elle sait aussi respirer comme il faut.

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   MARCO STIVELL

 
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- George Bruns (compositions orchestrales)
- Walter Sheets (orchestrations)
- Terry Gilkyson (écriture de chanson)
- Robert Sherman, Richard Sherman (écriture des chansons)
- Phil Harris, Sebastian Cabot (voix, chant)
- Louis Prima, George Sanders (voix, chant)
- Sterling Holloway, J. Pat O'malley (voix, chant)
- Darlene Carr (chant)
- Bruce Reitherman (voix, chant)
- Orchestre Des Studios Disney


1. Générique
2. Colonel Hathi's March/la Patrouille Des Eléphants
3. The Bare Necessities/il En Faut Peu Pour être Heur
4. I Wanna Be Like You/Être Un Homme Comme Vous
5. The Bare Necessities (reprise)
6. Colonel Hathi's March (reprise)
7. Trust In Me (aie Confiance)
8. That's What Friends Are For/c'est ça, L'amitié
9. My Own Home/ma Maison Sous Le Chaume
10. The Bare Necessities (reprise Finale)



             



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